QU’EST-CE QU’ON N’A PAS VU ?

Par Laheri Alyamani

Du pyromane aux falsifications des arrêtés fantômes. Heureusement qu’il y a encore des gens qui comprennent ce qu’est, liberté d’expression. Des évènements récents ont failli ensevelir ce joyau, seule valeur qu’on pourrait se vanter d’être l’un des rares détenteurs.

Notre petit pays est grand par rapport à d’autres qui puisent leurs grandeurs sur les milliers des kilos mètres, sur des  terrains vagues à perte de vue. Nous pouvons, par excellence nous vanter, par cette façon de vivre. Libre de dire. Pouvoir exprimer notre indignation, est une chance unique. Nous n’avons pas des biens matériels, ni des minerais qui font pousser des ailes. Rien que cette façon de gérer l’espace de liberté d’expression de chaque citoyen, notre peuple, a l’allure d’une grande nation. Ce qui n’empêche aux éléments isolés de jouer aux perturbateurs. Mais contrairement à ce que certains croient. Nous avons un pays qui a des institutions bétons. Et elles nous protègent.

Ce qui n’empêche pas à des prédateurs, d’essayer de les contourner pour des fins personnelles. A ceux qui se croient invulnérables, au-dessus de la loi, qu’on le veuille ou pas, le temps emporte le vent. Qu’on le veuille ou pas, les Comores doivent avancer avec ou sans nous. Ceux qui se cachaient dans leur logique à deux balles, doivent procéder autrement. Allez y voir dans les bangwe, nos lieux publics où se retrouvent nos leaders d’hier et posez-vous la question. Y a-t-il, une vie après la mort ? Nul n’est éternel. Un mandat politique est comme un ascenseur que tu prends à un certain niveau de l’étage pour faire un parcours et le laisser à la personne qui va le prendre à son tour. Nul ne doit penser s’accaparer d’un poste quelconque de l’Etat, et oublier que ce n’est pas un bien personnel et que dans un moment ou un autre, on a des comptes à rendre.

Certaines personnes confondent les biens du peuple à ceux qui leur appartiennent. C’est pour cela qu’ils ne prennent pas conscience des lourdes tâches qui les encombrent. Tu les rappelles au rang, ils en font d’une affaire personnelle. Ils se laissent animés par des esprits revanchards, croyant qu’étant au pouvoir, on a droit à tout.

« Qu’est-ce qu’on n’a pas vu ? »

Des actes enfantins, qui naissent du jeu au plus pires des choses. On a vu, mettre en place une machine comploteuse afin de réduire en silence Labaraka. Fm qui est en ce moment la voix des sans voix ; la voix du peuple. Agwa est-il devenu une cible pour mettre à genou la liberté d’expression ? En tout pas si facile à atteindre.

On l’aime, on ne l’aime pas, ce jeune homme représente pour beaucoup, une lucidité de substitution d’un justicier de salive. La moindre injustice, lui fait Peter les plombs et vite, il se jette sur n’importe qui, se croyant  au zénith du pouvoir. Il y a quelques jours, le ciel donnait une impression de charge des buées et de tout ce qui pouvait laisser présager un mauvais temps. Un nouvel ouragan anti-démocratie était annoncé. La marmite bouillonnait sur le feu. Un homme averti en vaut deux si on se fie au dicton. Fausse alerte, ou rappelle au rang comme un enfant qui perturbe les cours ? Où est passé la mémoire. Il y a moins de quelques mois, nous avons remué ciel et terre pour pas que la barbarie s’installe sous nos toits. « Il a fallu faire ce qui n’était pas vraiment un choix mais un appel au secours pour sauver notre démocratie qui  vacillait. Il fallait choisir un mal qui serait plus supportable par rapport à d’autres qui montraient leurs dents. » Il a fallu conclure, prendre celui qui nous ferait moins de mal. Celle qui ne nous a pas frappés au point de nous ensevelir. Bref on a cru trouver une échappatoire sur du déjà-vu.

« Avons-nous tort ? »

Seul l’avenir nous le dira. S’en vouloir un jour peut voir le jour. Malgré ces doutes qui nous habitent, on continue à espérer qu’on va trouver un  remède qui fermera nos blessures de jadis. Avoir choisi la facilité des faux espoirs, au lieu de se poser des vraies questions. Est-il vrai que pour changer les choses, il faut aussi changer les hommes ? Ça aussi on le confie à l’avenir. De toutes les façons les dés sont jetés. On doit faire avec. Nous avons coutume de tourner le dos à ce qui s’obtient par les efforts. Faire semblant d’ignorer l’évidence est une de nos coutumes. « Mpaka Kanga harambua gora ». On s’est habitué à prendre le mur. Ce n’est pas en fuyant les difficultés, en faisant des pauses, lancer des souffles de soulagement que la course nous semblera courte. Vouloir fuir des difficultés qui t’attendent sur ton unique chemin, qui n’a pas d’autres issu de secours, c’est se mentir. Ca ne fait que retarder le calvaire qui prend tout son temps à nous attendre.

Quel que soit le chemin que tu prends, c’est une question de temps. Tu vas te trouver face à ton miroir. Tu as beau te dire que l’autre n’est pas toi mais celui qui se trouve dans ton miroir est le reflet de ce que les autres voient de toi. Il a fallu choisir le mal parmi beaucoup d’autres. Ce n’était qu’un remède improvisé. Une situation pitoyable. La voix de sans voix est en ce moment, en train d’être réduite dans le silence. Comme si rien ne se passe, Moroni s’éveille comme à la normale. Il y a de ça, quelques jours une fatwa fut lancée dans le net par un docteur.  Celui-ci se vantait appartenir à une élite qui soi-disant, fait et défait les nœuds, le bon et mauvais temps dans notre jeune nation. Ces gens-là, font souffler le vent du côté de leur convenance. Il se réjouit d’avoir mis en place le régime actuel. Celle qui se partage le gâteau comme on le fait avec les « Hirimu » du village. Ce n’est pas parce que vous êtes en train de vous partager ce gâteau si durement acquis par les efforts des citoyens de ce pays, qu’il faut se croire avoir de droit de cracher là-dedans.

« La victoire et le pouvoir »

Notre pays s’est trouvé récemment face à une situation de prise d’otage dont chaque citoyen soucieux du devenir de notre terre mère, s’est invité à une lutte massive afin de barrer la route aux prédateurs. Oui, bonnet blanc et blanc bonnet, mais aucun regret.  Nous étions tous là, par nos écrits, nos coups de gueules comme les chasseurs à la chasse aux loups. Pour faire fuir les ennemis de la démocratie. On a cru l’avoir mis hors d’état de nuire. Mais pour ce qui nous est arrivé des récents évènements de la Radio Labaraka Fm, tout laisse croire que l’esprit du mal est encore là. Serions-nous trompés d’ennemi ? Avoir le pouvoir suffit-il vraiment pour se croire à la hauteur de la loi de notre pays ? Il y n' y a pas qui crie plus haut et fort qu’un tel et tel. Mais où sont-ils maintenant ?

Bien qu’il y en aie qui se croient tous permis, le pouvoir, l’argent, l’armée, la notabilité et tout ce qui peut refléter le pouvoir, aujourd’hui certains se rendent compte qu’à l’air où nous vivons, la plume est une arme redoutable. Donc ces supers-hommes préparent des soldats, des mercenaires du net. La démocratie est notre seule bien dans ce coin perdu, où la civilisation peine à percevoir la lumière du  jour.

Laheri Alyamani

COMORESplus

 

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