Depuis Batsa dans le Mbadani, passant par Mwadja dans le Hamahame, Inya
fwambaya a pu gagner ses régions.
A la quête d’un enfant, depuis Batsa, Wabedja, se dirigea vers Hamahamet. Dans le village de Mwadja, il y trouva un jeune berger portant le nom de Bedja Mbe. Ils se marièrent. Dans ce mariage conclu
entre Wabedja, originaire de Batsa dans le Mbadani et Bedja Mbé dit Bedja wa Kandzu, originaire de Mwadja dans la région de Hamahamet, six enfants naquirent dont trois filles et trois garçons.
Les garçons s’agirent de Ntibet wa Kandzu, de Fe-mte wa Kandzu et de Koridazi wa Kandzu. Les filles s’agirent de Mwa-sanga wa Kandzu, de Mwa-zema wa Kandzu et de Mwa-nkodo wa Kandzu.
Mbeni devient capitale de Hamahame
Des années passent, Mwa-zema mit un enfant au monde portant le nom de Mwinyi-se et cette dernière s’installa à Buuni dans le Hamahamet. Et à
la plage de Buuni, Mwinyi-se enfanta Inye-hele. Puis ce dernier créa la ville de Mbeni. Quant à l’autre fille, Mwa-sanga, enfanta un garçon portant le nom de Mgongwa. Ce dernier est le maître du
Nord de la ville de Ntsudjini.
La troisième femme, Mwankodo, se conduit dans le pays de Washili, y mena une guerre contre le dirigeant de cette région de l’époque issu de
la famille Inya mwa ibao. Vainqueur, elle s’y installa et voila. C’est ainsi que la lignée inya Fe-ubeyya ( Inya fwambaya) put gagner ses régions.
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IKONI ET BRASSAGE ETHNIQUE, ET CAPITALE DE INYA
MATSA PIRUSA
Une cité des héros et des héroïnes. Pleine de vivacité, pleine de bravoure et pleine d’hospitalité. Ikoni des griots, des poètes et des
poétesses… Des pêcheurs qui vont à l’océan au moment où les autres s’y retirent à cause de la brise. Leur nom est « ma nohoa ». Tel est le nom idéal des pêcheurs d'Ikoni. Cette
cité a donc fait une traversée mémorable et elle est parmi les actrices de l’histoire de l’archipel des Comores. Le témoin principal de ce fait est le mont-Djabal. Si vieux et si robuste, ce mont
a vu le jour en même temps que la cité. Cette falaise n’est qu’historique. Elle est sous laquelle, au nord, les mapvasi de pangantsini et de Ntsimwinyini. Il y a ensuite le lac miraculeux de
Dziwani-kunkubani. C’est bien là où Ikoni a vu le jour. Plusieurs quartiers ont été nés à cette ère là, en l’occurrence, Pangantsini, Maluzini, Hamboda, Zikokoni, Mitsambuni, Zikubini…Limite de
la cité, au Nord, Moroni, au Sud, Mbashile et à l'Est, Mde et Vuvuni enfin à l'Ouest, c'est déjà évoqué, la mer. Ikoni est composée de douze Inya dont deux ont disparu. L’histoire de cette cité
est à la fois mythe et légende. Mis à part les deux Inya étant les premiers à découvrir la cité, plusieurs peuplements y furent arrivés.
Des siècles simultanés, Ikoni berce douze Inya :
« Inya Djiva, Inya Mwa-hiko, Inya Fé-dezi, Inya Shimani, Inya Nkadza, Inya Rume, Inya Soha, Inya
Djobwe-djanga, Inya Nkondrole, Inya Mmwaha, Inya banda, Inya mpanga.
Mais ce qu'on doit savoir, deux Inya dont le mot disparition est évoqué au départ sont Inya soha et Inya Mpanga. Sinon il y a certains descendants de l’Inya Panga à la cité d’Unkazi, connus sous le nom de wa kandzilé.
Pourquoi, la cité d'Ikoni est jalonnée au Nord du territoire. N’est-ce pas les devins de l'époque qui conseillèrent les quelques têtes
d'Inya djiva. Inya sans repère dans l’histoire, de s’approcher aux djinns de dziwani-kunkubani ? N’est-ce pas dans le but de
s’avoisiner des habitants de l’autre cité au nord, c'est-à-dire Mdroni dont parmi les premiers occupants sont originaires de Mazoini ?
