AUX COMORES, POUR EXERCER UNE FONCTION, IL FAUT DESORMAIS DES BICEPS

Il ne suffit plus d’avoir un poste pour exercer une fonction à Moroni.  Des biceps sont parfois nécessaires aussi au sein de l’administration comorienne. Telle est l’indicible réalité à laquelle se heurte le  tout nouveau Directeur Général Adjoint de l’AGID, (Administration Général Adjoint des Impôts et du Domaine), Dr Abdou El-wahab Msa Bacar. Fraîchement nommé mais toujours pas encore pris ses fonctions. Non pas parce qu’il ne veut pas ou n’est pas encore disponible. Non, simplement, il faut bomber les pectoraux, montrer ses biceps et avoir la permission de ceux qui s’imaginent être dans une chasse gardée. « inu ndea hatru ». Même si  on est coutumier du fait que l’abus du pouvoir de l’enfant du village ou de la région par ses proches ou co-villageois, est monnaie courante aux Comores, depuis belles lurettes.

Mais là le bouchon est poussé trop loin. Quelques cadres des impôts empêchent Abdou elwahab de travailler dans le service. Selon eux, Msa n’a pas sa place. Ces individus s’érigent en directeurs de ressources humaines. Ils prétextent que Dr Abdoul Elwahab n’a pas les compétences requises  pour exercer la fonction. Ensuite, ils se muent en juges d’un tribunal administratif, et mettent en cause l’arrêté du ministre des finances portant sa nomination. Un peu de sérieux et de respect dans l’administration comorienne. Sinon comment ne pas tout se permettre, sachant que les rebelles ne risquent rien,  faute de rigueur de la part des autorités ? C’est cela qui a permis à Mr Ousseine Assoumani de Mbéni, de refuser d'attribuer un bureau au tout nouveau DGA. Il y a aussi certains cadres des impôts de la région de Mbadjini, qui osent dire que non, cette maison, est à eux. Et par conséquent, Msa est un intrus, donc inapte au poste. Mauvaise foi aidant, Ils travestissent la réalité et l’auraient rayé de la fonction publique, alors qu’il y a fait son entrée en 2008.

Mais dire qu’il n’a pas la capacité, il n’est pas inspecteur, donc il ne peut pas exercer cette fonction, c’est osé. Avec DESS d'administration fiscale à Paris Dauphine et un doctorat en droit fiscal à l'université Paris 1 , on ne sait pas ce qu’il faut de plus pour les impôts des Comores ? Sans doute Msa est le seul docteur en fiscalité qui est rentré au pays et donc il n’a pas le droit de prêcher dans son église.

Mardi dernier, un certain Alyane, lui-même du service des impôts a menacé Abdou El-wahab de lui flanquer un coup de poing. La régionalisation des impôts est une manie. Et dans cette affaire que fait et dit le pouvoir et le ministre des finances qui a nommé Msa, face à ce mépris de son arrêté ?

« Rentrez ou la ferme » ! disait l’ami Mladjao. Déjà que ceux qui sont sur place sont contestés, alors nous, les victimes de « la vie cet exil… » Sommes avertis : le « Ghizza » obscurcit vraiment les cœurs au point d’oublier qu’ils servent d’abord un pays avant de se servir. De quoi faire des « cauchemars au paradis ? ».

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

 

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