L’HEURE DU BILAN ET DES CHOIX

Nous voici à l’heure du bilan et des choix. La fin de la campagne a sonné. On a eu droit à une campagne illisible et extravagante. Des militants qui assistaient à tous les meetings ; impossible de sonder la popularité des candidats. On a vu aussi des candidats des sensibilités différentes répéter à la lettre les mêmes propositions lorsque d’autres n’avaient que des slogans dépourvus de tout contenu, à lancer. Signe peut être qu’ils ne pensaient pas ce qu’ils disaient.

L’important était, selon toute vraisemblance, d’amuser la foule. Pas de danses par ci, chants et numéro d’humour par là, personne ne s’est vraiment ennuyée pendant ces spectacles.

Hormis peut être ceux qui s’attendaient à un débat d’idées. La campagne a été, et c’est le moins qu’on puisse dire, stérile sur le plan des propositions d’idées. Ce n’est pas que les idées ne fusaient pas. Loin de là. Au contraire, elles tombaient et en masse. C’est qu’on a eu droit aux propositions les plus utopistes lorsqu’on n’avait pas complètement affaire à des pures affabulations. Un candidat, interrogé sur le retour éventuel de l’île de Mayotte dans les girons de l’Union des Comores,  répondait que s’il est élu, il taxera la France, à hauteur de plusieurs millions d’euros. Et cette taxation aurait pour elle un effet dissuasif. Qui croirait à une telle gageure ?

Une campagne superficielle donc. Quasiment aucun candidat, n’a chiffré de manière sérieuse, son programme. Les quelques chiffres divulgués, ont été, pour beaucoup, erronés. D’autres candidats n’ont donné aucun chiffre alors qu’ils prétendaient vouloir faire des reformes de grande envergure. Il y a là, soit de la moquerie, soit de l’amateurisme.

Pourtant, l’on s’attendait cette fois ci, à une campagne décente. Le peuple, qui semblait plus averti que jadis, exigeait rigueur et exemplarité dans le comportement des candidats.  Quelque part, la campagne présidentielle de cette année n’a pas été à la hauteur des attentes du peuple.

Il faut dire que ce peuple lui-même est le premier à jouer sur tous les fronts. Au-delà du fait qu’il semblait soutenir tout le monde, ce même peuple qui souffre au quotidien des sévices de certains de nos dirigeants, soutient les responsables qui l’ont conduit au désastre.

Ce n’était donc qu’une campagne de façade, dépourvue de toute volonté de changement. Du côté des candidats d’une part, ils ont fourni une campagne de déjà vue. Seules l’éloquence et la fortune faisaient la différence. Les candidats les plus à même de redresser le pays risquent de se  retrouver derrière. Comme par le passé.

D’autre part,  le peuple aurait dû, ce qu’il n’a pas vraiment fait, saisir l’opportunité offerte par cette campagne, pour crier son désarroi et son ras-le bol. Et tout laisse à croire que le futur président du pays sera une figure connue. La continuité donc. Au lieu de rompre avec la politique non féconde d’autrefois, les Comoriens semblent apprécier ce qu’ils vivent depuis quarante ans.

Que personne ne se plaigne par la suite. Nous avons la possibilité aujourd’hui de prévenir notre futur. Il suffit de choisir celui ou celle qui est le plus à même de sauver le pays. Il suffit de rompre avec les votes sans convictions. Il suffit d’arrêter de vendre nos voix et de voter pour nos proches et amis simplement parce qu’ils nous sont familiers.

On connaît quand même très bien les personnalités de nos candidats. Que personne ne se trompe et puis, nul ne peut prétendre avoir du mal à choisir parmi près d’une trentaine de candidats. Faisons le bon choix ce week-end. Il en va de la survie même de notre pays.  Chacun, par sa voix, tient le destin du pays entre ses mains.                                                                                       

Omar MIRALI

COMORESplus

 

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