Comores : que les autorités cessent de prendre le peuple pour un idiot

Enfin, une lueur s'échappe du gouffre où on nous a ensevelis. Le pouvoir de la  corruption va trainer dans la farine. Si on ne se ment pas, la dignité de notre pas va renaitre avec liberté et progression. Rêve ou illusions ?  Je ne sais pas. Mais je suis fier de voir que des responsables comoriens  se dévouent à défendre l'intérêt général, en mettant de côté leurs intérêts personnels. Pourquoi aller chercher la petite bête là où elle ne se trouve pas ? Seuls les cons qui ne changent point. Aujourd'hui, Ils ont tous crié haut et fort "contre la fraude". Certains se méfient des pièges des uns des autres car  "ngarirambulanao" mais jusqu'à quand le séjour aux aguets,  en  se  méfiant mutuellement. Nous nous sommes tous mis des bateaux dans les roues les uns et les autres mais, il y a des moments que le combat devient  le centre d’intérêts  de  tous. Oui, on a  beaucoup  souffert et jusqu'à ce jour on endure. Tout cela a créé en nous un mal dont personne n'arrive à diagnostiquer. Notre devenir est mis en cause car on n’y croit en rien.

Personne n'est obligé de suivre la masse, comme si c’est une tendance. On aime ou on n’aime pas sa patrie. Ca c’est abstrait. C’est comme avoir la foi. Notre pays a toujours été victime de la bêtise de ses enfants. Ces derniers assoiffés de pouvoir, l’ont travesti, prostitué pour de l’agent et la notoriété, parfois non méritée. Ils sont allés jusqu’à le vendre au diable, qui apparemment n'en sait que faire.

Ils ont vendu aux enchères, nos côtes, nos terres, la mer et l’espace. Comme si rien n'était ; Et ils se passent pour des victimes. Peu importe la faute, même pris la main dans le sac, ils osent nier. Ils prennent le peuple comorien pour des idiots. C'est inadmissible de se savoir ôter de sa liberté de choisir ses élus sans taches.  Bien sûr qu'on s'est longtemps tu de peur de dénoncer un frère, un cousin ou un proche. Ils diront que c'est ton frère du village, et que tu es jaloux, c’est bien l’argument du plus faible. Jusqu'à quand va-t-on avaler la pilule ? Celle qui nous rend bête et soumis-en vers nos bourreaux.

Non je ne peux pas ne pas donner ma part de gâteau à ce cri de détresse lancé par mon peuple. Le pays a besoin de ses enfants, ceux qui le tiennent à cœur. Moi j'en suis un. La politique n'est ni ma passion, ni mon point fort. Je n'ai que l'amour à ce pays qui m'a vu naître. J'aime ce bout de terre jusqu'à lui offrir mon cœur, mon sang.

Pays est  victime  d'une  éducation ratée, mal acquise ou mort-née ?

Qui n'aime pas son pays ? Personne ne lèvera sa main, car nous croyons tous l’aimer cette mère patrie. Même ceux qui ne l’apportent que des soucis, se disent l’aimer autant. En générale ce ne sont pas ceux qui ont faim qui, par besoin de survie déconnent, c'est plutôt ceux qui veulent encore et encore pour assouvir leur boulimie, leur faim de loup. La gourmandise rend dingue. Elle t'emmène à une confusion entre ce qui t'appartient et de ce qui est à l'autrui.

Affamés sans retenue, les prédateurs s'acharnent tels des rapaces sur ce peuple épuisé, abusé, fatigué au tourment du destin. Sous la hantise du diable qui ne lui octroie guère, un instant de repli. L'agneau omis de sa quatrième patte ne peut marcher qu'à la traine. Il boite. Par perfusions, les sangsues s’abreuvent du sang de mon peuple,  des années durant, sans s'assouvir. Plus ils boivent, plus ils ont soif. Il m'arrive parfois de m'en vouloir de faire partie de ce peuple, de savoir que ces sont nos propres frères qui planifient des plans dépourvus de toute honnêteté pour  ensevelir cette semblant de libéralisme. S’improviser pyromane et pompier à la fois. Malgré tout cela, une partie de ce peuple naïf et désespéré continue à applaudir leurs bourreaux. Une main invisible que personne ne présente, s’est emparée de l'esprit saint des enfants de ce pays, surtout ceux qui seraient l'espoir de tout un peuple. Elle les a rendus, mécréants, mendiants, sans foi ni loi. Aujourd'hui le peuple donne des signes d’éveils par des voix qui discordent. On s’indigne. Un peuple qui souffre et qui devient incontrôlable. 

