Ngazidja mérite mieux que les insultes proférées à longueur de journée par les Anjouanais même s'il faut admettre une légère amélioration par rapport aux grossièretés que les dignes admirateurs du Grand Patriote,  le très Grand Fundi ABDALLAH IBRAHIM déversaient sur les Wangazidja au plus fort de la crise séparatiste du genre "Kayiri ulala nambwa rahana ulola mwanamshe mgazidja" (Il vaut mieux coucher avec une chienne que d'épouser une Grand-comorienne). S'attaquer aux hommes politiques, qu'ils soient Grand-Comoriens, Anjouanais ou Mohéliens, coupables de mauvaise gouvernance est légitime. Par contre, aucun malheur, aucune injustice (supposée ou réelle) dont est victime l'île d'Anjouan ne peut justifier que l'on jette l'opprobre sur tous les Comoriens originaires de Ngazidja.

Les Anjouanais accusent les Grand-comoriens d'avoir réalisé tous les investissements publics sur leur île feignant d'oublier que leur île en a aussi bénéficié dont le plus coûteux, c'est-à-dire le principal port du pays, celui de Mutsamudu et que le recordman de la longévité à la magistrature suprême des Comores est ... Anjouanais. Vous l'avez deviné : il s'agit de feu Ahmed Abadallah Abderemane qui régnait aux Comores pendant un peu moins de 15 ANS (1972-1975 et 1978-1989).

Il est injuste de devoir se déplacer de son Jimlimé natal à Moroni pour une banale  démarche administrative si le problème en question pouvait bien être résolu par une institution régionale établie à Mutsamudu. Cependant, cette centralisation à outrance du pouvoir à Moroni ne constitue pas une raison pour déverser des tas d'immondices sur Ngazidja. En effet, cette centralisation est le corollaire d'une organisation politique et administrative adoptée par une bonne partie des politiciens comoriens parmi lesquels figurent des Anjouanais et inspirée du modèle jacobin français.

Il y a beaucoup plus de différences entre les Bretons, les Alsaciens, les Auvergnats, les Corses, les Basques et autres Picards qu'entre les Maorais, les Anjouanais, les Mohéliens et les Grand-Comoriens. Et pourtant c'est seulement à partir de 1982 que la patrie de nos anciens maîtres, la France, vieille nation aux traditions démocratiques bien établies, 243 fois plus étendue, 83 fois plus peuplée et profondément plus diverse a entamé son processus de décentralisation. Nous aurions pu devancer les Français dans cette entreprise de création d'une administration de proximité si à son retour au pouvoir le 13 mai 1978 un Président originaire de Ndzouani, feu Ahmed Abdallah Abderemane, n'avait pas stoppé le processus de décentralisation engagé par son prédécesseur originaire de Ngazidja feu Ali Soilihi. Avec ce dernier notre ami de Jimlimé ne se serait pas rendu à Moroni pour ses démarches administratives élémentaires. Il n'aurait même pas eu besoin de se rendre à Mutsamudu. Les autorités locales établies à Jimlimé, en l'occurrence le Mudir, auraient résolu son problème.

Les îles Comores croulent sous la misère à des degrés divers. Ngazidja s'en sort un peu mieux en raison essentiellement du fort engagement de ses habitants et de sa diaspora établie en France dans le développement  communautaire. J'invite mes compatriotes anjouanais à s'inspirer de cette belle preuve de patriotisme au lieu de tout attendre de l'Etat ... et de couvrir d'injures les Wangazidja.

Abdourahamane Cheikh Ali (Djamal).

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