LES CANDIDATS DU CHAOS

Plus de trente mois d’arriérés de salaire, sont marqués sur le tableau de la dette intérieure du pays. A chaque nouveau régime, on passe l’éponge, puis on passe outre. Là, on zappe alors pour ne pas être qualifié d’ingrat. Peut-on parler de mauvaise foi et de mépris de nos dirigeants à l’égard du peuple qui a fait d’eux ce qu’ils sont aujourd’hui ? Comme à l’accoutumée, les politiques, plus particulièrement, le Vice-président, ministre des finances, quadruple champion du monde en mauvaise gestion, dansent sur le tombeau du petit peuple, qu’ils ont enseveli depuis des décennies. Mais quel pêché que nos ascendants ont commis pour que nous méritions ces hommes sans foi ni loi ?

Rappelons-nous la célébration de l’Aïd el’IPPTE, de quoi le Vice-président en charge des finances, se réjouissait-il? C’était après avoir remisé les Comores à la « casse » des pays les plus pauvres du monde. Alors, ces derniers jours, 20 milliards de fc, sont tombés comme un fruit mûr, dans les caisses de l’Etat: don de l’Arabie Saoudite. Le VP, chargé des finances et des impayés, n’a pas raté l’occasion. Quelques uns des derniers souffles de précampagne électorale ; la paie des arriérés de salaire aux fonctionnaires. Applaudissements comme s’il s’agissait d’un exploit ou d’une réalisation de grande envergure. « Ye mze ngena nvuu ». Mais à coup de lance-pierre, deux mois d’arriérés de salaire, parait-il sur quatre, peuvent suffire, pour se fabriquer, selon ses calculs, une majorité moutonnière.

Et le ministre de l’intérieur notre marathonien de Boston, notre Rose Louise, champion en raccourcis et zigzag, vers le pouvoir, va-t-il cesser de prendre les comoriens pour des profanes ? Inventer des mérites d’une diplomatie fictive, n’est pas amusant du tout. Comme l’argentier au budget de guerre perpétuel, le ministre de l’intérieur se réjouit de la mendicité permanente sur laquelle, les Comores se reposent.  En faisant croire que le don de 20 milliards de fc, c’est le fruit d’une diplomatie veillant et d’une meilleure coopération avec l’Arabie Saoudite. Mais quel effort entrepris par nos autorités pour qu’un jour, on donne au lieu de recevoir, pendant quarante ans d’indépendance ?

Vue superficielle et globale

Plus de 60% de familles comoriennes n’arrivent même pas à faire ne serait ce qu’un seul repas par jour. Sur le sol du défunt hôpital El-maaruf, plus de 70% de malades rendent leur âme. Plus de 80% des enfants issus de familles modestes, n’ont pas droit à la scolarité, pour cause de la mort de l’enseignement public. Les insuffisances rénales se multiplient à cause du manque d’eau courante. Tout le monde devient claustrophobe à cause de l’inexistence permanente de l’électricité, donc séjour dans le basané.  Désespoir, angoisse des jeunes, prostitution juvénile, pédophilie ambulante, AVC incessant, que sais-je encore. Tout cela à mettre sur le compte  des dirigeants comoriens de ces deux dernières décennies. Le pouvoir Iki-léro, Msa-madou a remporté le palmarès en matière de chaos. Et la population martyrisée, qui reconduit les mêmes têtes, qui lui privent la joie de vivre.

Bref ! Le ministre des finances, lui-même candidat aux présidentielles et celui de l’intérieur, son vice-président attendaient jusqu’à quelques jours de l’ouverture de la campagne électorale pour une paie aux compte-gouttes. Où est la recette de l’Etat, depuis l’intronisation d’Ikiliou Dhoinine, si l’argent de la citoyenneté de la honte et cette aide furtive servent à payer les arriérés de salaire au pitoyable peuple ? Les impôts, les différentes taxes perçues par l’Etat, le droit de la mort à Elmaarouf, celui d’entrée à l’aéroport, les enregistrements du service de domaine, Comores télécom, Mamwe… etc… en sommes ; la sueur du peuple qui s’infiltre dans les poches de ces insoucieux. Oui, ils osent envahir les quatre coins de l’archipel pour se venter du mérite. Oui, ils ont raison, car le travail de mémoire est un fardeau chez les comoriens, un peuple amnésique. Comment ces gens encrassés du coup aux chevilles osent-ils se présenter et prendre parole en public ? Passons.   

« Pétrole contre peuple »

Le seul souci de ces dirigeants, notamment du pouvoir, c’est de parvenir à Befuni afin de pouvoir disposer de la main mise sur le benzène. Ceux qui n’ont pas le temps d’aller se convertir au vodou à Pemba, sacrifient les humains et les tuent à petit feu. « Muyo utsona twamaya o’utsen’tsemha ». Certes, septuagénaire, est le candidat du pouvoir aujourd’hui. Il n’est pas concerné par la dette du pays dans les années à venir. Mais cela n’empêche pas ce contrefacteur, comme ces aides de camps d’agir. Une anecdote : « Dans la grande agglomération d’Ikoni », seule une minuscule péninsule d’ayant droit a droit  à l’électricité. Et pour cause, c’est le quartier où crèche le VP, candidat. Le reste de la ville vit le quotidien du camp Boiro.

Revenons à ces salaires : des fonctionnaires endettés par les épiciers et commerçants locaux, vivront avec cette minable somme, jusqu’à quand ? Sachons très bien que, grâce aux différents crédits que les commerçants du quartier leur accordent, que ces fonctionnaires peuvent survivre avec leurs familles. Et d’un coté, cela ne favorise pas ces épiciers. Et là « ye mzee ngena nvuu ». Et ceux qui s’inclinent aux vœux de l’argentier, sont arrosés. ARM illustre.

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

 

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