POURQUOI TANT DE CONVOITISES DU PORT DE MORONI ?

Par SAID YASSINE Said Ahmed

Pour le développement d’un pays, pour que sa croissance soit de mise, il faut lutter contre tous les systèmes d’obstruction parmi lesquels les monopoles. Oui, tout le monde en convient. Donc il faut ouvrir la porte à tous les investisseurs et commerçants étrangers pour que l’économie s’épanouisse. Mais n’importe qui ou n’importe lesquels ? Quelques évènements du passé, peuvent servir de leçon. On peut commencer par l’ère RDR-Mwangaza… où la société Air-Comores avait été cédée gracieusement à l’Indo-mauricien Mr Ashley par les autorités comoriennes de l’époque. Une concession qui a rendu cette société nationale inexistante.

Certes, dans les réseaux sociaux, on lit de tout, du plaisant au désagréable. D’abord, en commençant par les lignes extraites de la page facebook du président de la FCC, M.S.A.Mchangama, « Je suis de ceux qui pensent que l’attribution de la concession du port de Moroni à une grande entreprise de dimension mondiale dans les opérations portuaires est bénéfique à notre pays. ».  Un choix à réspecter, mais n'empêche que ce passage soit atterrant. La gestion du port de Moroni par Cofipri, ces heures, associé de Bolloré c’est imposée, sans que les comoriens aient de mots, il y a quelque temps. Donc sa dimension et ses miettes, tombent dans les poches des Comores d’en haut. Encore dans son texte, le président de la FCC, parlait de « l’affaiblissement de la MODEC, à cause de sa division.» C’est peut-être vrai, mais cela n’est pas un fait nouveau non plus. C’est une division de deux fronts, qui en juin 2015, se livraient un petit conflit à cause de l’affaire « importation du ciment par Lafarge ». On aurait du côté de Lafarge, ses soutiens comme Maison Doudou Taynamor, Said Wadaane, S C I Mbechezi et tant d'autres. Et le côté Cofipri-Bolloré, il y aurait quelques commerçants comme Super A, Mourad Bazi et Aboubacar Wadaane avec le Modec.

«  Les signatures et les enveloppes »

Si les consciences nous le permettent ou permettent nos analyses, les Comores se dirigent soit vers la réunification des pègres des suceurs du sang du peuple comorien, soit vers la déstabilisation socio-économique du régime Azali. L’illustration est simple. Quand on a une vue superficielle et panoramique de la situation actuelle, on retrouve la ligne de l’ancien ministre de télécommunication du rais Sambi et ancien Vice-président de l’assemblée nationale des Comores, Mr Djaé Ahamada Chanfi et l’ancien ministre de la justice de Sambi et ancien dircab d’Ikililou Mr Mmadi Ali. Ces deux amis de Sambi, soutenaient Cofipri. Cette société qui avait été bercée par les dires mielleux d’Abdillahi Mouigni alias Satellite, lorsqu’il était secrétaire général au ministère des transports et de tourisme. Cofipri a laissé pousser ses racines aux îles Comores avec Hassani Assoumani ministre de transports de Raïs Sambi. Dans ce cercle, on voit Mohamed Ali Mamadou, ministre de finances de l’époque et qui aurait porté la signature de l’encrage de cette société aux Comores. Une amitié qui vient de loin, on peut dire. Le Fouquet’s a témoigné. Donc le rapprochement de la MODEC à Mohamed Ali Mamadou pendant les campagnes électorales, dans lequel le président de la FCC jouait un rôle capital accouche de quelques connivences. Reste à savoir qui roule pour qui ou pour quoi ?

« Mais s’il faut se méfier de l’autre… »

Ensuite, quand Bolloré a été loué sciemment plus que le prophète Muhammad a été loué dans le burda’i par imamu al-busri, ça choque une tonne de mémoires. « A ma connaissance, Bolloré n’a jamais été accusé de s’immiscer dans les affaires politiques du pays ». Cette phrase du président de la Fédération Comorienne des Consommateurs n’est pas passée inaperçue et parait plus qu’étonnant, surtout pondue par quelqu’un de cultivé des affaires. Le groupe Bolloré réalise un quart de son chiffre d’affaires dans le continent africain et il emploie plus de 20. 000 personnes sur le continent. Sans doute, « c’est une entreprise de taille » comme a dit Mchangama, et « c’est bénéfique à notre pays, bien sûr ». Mais peut-on savoir pourquoi, est-elle visée par une enquête sur des concessions de ports en Guinée et au Togo ? Le 8 avril dernier, « le siège du groupe Bolloré Africa Logistics, a été perquisitionné ». Comment le petit pays de rien du tout, les Comores, pays qui vit au dépend des autres peut se réjouir de ce groupe au moment où « Il y a quelques mois dans le cadre d'une information judiciaire confiée aux juges Serge Tournaire et Aude Buresi, qui porterait surtout sur des soupçons de corruption d'agent public étranger, une enquête aurait été menée » ?

« La manutention comorienne et sa convoitise »

Le nouveau secrétaire général du ministère de transports, doit faire preuve d’efficacité et d’honnêteté, en n’agissant pas comme ses prédécesseurs qui ont ensevelis l’économie du pays via des sociétés de manutention, à l’échange de quelques commissions. Il faut donc placer au devant les intérêts du pays avant de placer les siens. Car Comores l’un des  pays les plus vulnérables au monde ont suffisamment souffert. Les plaies Ashley-Air Comores, SAMLEX-Mamwe, CGH… sont loin d’être cicatrisées. La nouvelle société qui commence à ébranler les cieux de BLT et ses soutiens par son entrée prétendue aux Comores… notamment dans le domaine manutentionnaire, doit être bien inspectée et renseignée. Les accords ne doivent pas être en coulisse, comme tant d’autres. Mais en vérité qu’est-ce qui a poussé le ministre des finances d’inviter le président de la FCC dans cette affaire ? Il serait idéal si l’avis de nos élus prime dans cette histoire.

" Là où Bolloré peut être utile"

Pour clore sur la méchanceté de nos dirigeants, la branche "Afrique" du groupe Bolloré, réalise un chiffre d'affaires de plus de 2,4 milliards d'euros. Tout cela dans des domaines juteux bien sûr. Mais pourquoi, les autorités, en tout cas les dirigeants comoriens n’ont jamais sollicité à des gens comme Bolloré la gestion de la société Mamwe et/ou l’hôpital El-maarouf, alors que dans le domaine de la gestion de l’énergie de Bolloré avoisine les 3 milliards de chiffre d’affaire ? Sa société Bolloré Energie, distribue du fioul, du gazole, du fioul lourd industriel et des carburants dans toute l'Europe. Il est donc le deuxième distributeur d’énergie de France derrière total. Mais pourquoi les autorités comoriennes plongent dans leurs petits intérêts personnels en zappant carrément l’intérêt général de tous ? Mais pourquoi la population croit encore aux farces des autorités qui n’ont de cesse de s’enrichir par leur sueur ? Bolloré et ses affaires seront utiles aux Comores si les autorités se montrent aussi utiles, en les dirigeant là où besoin se trouve ; El-maarouf et la Mamwe par exemple. Tant que Bolloré se fixe sur l’énergie et le transport, le routes aussi doivent lui être attribuées et tant pis, s’il encaisse les vignettes. Et dans ce cas là, tout le monde va s’associer cette société contre tout conçurent présumé.

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus 

 

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