Certains composants des moments occultes d'Ikoni viennent d’ailleurs. Une histoire tournante et multiple. Rien n'est plus sûr
que la variété de ses habitants, alors différentes origines. Plusieurs vents de peuplade, soufflaient depuis que cette cité est cité. Après Inya-djiva, premiers défricheurs de la ville et dont rien ne justifie l’origine, ils furent les bienvenus, les propriétaires de hutuba de vendredi aux heures
contemporaines Inya-mwahiko. Cet instrument appartenait au départ à la famille Inya nkandza.
L’attribution de hutuba à Inya mwahiko, montre déjà l’hospitalité et l'esprit de partage des habitants d’Ikoni, cité hospitalière. On ne peut pas tous dire mais l’essentiel doit être
relaté. Deux familles venaient de nul part s'installèrent à Maluzini, au Nord du cratère Djabal. Elles y fondèrent un village. Des années passent, leurs enfants se querellèrent. Et ces deux
familles se séparèrent. L'une se dirigea vers Hamboda. Tandis que l'autre n'abandonne pas Maluzini. Des années de suite, cet éloignement démangeait les chefs des familles. Cela a fait qu'ils ont
entrepris une réconciliation et reprirent la cohabitation normale et harmonieuse. Par la suite, ils ont quitté cet endroit et se dirigeaient vers Zikokoni pas loin de Maluzini…
Origine de Inya matsa pirusa
Au palais de Kapviri-Djewe, des règnes y furent instaurés. Et Ikoni baigne dans les eaux des siècles passés. Cette cité
témoigne depuis Ngoma Mrahafu, souche de Inya Matswa pirusa, jusqu’au dernier sultan de Ngazidja. Qui est donc Ngoma Mrahafu
? C'est le premier bedja de Bambao. Depuis la création de cette région, Bambao fut composée en deux parties essentielles. Celle du Sud : depuis Nyumadzaha, en passant par Shomoni, Ndrenini
jusqu’à Ikoni qui fut dirigée par Ngoma Mrahafu. Et le Nord depuis Mde, passant par Sahani-shezani, jusqu'à Hindruni ou Hindrwa-mdrini, l’actuel Tsidje, sous l'autorité de Fe-pirusa. Le vieux
Bedja dont Ngoma Mrahafu n'avait pas d'enfant. Et les comoriens disent : « hulewa mdru mwana ». Alors avec le désir d'un enfant, il se dirigea vers la colline de
Mwandzaza, partie de son territoire. Sur cette colline, pas loin de la plage de Mbashile, une femme d'origine shiraze, naufragée au bord, y trouva demeure. Au passage à cet endroit, le bedja
la vit et lui demanda mariage. Sans retard le mariage fut conclu entre Ngoma Mrahafu et la femme. Mais car cette femme vient de la haute mer, certains disent que c'est une femme dijin. Dans ce mariage, naquit deux enfants dont une fille et un garçon. Suite à une dispute, la femme se jeta dans la mer avec son fils et laissa la fille à
son mari.
Très attaché à sa fille, Ngoma Mrahafu surveillait toujours la croissance de sa fille, jusqu’à l'âge réglementaire, son père lui confia le
règne de son pays car cela faisait partie de ses soucis. Il la mariât ensuite au bedja de Bambao Nord, Fe-pirusa. Dans ce mariage, naquit aussi un
enfant qui porte le nom de Mwasi pirusa. Lorsque ce nouveau né est accueilli par la maturité, ses parents lui attribuèrent le pouvoir des deux Bambao
et il les a rassemblés en « matsa ya pirusa », solidarité de Pirusa. C'est là, l'origine d'Inya Matsa pirusa. Dès l’unification de ces deux régions en un seul pays, dont Bambao unit, Ikoni devient la capitale
d’Inya Matsa ya pirusa… Et dans ce mariage, naquit deux filles, dont Hulia wa Pirusa et Madjasi wa Pirusa… Ces deux femmes, ce sont les ancêtres de
l’Inya matsa pirusa.
SAID YASSINE Said Ahmed
Ecrivain, poète
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