LE GOUVERNEMENT AZALI 1 ET LE CLIMAT ACTUEL

Elu le 15 mai 2016, Assoumai Azali, est investi chef d’Etat comorien le 26 mai, soit onze jours après, en succédant à Mr Ikililou Dhoinine. Et le 31 mai 2016, son premier gouvernement a vu le jour.  

L’opinion publique entre en besogne. Des questions sur l’efficacité et les procédés du gouvernement en place, se posent. Les dires sont nombreux et divers. Beaucoup qualifient ce gouvernement de frêle et d’autres voient de lui, une éventuelle prouesse. Sur ce, on doit jeter une vue sur quelques ministères de carrure.

Tout d’abord, pour qu’Azali soit élu chef de l’Etat comorien, il a fallu du soutien de poids. C’est ainsi que le parti juwa, le parti Orange… dont les candidats aux présidentielles, respectivement Fahmi Said Ibrahim et Mohamed Daoud, alias Kiki, qui étaient en position considérable même si éliminés dès les primaires, ont prêté mains fortes au candidat Azali. Dans ce ring, il y avait ensuite quelques candidats qui ont enregistré un faible Scor, comme Ali Nassor, Ibrahim Hissani, Said Ali Kémal, Mohamed Issimaila… une coalition de grandeur, composée des hommes de charisme politique. Des notables politiques aussi, comme Mouzaoir Abdallah, Ali Bazi Selim, Mouhtar Ahmed Charif, Ali Mlahaili, Omar Tamou… ont charmé l’entourage. Passons.

Il y a du boulot pour quelque uns.

Quatorze membres du gouvernement dont dix ministres et quatre secrétaires d’Etat. Nombreux l’appellent gouvernement de remerciement et d’autres ont la conviction que c’est un gouvernement de mérite politique. Le parti Juwa quant à lui seul, comptabilise deux ministères et un secrétariat d’Etat. Le MIREX et la justice qui lui reviennent de droit, se rajoutent du secrétariat d’Etat chargé des transports et du tourisme.

Certains prêtres prêchent dans leurs églises. On peut citer par exemple le cas du Me Fahmi Said Ibrahim. Ministre d'Etat Garde des sceaux, Ministre de la Justice, des Affaires Islamiques, des Administrations publiques et des Droits Humains. Cet avocat de formation et de carrière, qui pendant les campagnes électorales n’avait de cesse de prêcher pour la justice comorienne et son bon fonctionnement, est un caïman à l’aise dans son marigot. Mais lourde est la tâche qui l‘attend. Pourra-t-il la parfaire, restera-t-il dans l’opulence ou va-t-il confronter « le soleil ardent de Nyumadzaha », comme Tibet Mlanao ? De nombreux dossiers de grandeur s’entassent aux étagères du palais de justice de Moroni… domaine de son ministère tutelle. Des dossiers à nature des finances, politique, que sais-je encore.  

« Ce qu’il ne faut pas oublier »

La tâche est lourde pour le nouveau ministre de la justice. La vérité sur certaines morts comme celles de colonel Combo, de Youssouf Djamani, du député Salami, de Kouva, de Mohamed Farouk et autres, qui malheureusement ne seraient pas des morts naturelles.

Ensuite, pour les finances, on peut parler des dossiers tels que celui de la citoyenneté économique, de la fondation Fatma, du projet habitat, de quelques milliards fc qui auraient été destinés aux gardes côtes, et volatilisés via le domaine de la défense sous le régime Ikililou… Les dossiers du hold-up de la SNPSF, détournement des quelques centaines de millions, doivent être déterrés. L’affaire Djaza et les cent cinquante deux millions de fc de la CENI. La liste est longue… mais voilà le périmer tri. Et dans ce tri, il faudra aussi des tris.

« Les lourdes tâches… »

Avoir été pris pour le gardien de but du match qui opposait Azali et Mamadou, Mohamed Kiki est nommé ministre de l’intérieure. Pourra-t-il mesurer la lourdeur des responsabilités qui lui sont confiées ? Pour la sécurité et la paix civile des comoriens, il doit placer le service d’immigration sur l’urgence. Plusieurs étrangers se trouvent illégalement aux Comores sans aucun contrôle ni connaissance de l’Etat. Des africains continentaux, des arabes… prennent cet archipel pour un moulin, des vas-et-viens sans aucun vérification ni de la part des agents aéroportuaires ni du service de l’immigration. Ils débarquent à Hahaya, puis, ils disparaissent de la nature. Là, c’est la faiblesse de l’Etat et la probable corruption agencée par les pouvoirs.

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

 

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