DETOURNEMENT DE FONDS A COMORES TELECOM, LA JUSTICE EST EN PANNE

SAID YASSINE Said Ahmed

Quant au linguiste Marina Yagello, on se souvient de son ouvrage « Alice au pays de langage ». Quant à l’Etat comorien, on se souviendra de « injustice au pays de la fausse pudeur ». L'acquisition et le savoir des magistrats comoriens, tout le monde en convient. Mais dans ce pays qui est debout, bien qu’il soit abattu, la justice est en panne de civisme et de probité.  Faute de qui ou faute de quoi ? Cette question envahit le quotidien de tout un chacun.

Le lendemain de sa prise de fonction, le Garde des sceaux, Ministre de la Justice, des Affaires Islamiques, des Administrations publiques et des Droits Humains, Mr Fahmi Said Ibrahim a mis sa machine en route. Une machine qui roulait plus vite qu’un supersonique. Une série d'arrestations des hommes soupçonnés de malversations, a impressionné tout le monde. Et voilà, l’espoir présageait dans un pays où la population a soif d’une justice. Sinon, côté chef d’Etat, le spleen est né à l’aube de l’installation du régime. En tout cas, dès les nominations des directeurs généraux des différents services. Des hommes faisant ultérieurement l’objet des procès lourds, se sont vus confiés à des hautes directions ou reconduits… par le chef de l’Etat dont les mots justice et incorruptibilité furent le cœur de sa campagne.

« Déception »

Le mardi 27 octobre 2016, l’ancien Agent comptable de Comores télécom, Mr Chamsoudine Soulé et l’ancien coordinateur du directeur de ressources humaines, Mr Ibrahim Abdallah, ont été libérés sous caution. Cinque millions de fc, suffisent pour couvrir des centaines de millions de fc, détournés. Rappelons très bien que ces deux hommes, ont été en détention provisoire pour une malversation de plusieurs millions fc, volatilisés à Comores télécom. Dans cette justice, il y a du boulot. Peut-on accuser la justice ou les juristes ? Et le ministre de la justice dans cette affaire ? Un petit retour en arrière. L’un des auteurs présumés de cette malversation, Mr Ibrahim Abdallah, a été auparavant mis en détention provisoir… suite au scandale financier à la SNPSF, en juin 2011. Moment qu’il fut DG de cette société. Un seul homme, deux détentions provisoires, deux libertés provisoires, sous caution pour le même fait ? Il y a quoi s’inquiéter dans cette justice. Et sans doute ces libertés sous caution sensées être provisoires sont toujours définitives.

Quant à la réaction du ministre de la justice, étonnement et amertume. Comment le Garde des Sceaux prétend que la justice, en tout cas la Cour suprême est indépendante de lui, or elle reste dépendante de ses inferieurs ? De qui se moque-t-on ? Ces multimilliardaires, devenant ainsi par la sueur du peuple, jouissent de leurs libertés. Que dire de la population dont le seul souci est de voir les fripons mis en taule et qui va les recroiser à nouveau dans les places publiques ? Cette miséreuse population ruinée, abusée, abbatue par ces individus demande justice. Donc elle s'en fout des techniques juridiques qui servent à protéger ces fabricants de misères. 

Drôle de sentence.

Parfois on se demande à quoi sert cette machine juridique dont les seuls qui remportent le procès sont ceux qui ont des poches légères ? Et maintenant que le prêtre prêche dans son église ? Que dire du silence du descendant de « Gwale Mu Mtsongole na Djayo » Oumara Mgomdri, directeur général de Comores télécom face à cette liberté destructive accordée à ces hommes qui ont ruiné l’entreprise dont il est directeur ? Défendre la population via Comores télécom ou fermer les yeux pour ne pas gâcher la joie immense   de l’enfant de la ville ? L'espoir n'est pas à coté.

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

 

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