...LE PRESIDENT AZALI S’EN OCCUPE

Par SAID YASSINE Said Ahmed

A Anjouan, le 31 juillet 2016, le chef de l’Etat comorien, Assoumani Azali, dans une conférence de presse a insisté sur trois points. L’île Mayotte, la vie chère et les licenciements des jeunes, dont un grand nombre s’est produit à la SNPSF. Une très jolie démonstration.

Ici, on parle de diplomatie. Sur la question de l’île Mayotte. « Mayotte ne sera jamais française. », affirmait le chef de l’Etat lors de sa conférence de presse. Les comoriens prennent acte. Il est temps que cette île cesse de servir d’alibi pour nos politiques. C’est le moment d’interroger la diplomatie comorienne sur cette question épineuse, depuis l’accession des Comores à l’indépendance, jusqu’aujourd’hui. La question de l’île Mayotte, devient un prétexte fallacieux, car, toutes les excuses s’y trouvent. Pour un engagement crédible du chef de l’Etat Azali, on aurait aimé ensuite qu’il ait dénoncé le visa Balladur, faisant des milliers de morts dans les eaux territoriales comoriennes, dans le but d’aller à Mayotte. En vérité, ce n’est que le peuple qui est perdant dans cette affaire, car sans la complicité des autorités et des Comores et de la France, la mer ne deviendrait pas un cimetière. Et ce n’est pas à l’île d’Anjouan où ceci doit être mis sur la planche, en plus à l’absence des occupants... En tout cas, bon début.

« Que le sérieux s’inscrive »

Oui, on doit comme le chef de l’Etat, commencer par la participation aux jeux des îles de l’Océan indien, refuser le port de drapeau même si dix ans auparavant, les mahorais ont obtenu la permission de participer... Un des anciens ministres des affaires étrangères du régime Azali 1, en l’occurrence Mr Abdo Soefo avait écrit à Koffi Annan une lettre dont l’objet est de : « retirer la question de Mayotte de l’ordre du jour des travaux de l’Assemblée Générale des Nations-Unies. » Espérons donc que le nouveau MIREX, M.B. Dossar, marquera une différence. Qu’il confirmera par acte ce que le chef de l’Etat Azali vient de dire à Anjouan. Mener une lutte, quelle que soit la forme pour le retour de l’île de Mayotte dans le giron naturel. En tout cas, personne n’est dupe. Dans cette question, il y a beaucoup de mystères. Les citoyens n’ont pas accès aux mêmes informations que les autorités. Passons.

« La vie chère, pourquoi pas ? » 

L’économie au rendez-vous. Pour ce qui est de la vie chère, c’est bien encourageant. Mais comment la vie des comoriens peut ne pas être chère au moment où les pouvoirs n’encouragent pas les citoyens à produire du made in Comores ? Un grand pourcentage de la consommation comorienne vient de l’étranger, donc des importations. Le manque d’entreprises étatiques favorisent la chute de la vie ‘des comoriens. Il y a un facteur aussi important : l’encrage des monopoles. Cela n’est pas compatible avec la montée d’un pouvoir d’achat.  Les salaires à compte-goutte et à coup de lance-pierre, ne favorisent pas non plus la vie des citoyens. Facteurs engendrant la hausse des prix, surtout des denrées des premières nécessités.  

En outre, le ministre de l’économie, le ministre de la production, les commerçants et la société civile digne de ce nom, mais pas des récupérations… doivent se pencher sérieusement sur ce problème. Ce n’est pas la tâche d’un chef d’Etat tout seul, sinon, là on peut parler d’une folie de grandeur. Dire qu’il en fait son affaire personnelle, n’est-ce pas une autosuffisance ? Passons.

« Licenciement, et… ? »

De la fonction publique et de l’emploi, le président se mêle. Sur les licenciements, c’est positif. Mais à condition que des recrutements de satisfaction ne soient plus effectifs. Que cela ne s’arrête pas aux petits employés des services tout simplement. Aussi valable pour les directeurs, les responsables des services. Que peut-on dire des licenciements des petits employés, dont chacun touche 45 000 à 50 000 fc de salaire à l’échange des directeurs qui font dix fois plus de leurs salaires, plus des indemnités de voyages, de logement et des droits divers ? Parfois des directions inventées pour des raisons ou d’autres. Donc des recrutements par copinage, népotisme, esprit partisan et j’en passe.

Un exemple bien précis, deux secrétaires adjoints, celui de la présidence et celui du gouvernement, conseiller à la présidence chargé de l’énergie, conseiller chargé des affaires religieuses alors qu’il y a un ministère de  tutelle. On voit un accès budgetivore car certains des collaborateurs du chef de l’Etat ne peuvent le voir plus de trois fois durant le mandat de ce dernier.

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

 

Retour à l'accueil