COMORES, LIMITATION DES PARTIS POLITIQUES, VERS UN PARTI UNIQUE

Comme à l’accoutumée, au pays de tout est possible, mystère et ridicule n'ont pas de cesse de se produire. Parfois des arrangements aussi burlesques pour des faveurs... sont avilissants. Depuis l’ère Mwanagaza-RDR, précisément période de la naissance de la génération politique « des quatre vingt disars », la politique devient sans impact ni valeur. Sa beauté et sa bonté sont jetées-bas par les improvisés politiques. Or cet art ne s’improvise pas. Trop d’amateurisme et parfois d’ignorance à la vie sociopolitique du pays. Mais quand même le moi aussi prime.

Il y a quatre ans à l’assemblée nationale des Comores, un projet de loi qui stipule la limitation des partis politiques aux Comores, a été présenté par le député Abderemane Ahmed Abdallah. Cette « auto moquerie » semblait être comprise par la majorité des députés de l’époque. En tout cas, rien d’étonnant si le fils d’A Abdallah Abderemane, paix à son âme, maître du parti unique, hérite de son père cette pratique nostalgique. Et là, pendant des années, ce projet de loi, a été mis en veilleuse.

De ce lundi, 9 janvier 2017, sous les murs de Moroni, la limitation des partis politiques fait la une. Mais encore une fois, de qui se moque-t-on ? Selon le ministre de l’intérieur Mohamed Daoud Kiki, Cinq partis sont requis comme partis reconnus au pays. Updc, CRC, Radhi, Juwa, RDC… Chacun de nous est né avec ses traits visibles ou invisibles, défauts ou qualités, mais c’est à travers le temps et le milieu que ceux-la se manifestent. Passons.

« Drôle de responsable, mais quelle insuffisance »

On ne limite pas des partis politiques, on les dissout. C’est donc quand une formation politique est contre règles et orientations institutionnelles. Sinon, pour les dictateurs, quand ils font peur au régime en place, la dissolution est aussi valable. Dans un pays, digne de ce nom, pour une bonne santé politique, l’Etat subventionne les partis politiques quels que soient leurs courants. Il retient quelques grandes formations, et les finance pour la santé politique du pays. Mais cela n’empêche l’existance des micro-partis et Des partis moins majoritaires. Mais la décision du ministre de l’intérieur, suite au projet de loi de 2013, prend la forme d’un enfant capricieux qui possède un ballon et devant ses camarades, choisit les bons joueurs pour former son équipe…

« La foutaise »

Les partis qui ne sont pas reconnus, n’ont-ils pas droit de présenter des candidats ou de faire des réunions politiques ? Ils n’ont pas droit de proposer ni de contester… ? Peine perdue du pouvoir et ses hommes. Sinon, on peut dire que c’est intention qui compte. Certes, intention de vouloir reprendre les mêmes têtes, mêmes amis, mêmes complices dans un panier (parti unique) afin de creuser profondément, conduit au ridicule. Ayant fait une vue superficielle et globale des cinq partis politiques, dits retenus, on remarque la même famille dispersée depuis belle lurette et qui veut se rassembler.

Le Schéma est ainsi : le député de l’UPDC dans le Bambao a été élu avec des voix de la CRC. Et l’alliance UPDC, RADHI et RDC lors des présidentielles, illustre. La CRC, Djuwa et Orange de même… L’envie de conserver le pouvoir, le plus longtemps possible, reste un tracas du régime en place et ses amis. On assassine la démocratie, tant pis. La priorité est de sauver ce régime, qui devrait vivre et survivre au moins dix ans et qui se dessine défaillant. Il faut donc des gardes du corps… oui l’impuissance qui se lit sous les yeux du régime de m’as-tu vu, commence à faire effet.

En 2008, la France, pays de référence chez les politiques comoriens, la Commission nationale des comptes a recensé plus de 230 partis politiques. Seuls quarante qui ont des financements publics. Il y a sans doute les grandes formations politiques qui empochent une grande somme des 75 millions d'euros, à se partager chaque année par les partis politiques. Mais cela n’empêche les autres petits partis de vivre et de naitre.

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

 

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