Par Said Yassine Said Ahmed

L’histoire date de 2005. Il est du devoir que chacun de nous sache que le retour du colonel Azali au pouvoir en 2016, après l’avoir quitté en 2006, n’est pas anodin. D’abord il faut cerner l’élimination d’une génération politique depuis les accords de Fomboni. Un troisième tour d’élections en 2016 qui n’a jamais connu de comptage…

« Échec protocolaire »

C’était à l’Élysées ce Lundi 22 juillet 2019, que l’intégrité territoriale des Comores a été ensevelie. Jamais cédée par les artisans de l’indépendance, donc pour cette cause, il a fallu l’élimination de cette génération en 2001. Déjà, nous devons commencer par une remarque : Tôt le matin à l’arrivée du colonel et ses hommes du « Retaj2, alias Dawedju », aucun ministre ni un préfet et n’en parlons plus son homologue, venus les accueillir. Et même ne serait ce qu'un secrétaire d’Etat du pays où il est officiellement invité. Et ça personne n’en parle. Sinon chez certains, l’essentiel est qu’ils foulent le sol français en délégation présidentielle, même s’il s’agit le président le plus contesté par la majorité écrasante de la population de son pays. Pour eux, c'est un exploit, on peut dire.

« Qu’avons-nous entendu ».

Certains inconditionnels se réjouissent de la réception du colonel à l’Élysées par Macron et même avancent une victoire. Mais quelle misère ! Chanter pour un accueil par un homologue… ? Cela prouve très bien que l’illégitimité de ce pouvoir du sinistre « Retaj2, alias Dawedju », est incontestable dans tous les cotés.

Ce dernier voyage que colonel Azali effectue en France avant la fin de son pouvoir, s’inscrit dans les annaux de l’histoire noire de notre pays. « On parle d’un accord cadre, quand les parties se concertent et rédigent le document commun, ou même ne serait-ce qu’une consultation. Mais quand il est rédigé par une partie et soumis à l’autre, de cela on parle d’une capitulation. Sous ordres du colonel Azali, président des Comores, avec les griffes de son Ministre des affaires étrangères Mohamed Souef El Amine, les Comores ont capitulé. Une capitulation dont le document a été caché aux comoriens et pourtant les élus Mahorais l’ont exposé.  

« La capitulation »

Dans la conférence de presse commune entre Macron et Azali, une question sur l’île Mayotte. « La France et les Comores, nous avons des liens historiques et géographiques… », Ceci donc parlait de l’île Mayotte et non les douze mille kilomètres qui séparent Paris de Moroni. Ce passage n’a pas causé bon ménage chez colonel Azali, même sans oser répliquer et la raison était comoriennement comorienne. Preuve est que lors de la prise de parole du président comorien, il n’a évoqué aucunement cette question. Il a fallu attendre la série de deux questions, et la réponse de Macron, insistant sur l’appartenance de l’île Mayotte à la France, que colonel Azali a demandé de compléter. « Selon les textes internationaux Mayotte est comorienne…», disait colonel Azali.

En 2005, sous Azali, l’île comorienne de Mayotte se présentait aux jeux des îles de l’océan indien… comme entité ne faisant pas partie des Comores. Le 18 juillet 2019 aux jeux des îles de l’Océan indien, Azali a assisté à un match d’ouverture entre Mayotte et le reste des Comores… sans aucun mot ni rien, mais avec fierté. Et là certains chantent de rigueur et de ténacité.

« Accord cadre ? »

Le mot idéal serait "document cadre" ou "loi cadre" et non accord cadre. Il n’est accord que lorsqu’il s’agit de deux ou plusieurs parties travaillant ensemble sur un dossier. Et que ces parties se mettent d’accord pour une signature. Mais un document rédigé par une seule partie et qu’il est soumis à la signature de l’autre… on parle de cela, « une capitulation », surtout en cette période de conflit… donc de contentieux.

A la page 3 du document cadre, ceci « L’union des Comores s’engage en particulier à déployer, dans les meilleurs délais, en partenariat avec la France, sa flottille de garde-côtes entre Anjouan et Mayotte, en vue de contrôler les mouvements en directions de Mayotte, contrôler les ateliers de fabrications des kwasa-kwasa et à démanteler ceux dont l’activité concourt à l’immigration illégale »… et là, Mayotte est abandonnée par les siens.

« Le dindon de la farce »

Mais de qui donc se moque-t-on ? Dans la conférence de presse, le colonel a dit, « Mayotte est comorienne ». Et ici dans ce document, ils signent la capitulation, selon laquelle Mayotte n'appartient plus à l'ensemble des Comores, et toute personne allant à cette île sans visa, est un clandestin. Ce passage de la troisième page du document, résume tous. Donc le mensonge en double discours est bien dévoilé et ne tient qu'à ceux qui croient.

Et le dindon de la farce ? La somme de 150 millions d’€ ne peut être déversée sans que l’opération de chasse des comoriens des autres îles poursuive chez eux à l’aide des autorités comoriennes au respect de tout ce qui est définit par ce document. Chose qui ne se fera pas.

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