Quel que soit le trajet, il y a deux qui ont les Comores à cœur.

Ce pays malgré les pas géants qu’ont fait les autres, se replie sur sa fierté, son orgueil de prince sans trône. Ceux qui nous ont quittés pour l’au-delà seraient non surpris pour un éventuel retour dans ce monde. Quels que soient l’espace de temps, les années passées à attendre l’arrivée de tout le monde pour le grand rassemblement, ils seraient revenus dans la vie, seuls nos morts seraient sans surprises car rien n’est sorti de l’initial chez nous. Peut-être certains seraient un peu déçus de l’état de nos routes. Ils ne se seraient jamais trompés d’adresse.  L’arbre du voisin n’a pas pris des rides, il est toujours à sa place. Ici ça n’a pas beaucoup changé. Et même les barbes boudent aux adultes.

Il y a un mal qui nous colle à la peau, il y a de cela de belles lurettes.

On a toujours associé ce qui appartient à l'Etat à ce qui n'appartient à personne. Voler à l'Etat c'est faire tort à personne. C'est tout simplement avoir eu la chance d'être au bon endroit au bon moment. Pour certains personnes voler à l'Etat ce n'est pas voler, c'est prendre, c'est avoir eu la chance de se servir avant qu'un autre ne le fasse. Et si tu as l'occasion sans le saisir, tu n’es qu’un vaurien, un looser, un incapable. On te montre du doigt, on te maudit.

Mais quand même certaines pratiques sont en voie de disparition depuis quelques temps, dans nos villes et villages. Avant les gens dérobaient tout ce qui pouvait appartenir à l'Etat, dans nos régions. Soi-disant ce qui est à l'état est à tout le monde ou à celui qui l'a pris en premier. "zinu tsizamdru, zinu zasirikali".  Ce fût une raison à une époque pour piller les écoles, les hôpitaux et j'en passe. Aujourd'hui on a éradiqué cette façon de voir. Peut être c'est le fait qu'aujourd'hui l'Etat s’est complètement désengagé de ses responsabilités dans nos localités. Je me demande d’ailleurs à quoi sert l’Etat. Plus rien n’est entrepris par lui dans ce pays. J’ai plus d’un demi-siècle. Je n’ai jamais vu l’état comorien construire. Les quelques bâtiments dont la maison de la radio, le palais du peuple, le palais présidentiel de Bandadju-Serehini sont des offrandes de la république fédérale de Chine. Les autres bâtiments de l’Etat sont les tristes héritages  coloniaux. C’est les villageois qui s’occupent des taches qui devraient être celles de l’Etat. Plus rien n’intéresse ce dernier. On se ronge les ongles en attendant où on peut en tirer profit. J’ai honte quand je vois des personnalités faire le clown devant les caméras de la tv nationale, pour venter des aides venant de tels ou tels pays.

C’est après la disparition du régime révolutionnaire d’Ali Swalihi qu’on a vu naître ces pratiques dénigrantes, telles que la corruption, la mauvaise gestion des biens de l’Etat.

On continue à piller les caisses de l'Etat sans se soucier d’un compte rendu au peuple. Ce jour là n'est pas loin. Il est là au seuil de ta porte. Il te regarde sans broncher, tu la fixe sans le voir, car tu te crois encore dans tes rêves. "usiku wamwamba ndrabo kohomo husha" Celle que tu croyais inexistant est là, devant toi.  Elle a un nom, un visage ; la justice, celle que tu n’as jamais vue.

Aujourd’hui plus personne n’y croit à notre système juridique, mais un jour viendra le peuple sera dépourvu de tolérance. Un à un on reviendra sur les « 24h dans le Bavu » où chacun se trouve face à son miroir. Le reste de ta lugubre, tu le passeras dans une cage comme un perroquet. Là tu auras le temps de te recueillir, mentir encore à ton Dieu que tu as longtemps ignoré ou te repentir si... A cause de toi et de tes conneries, plus personne n'y croit en notre système juridique. Tu serviras de cobaye à ce système que tes bêtises ont mis en veille.  Un à un on reviendra sur le ".Chacun a peur de dire ce qu'a fait l'autre pour pas qu'à son tour, il te dénonce. Ainsi le flembo de la honte se passe des mains en mains pour ne s’arrêter, je ne sais où et quand. On aura tout vu mais "koladjaya litsohupwa. Ngamamini pvangu wukaya hama, je dis bien hama leo "Ngodjowufa sankule".

Laheri Alyamani

 

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