LE GARDE DES SCEAUX F.S. IBRAHIM POURRA-T-IL DONNER DE L’IMAGE A LA JUSTICE COMORIENNE ?

Youssouf BOINSEO

Au lendemain de sa nomination au poste de Garde des Sceaux, Ministre de la justice du premier gouvernement du Président AZALI, beaucoup de ceux qui l’espéraient dans ce poste, ont été soulagés. Persuadés qu’il est l’homme de la situation, capable de redresser la justice comorienne afin qu’elle soit juste et équitable.

La politique, un milieu où l’envie ne suffit pas.

Dans ce milieu,  pour atteindre leurs objectifs, les plus déterminés sont prêts à tout. Quitte à recourir à la démission en cas d’impossibilité de défendre leurs principes et valeurs. Chose quasi impossible dans notre pays. Sinon on peut y parler de quelques exceptions.  Le Prince Said Ali Kemal, qui a deux fois démissionné du gouvernement, et miftahou Ali Mbamba, ancien Garde des Sceaux de Sambi.

Qu’attend-on de lui ?

Du Prince Fahmi Said Ibrahim, on attend une justice digne de ce nom, équitable et impartiale. Beaucoup sont impatients de voir le régime IKI devant la justice pour répondre à leurs actes de destruction de notre pays. Mais au-delà des jugements du régime susdit, le peuple comorien attend aussi de voir une vraie justice qui défendra les droits du plus faible face au plus fort.

Fahmi réussira t-il le pari ?

Le jugement des hommes politiques

Il n’est guère facile de juger ces hommes surtout dans un pays comme le nôtre.  On se rappelle des vagues d’arrestations orchestrées par Le Président Sambi dès son arrivée au pouvoir, les tous sont des membres du régime d’Azali. Cela a abouti à quelques jours ou quelques mois de prisons (fermes ou avec sursis). Mais qu’est-ce que cela a vraiment apporté au peuple comorien ? Peut-on considérer réellement que justice est-elle faite au moment ces gens à jouissent toujours de liberté. En utilisant facilement sans aucun gène ce qu’ils ont volé à l’Etat. Pire encore, d’autre sont de retour aux affaires de l’Etat, comme des ministres, des directeurs de sociétés d’Etat, et même des élus.

Ce genre de justice n’est pas adéquate à l’heure où on est. Que Mamadou ou Abou Achrafi séjournent un ou dix ans en prison, cela n’arrange rien aux affaires du peuple comorien. Cependant, pour une justice conforme, il faut la saisie de leurs biens, et qu’ils rendent ceux dont ils ont déplumé l’Etat. Ce n’est qu’ainsi qu’on pourra considérer que justice est faite. Et c’est là où le doute face à la capacité du Ministre de réussir ce pari, semble s’installer dans notre pays.

Mais quelle mesquine attitude que celle de ne juger que ceux de l’ancien régime. Alors que partout dans le monde, on voit des ministres, des directeurs généraux en exercice… se présenter devant la justice pour répondre aux juges. Soit sur leurs passés qui les auraient rattrapés, soit sur des actions commises lors de leurs exercices en cours. Et là encore je fais appel à mon doute face à la capacité du Ministre de la justice de remonter cette institution à ce niveau. Car il est plus qu’évident aux yeux du peuple comorien qu’au moins 50% de personnalités nommés à des différentes fonctions ces derniers mois ont des comptes à rendre au peuple comoriens.

La justice pour le citoyen Lambda

La justice que veut le peuple comorien est celle de l’égalité des citoyens  devant la justice quelles que soient la classe sociale, les convictions politiques, la ville ou le village d’origine… Dans cette machine TGV (Tribunal à Grands Voleurs) difficile de faire valoir ses droits quand on vient de  « safarini » ou quand on ne connait pas le juge… Une justice avec laquelle les juges ne sont pas corrompus. Car nous ne sommes pas sans savoir que certains de nos juges font quasi pleines les poches  pour chaque  audience. Ils  collectionnent tantôt les vaches, tantôt les billets de banques, tantôt des postes nominatifs...

Pour une dernière  fois je donne place à mon doute sur la capacité du ministre à redresser cette machine à corruption aux vitesses des TGV (Tribunal à Grands Voleurs).

Pour finir Monsieur Le Ministre, le système est plus qu’erroné. Le peuple ne fait plus confiance à la justice. C’est la raison pour laquelle des personnes  barbares et indignes  commettent des actes ignobles à l’instar du Lynchage du présumé meurtrier Brando (à Anjouan).  Et pour réussir cette mission qui parait impossible dans notre pays, il faut avoir une détermination démesurée et être capable de mettre de côté toute ambition politique, quitte à perdre son électorat, pour être au service du peuple. Et c’est la réussite qui fera revenir l’électorat.

Youssouf BOINSEO

COMORESplus

 

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