FAHMY THABIT ET SON ASILE "JUDICIARE" AU CABINET MINISTERIEL DU GARDE DES SCEAUX

André Malreaux disait " L'amitié, ce n'est pas d'être avec ses amis quand ils ont raison, c'est d'être avec eux même quand ils ont tort." Lassane Ouattara, Président de la Cote d'ivoire, nous a fait preuve du paroxysme de l'amitié sur les événements torrentiels  du siècle, en sauvant son ami, Blaise Compaoré. Sous nos cocotiers, il s'avèrerait que le Garde de Sceaux, est une ferveur de la sincère amitié, et décide  à son tour de  sauver son ami, en détresse avec la justice comorienne, Mr Fahamy Thabit. C'est pourquoi, Maitre Fahami, notre actuel Garde des Seaux, opterait de transformer son cabinet ministériel en asile  judiciaire pour héberger l’un de ses meilleurs amis, ancien Président de l'Union de la Chambre de Commerce et de l'industrie, qu’il a un lourd dossier avec la justice.

L'octroi d’immunité judiciaire de Fahamy Thabit, est un délit délicieux.

Thabit serait accusé de détournement et abus de biens sociaux sur un projet de construction d'un édifice de l'UCCI, d'un montant de plus de soixante dix millions de franc comorien. Le maître d'ouvrage n'aurait vu la réalisation de cet ouvrage. Cet ancien commerçant qui avait déposé le bilan de son activité, était contesté par certains commerçants, au motif qu'ils prétendissent que celui-ci ait perdu le statut du commerçant en raison de sa déconfiture. Mais, nous sommes aux Comores, pays de « salamlek et de tout est possible ». La notoriété donne des privilèges et des immunités et prédomine la déontologie du métier.

Il fut, enfin, nommé à l'UCCI, alors que sa gestion dans cette Pagode commerciale et industrielle aurait été dès le début saccageuse, malgré ses efforts de cryptage médiatique, mégalomaniaque… d'un professionnel chevronné. A l'approche de la fin du mandat, les gravas de l'ouvrage piquèrent les yeux et irritèrent les gorges du peuple et commerçants. De l’amiante ? On n’en sait rien. Une seule chose est sûre. Il se fout de tout le monde. La chronique des Agoras, s'empara de l'affaire, se moqua de la récidivité de l'expérience du Pillard-gestionnaire dans ces temples du commerce et de l'industrie. Ses contestataires marchands semblaient avoir raison. Ils ironisèrent leurs paires d'avoir confié l'édifice à un cupide-pillard. Par contre Maître Fahami, défenderait et sauverait  son ami jusqu'au boutisme de sa nomination régalienne du Garde des sceaux. Un silence d'agneau sur cet asile judiciaire. Le suprême du pouvoir judiciaire, pourra reprendre la toge d’avocat, pour défendre son intime ami de la Congrégation de la gnôle, si jamais, il y a une poursuite de l'affaire ?

Le politiquement correct doit encourager leurs mises en examen.

Dans les annales politiques, si l'autorité mise en cause, ne démissionne pas de bonne grâce pour laver son honneur, il est contraint de démissionner dès lors que les médias ou/et l’opinion publique dénoncent le silence du parquet, sensé de déclencher une action publique et une ouverture d'information judiciaire à la recherche d'une manifestation de la vérité. Autrement dit, dans le jargon politique, le blâme des médias de la protection des suspects dans un gouvernement. Les régimes démocratiques et des États dits  de droit préfèrent subir une instabilité gouvernementale à abriter des nids de délinquants de toute nature.

Une illustration récente, sous Hollande, des ministres sont forcés de quitter le gouvernement : Jérôme Cahuzac sur le blanchissement et fraude fiscale, Yamina Benguigui sur le mensonge de sa déclaration de patrimoine, plus récemment, Thomas Thévenoud sur ses impayés au fisc, et un peu plus loin Hervé Guemart, ancien ministre de Chirac…  j'en passe. A la différence des îles de la honte, pardon, de la lune, les acteurs politiques et technocrates sont récompensés à des portefeuilles plus importants par rapport à leur prouesse record de détournement et corruption. Le cas de Djounaid Soilih qui avait rendu le service des impôts en coquille vide et récompensé par une formation à Clermont-Ferrand… sert d’exemple. 

En revanche, notre ancien ami du réseau social Facebookien, proclamant la fin de cycle de la "justice liberticide", a pu oser en vérité ouvrir un asile dans son cabinet ministériel, à un homme qui a des comptes à rendre à la société via la justice ? 

Que le parquet se réveille.

Il me semble qu'il serait un exploit au parquet de désavouer leur supérieur hiérarchique, qui paraîtrait fait "obstruction" à la justice, en mettant son ami en cavale judiciaire. Or, il dispose des indices plausibles qui auraient justifié accusation à l’homme au chantier défaillant, du naufrage de l'UCCI. Quel blasphème de sa propre opinion, son combat contre l'impunité ! Si le cabinet du dépositaire de notre justice, devient un "asile fugitif" pour sauver un ami, on peut dire « ye bambao kedja ooha ». A qui pense-t-il exercer sa politique contre l'impunité ? A son ennemi, ses ennemis ou à ses adversaires politiques ?

On n'est plus en Campagne où les prières oratoires de la clémence de la volonté de Dieu (Bi idhine Allah) peuvent être citées. Nous sommes dans le temps d'action, dans cette étape, c'est la volonté de l'homme (bi idhine nasse), que le peuple attendait de lui, la mise en exergue d'une digne  politique de justice, sur sa déclaration de guerre contre l'impunité. Il est temps que notre ami fasse preuve d’efficacité, car il a des allures d’un homme honnête. Donc un balai devant sa porte, dans son cabinet, avant de recommander le parquet de nettoyer les insalubrités des délinquants de la République qui pullulent les quatre coins de l’archipel.

Mohamed HADJI

COMORESplus

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