ELU, IL Y A SEPT MOIS, LE PRESIDENT AZALI SE VOIT TOUJOURS EN CAMPAGNE ELECTORALE

Photo: Beit-salam 

Sauf le respect qu’on doit au chef de l’Etat comorien, son allocution du nouvel an 2017, mérite quelques inventaires. Cela fait qu’on peut dresser un tableau en plan boutique. Comme ses communicants officiels et officieux, le montrent timidement à travers les réseaux sociaux, l’allocution de l’Imam Azali ne doit pas passer inaperçue. Voilà l’homme de « Fond propre ». On ne peut pas faire analyse, ligne par ligne, et on ne peut pas non plus contenir les appréciations. Oui, un discours bien dégauchi avec un apex peut-être envoûtant.

Quelques uns des points composant le discours du chef de l’Etat, ne peuvent pas passer sans interrogation. Dans son discours fleuve, le président Azali Assoumani, disait : « Je sais donc que vous faites la différence entre l’inaction et l’immobilisme du passé et notre volonté affirmée de changer ce pays et de le mettre, comme nous l’avons dit, sur les rails d’un pays émergent ». Alors, là le désespoir est complètement figé. Lorsqu’on voit un ancien chef d’Etat qui s’est retiré pendant huit ans et demi de la scène politique, et à nouveau élu, plonger dans une crise d’hommes neufs et honnêtes pour la réparation de ses ornières d’autrefois, la certitude d’un changement vers le bon sens, reste vacillante. Sinon il y a évoqué « le paiement régulier des salaires des Agents de l’Etat, sans artifice, ni aide financière extérieure ». Qui pourrait dire autrement ? En tout cas la parole du plus puissant est toujours vérité. « Fond propre ». Et si la transparence… s’invitait pour que les comoriens sachent le fond de caisse, que le régime sortant a laissé, ne serait-il pas honnête ?

« Fond propre, cette autosuffisance en vogue. »

Mais à sept mois de pouvoir, dans un pays qui ne produit rien, si ce ne sont pas les services des douanes et ceux des impôts, dont soufrent le petit peuple, ca serait quoi autrement ? « Les premières mesures que nous avons prises également, avaient pour objectif d’alléger les charges des familles comoriennes, notamment les plus modestes et les plus vulnérables.», disait encore le chef de l’Etat. Et comment avec un chômage excessif, les difficultés des familles pourraient être surmontées ? Le chef de l’Etat a parlé de la baisse de prix des denrées de première nécessité pendant la période de ramadan, dans un dialogue… Mais de qui se moque-t-on ? Lequel des comoriens ne sachant pas que cette mesure était buccale et qu’aucun respect à celle-ci par les concernés ? Les commerçants, en occurrence. Oui, les conditions tant matérielles que financières ont été allégées pour le pèlerinage. « Wa amma bin’imati rwabbika fahaddith ». Mais la vie des comoriens ne se résume pas au pèlerinage uniquement. Pour électricité, de même, personne n’en disconvient. Des efforts déployés. Sinon les sommes colossales investies dans ce chantier, viennent d’où ? C’est toujours un « fond propre ? » Et où se reposent les cinq milliards qui ont été attribués à Islam, le consul des Comores, en Tanzanie, ami du chef de l’Etat et alliées, pour l’achat des Groupes élèctrogène ?

« Et si ce ne sont pas la douane, les impôts et Comores Télécom » ?

Enfin, reconnaitre les efforts du régime précédent, serait un acte responsable. Mais si fonds propre est. Pour ce qui est de autosuffisance, le chef de l’Etat a dit : « la politique de l’assistanat et de la mendicité est terminée. Nous devons et nous pouvons montrer au monde, et sans doute à nous-mêmes et aux jeunes générations de notre pays, que nous sommes capables de construire notre destin avec nos propres moyens… ». Cela n’est pas impossible. ». Mais comment peut-on croire en cela au moment où des hommes qui ont fait la prison pour malversations, sont confiés les sociétés les plus juteuses de l’Etat ? La mise à terme de la politique d’assistanat, n’est qu’une utopie. Chasser les iraniens pour satisfaire les wahabiis afin d’attester la véracité d’une vassalité,… en dit autre.

Pour la création d’emplois, Azali a dit :« un Jeune, Un Emploi, j’y crois. Avec l’aide d’Allah et de vos invocations, je tiendrai ma promesse. Toutefois, je ne vous donnerai pas l’illusion de créer des emplois, qui ne seraient que fictifs ; je ne vous offrirai pas des emplois à ne rien faire. ». Quand les promesses de campagnes électorales, qui sortaient avec certitude et conviction du fond de la gorge, se reposent sur « si Dieu veut », se voient l’esquive et le « désespoir ». Dieu aide qui s’aide.

« Croissance sans justice, est une utopie »

Certes, le discours convenait les alléchés. Mais comment peut-on faire confiance à un homme qui a lu plus de trois pages de discours sans évoquer ne serait ce qu’en une seule ligne, la justice dont le peuple a manque ? Comment, peut-on construire avec ceux qui ont déjà détruit ? Il n’est impossible que le pays se relève, mais il faut se donner l’envie. Ce discours en mini-bilan, ressemblait bien à ses dires lors des campagnes électorales d’il y a quelques mois. Donc là, on voit toujours Azali candidat, sept mois après son investiture. En attendant le retour des vacances forcées du service de communication de la présidence… chacun des différents communicants, surtout les spécialistes en courbe, peuvent aussi nous refaire quelque régals… et le peuple les saurait gré, s’ils répondent à quelques questions, bien mentionnées sur ces lignes.

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

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