Depuis la venue du colonel Assoumani au pouvoir, tout a changé, tout est démoli, tout est rasé. Mœurs, religion, us et coutumes que sais-je encore. De cela on parle d’un déclin des habitudes, en tout cas les bonnes habitudes. Quand les comoriens avaient un Etat, le jour de l’Eid, le président s’affiche avec la valeur qu’il détient ou qu’elle le couvre. Des Comoriens de conscience, notamment témoins de la vie comorienne d’autrefois. Une époque où un président s’estimait avec sa bonne posture ; corporelle, buccale, morale, gestuelle, comportementale et j’en passe. Les chefs d’Etat comoriens d’autrefois, et dignes de ce nom, priaient la prière où ils voulaient et après les poignées de main… sans aucun discours. Puis ils rentrent. Mais pour le charisme et le titre allant de soi, ils se préservaient. Et l’après-midi après la prière d’Al’ansri, le reçoit les invités à son palais, auxquels un mois, il a envoyé les cartes d’invitations, dans lesquelles, le mode d’habillement est strictement évoqué. Cette fois-ci, ces six dernières années, tout est détruit, tout est altéré. L’Etat et ses valeurs sont altérés. Colonel Assoumani prend les mosquées comme son agora pour ses campagnes en complicité de ses ulémas complices de la croissance de sa religion. Passons.

« La prière chez Assoumani et la perte d’une dignité »

Outre, certains ont déserté chez eux pour aller prier à la ville d’Assoumani. Ces indigentes de notoriété, qui s’aspirent politiciens, cadres, intellectuels, indispensables... dans nos milieux remuent boue et pavés pour le devant à la mosquée de Mitsoudjé. Ils se croient hisser avec tous les bons adjectifs du monde. Ces individus peuplent les localités comoriennes et prennent les gens du haut, parce qu'ils ont un revenu, un attelage, peut-être aussi un toit... Mais d'une richesse, ils sont dépourvus à jamais ; la richesse de l’âme, la dignité. Comment ce jour de l'Eid où tout le monde court pour s'accoler aux siens : famille, proches, ville ou village… pour partager, se rapiécer, se réjouir..., ces individus roulent précipitamment en sens inverse sous les tapis pour la prière de l’Eid à Mitsudje devant Assoumani ? Ils encouragent Assoumani à les humilier sans barème. Parmi la devise de ce jour noble, faire la prière de l'Eid chez soi.  Avec la manche pour quémander la notoriété, des hommes se bousculent, se tiennent les vestes, remplissent les bagnoles... où ont-ils, ils vont faire la prière de l'Eid chez celui qui rend difficile la vie de tout un peuple. Passons.

« L’esclavagisme consenti »

Ces individus, qui ont déserté les mosquées de chez eux, abandonné le rituel de ce jour exceptionnel, donc unique dans l’année, parce qu'ils veulent être au premier rang et paraitre aux yeux d'un président, n’ont ni dignité, ni valeur, ni mérite. Une lâcheté lisible et sans pareil. Et pourtant sont des gens qui, dans un moment étaient à l'estrade, en prenant les gens de haut. Ces gens qui ont fait la prière au coté d’un homme dont les mains sont pleines de sang et vêtues d’effets pervers et illicites, remplissent la mosquée de l'autre alors que la leur vivait leur absence. Cela n’a pas suffi. Ils sont rentrés dans des voitures pour aller serrer la main avant d'aller rendre visite leurs familles, leurs proches... qui ont tous préparé pour eux et qui les attendent à la sortie de la mosquée, des heures et des heures… En tout cas, la première dame, a pu se débrouiller en leur filant un en un quelques bombons… en guise de récompense. Un esclave sans choix est un esclave pardonnable et qu’on peut se battre pour sa liberté, mais l’individu qui fabrique son propre esclavagisme ne mérite ni respect ni empathie, donc cernons ces individus en auto-démolition.

Said Yassine Said Yassine

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