LA TRANSHUMANCE POLITIQUE, UNE PLAIE PESTILENTIELLE POUR NOTRE DEMOCRATIE.

Par IBRAHIME CHEIKH

La démocratie comorienne gagne chaque jour en maturité. Le peuple sait où sont ses intérêts et donne sa confiance à qui il veut sans procuration. Cependant l'un de ses maux se trouve malheureusement chez nos hommes politiques qui n'hésitent pas à changer de vestes pour un poste ministériel de deux jours. Depuis l'avènement de la démocratie, le débat d'idées dans le paysage politique comorien n'a jamais été aussi calme, aussi uniforme, aussi plat que pendant les dernières élections présidentielles. Comme idées nous avons entendu « Ye mzee ngena nvuu, Eya trende hatrende.  Kopvopvira ». C'était le programme de l'ex-majorité. Et l'opposition de l'époque nous a sorti: « Narawaze ». Vaste projet de société. Quelques indices et pistes nous indiquent qu'en matière de prospectives politiques, de grands changements, de hautes trahisons imprévus ont pris de court nos grands politologues.

Dans quelques jours nous entrons de plein pieds dans les 100 jours du pouvoir du président Azali. Trois races de partis politiques se bousculent sur le terrain politique. Il y a ceux qui ont déjà fait allégeance au pouvoir de Beit-salam (Juwa, Orange, CRC). Nous avons les partis en panne d'idées ou de programme ( UPDC, Radhi, RDC ) et les partis manquant de courage politique, ici on trouve malheureusement les swalihistes, les ex-FD qui se battent bec et ongles pour entrer au prochain gouvernement. Ces derniers nous font honte car c'est contraire à la culture et au combat de notre regretté fundi Ali Solihi. Cette culture de l'asthénie de certains opportunistes s'est installée dans les maesha bora, bora maesha, swalihistes … à la place de la lutte pour la propagation, la réalisation et le triomphe d'un idéal, qui exigent la consolidation d'une structure d'organisation et de mobilisation, en vue de la conquête du pouvoir comme le FNU.

Depuis 1978 le constat est amer, ils sont combien à partir armes et bagages pour un fauteuil confortable et jeter aux orties les idéaux du « ezi ya shinantsi ou o’msomo wa nyumeni ? » La conviction, l'idéal politique, la ligne de conduite du parti sont sacrifiés au profit de la politique alimentaire. Il est impératif de combattre cette pratique dégradante et qui fait honte à fundi Ali là où il est et qui nous regarde. Ali Soilihi n'a jamais accepté un poste de ministre de son éternel opposant Ahmed Abdallah. Mohamed Chami, les Tourqui, Dada ont tous décliné plusieurs propositions du pouvoir vert... La transhumance politique est installée dans les mœurs de notre pays par le FD et le Maesha Bora. Et au lieu d'être les grandes armes du combat politique, ces partis ont enterré la révolution. Les vas-et-viens des hommes politiques constituent une des raisons de la disparition du patriotisme dans notre pays. Aujourd'hui on a honte d'être révolutionnaire. Personne n'ose dénoncer l'occupation illégale de l'île comorienne de Mayotte.

Les vrais révolutionnaires se doivent d'ausculter les contours de ces changements de vestes que je nomme « Wahelezi wa siasa ». Alors un certains nombres de questions exigent de réponses, à savoir: pourquoi la transhumance politique ? Et comment la combattre ? Une fois les causes et les auteurs connus, nous allons les combattre. Pour ma part, j'invite ceux qui veulent utiliser Ali Soilihi pour rejoindre Azali de renoncer à cette idée saugrenue. Des élus nationaux, depuis l'arrivée d'Azali au pouvoir quittent leurs partis pour rejoindre la nouvelle majorité conclusion nous avons une assemblée monocolore et l'opposition a disparu du parlement comme dans les médiats nationaux.

Malgré ce paysage sombre de notre vie politique, l’espoir est encore permis. Comme en 1972 quand les forces maléfiques ont censuré le prince Said Ibrahime pour pouvoir séparer Mayotte de son ensemble, il y a eu des hommes et des femmes honnêtes capables de surmonter l'égocentrisme de l'époque afin de constituer une combinaison gagnante. Ce fût le 03/08/1975. Aujourd'hui je suis convaincu que ces femmes et ces hommes existent encore dans notre pays. Il suffit de leur parler le langage de la vérité. Les wanantsi sauront prendre leur responsabilité en refusant leurs voix aux nomades politiques, en quête d'avantages personnels. Par la voie des réseaux sociaux nous allons mener la vie dure à ces « Wahelezi wa siasa ». Nous dénoncerons vos trahisons et nous appelons au président Azali pour l'intérêt de la démocratie de ne pas utiliser la satisfaction des ambitions personnelles comme moyens de récupération des politiciens qui frappent déjà au portail de Béitsalam. Dites leur d'aller se battre pour une alternance démocratique. S'il vous plaît monsieur le président ne laissez pas ces grandes gueules venir pourrir votre mandat. Retournez les leur slogan inexpressif: « kopvpopvira yenfule hohwa sha watsiyile. »

IBRAHIME CHEIKH

Ancien militant du FNU

 

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