Deux semaines après l'accident qui a fait 152 morts et un rescapé au large des Comores, les Comoriens sont partagés entre trois catégories bien distinctes. A entendre les uns et les autres s'exprimer devant les médias, on s'aperçoit que les préoccupations ne sont pas les mêmes entre les Comoriens de France et ceux des Comores. Entre les deux positions, un groupe marginal tente de trouver un raisonnement rationnel sur le drame.


Pour les Franco-comoriens, cet accident était prévisible, alors l'arrêt de la desserte par cette compagnie est impératif et non négociable. Ce comportement rejoint d'ailleurs la position officielle française qui, dès le début, pointe le doigt sur la compagnie « YEMENIA ». La France, oublie de mentionner que les avions de « YEMENIA » sont dans le même groupe que ceux d'Air France, à savoir la catégorie B. Elle oublie en outre qu'aucune compagnie française, n'est dans la catégorie A, des compagnies aériennes du monde. La première déclaration de D. BUSSEREAU, ministre français des transports, a mis le feu au poudre. Il a accusé l'avion accidenté, d'interdiction du territoire français depuis 2007, avant de nuancer ses propos quelques jours plus tard. Il a réitéré sa pensée, en annonçant que « YEMENIA » aura du mal à ne pas être inscrite sur la liste noire de l'UE.


Après la décision de l'UE de ne pas inscrire la compagnie yéménite sur la liste noire, la chaine de télévision française « Itélé », n'a pas manqué d'imagination. Sachant que bon nombre de Comoriens ne savent pas lire le français, elle fait défiler sur la bande info que « Yéménia » n'est pas inscrite sur la liste noire de l'UE, mais la journaliste annonce que les compagnies indonésiennes sont sorties de la liste noire, mais « Yéménia » reste. C'est une manière comme une autre de maintenir les ambigüités.


Pour les Comoriens des Comores, la préoccupation majeure, est qu'on leur rende les corps. Après l'euphorie des premiers jours, où ils ont vu venir la France, les Etats -Unis, Madagascar et l'Italie, très peu de gens comprennent que jusqu'à ce jour, les sauveteurs n'aient pas pu localiser l'avion, pour sortir les corps. La France a manqué une occasion en or, pour redorer son blason aux Comores, ternie par toutes les affaires de Bob Denard et des soupçons sur son implication dans des affaires louches, non élucidées. La population en manque d'informations avalise, les informations des chaines arabes, qui évoquent une possibilité de bavure de l'armée française.


L'hostilité à la France, classée pour quelques temps dans les brancards, ressortent. La colère reprend ses droits. Désormais, pour que la France retourne dans le cœur des Comoriens, elle ne lui reste qu'à trouver l'avion, la remonter à la surface, pour que les gens voient, s'il n'a pas été touché par un missile. Tant que les corps seront sous la mer, tant que l'avion ne sera pas relevé, la France retournera à son point de départ, celui du diable en personne. Les efforts de Sarkozy et de son gouvernement, n'auront aucun effet sur le Comorien des Comores et ce sentiment ne tardera pas à gagner ceux de France. Les Comoriens étant désormais convaincus, que l'on ne veut pas remonter l'avion pour cacher la vérité.


Le gouvernement comorien qui, n'a pas user de son droit de réserve, mais qui, dès les premières heures, a pris fait et cause, à la compagnie « Yéménia », savoure sans l'afficher, ce revirement de l'opinion. Il oublie qu'il est responsable et comptable du sort réservé à son peuple. Devant une telle incertitude, qui sait, si cela est vrai, qu'il y'a eu des manœuvres franco-israéliens dans nos eux territoriales, que les Comores ne sont pas avertis? Si cette hypothèse se vérifie, qui peut dire avec certitude, que l'avion n'a pas transporté des produits ou du matériel prohibés? La réponse à ces questions se trouve au fond de l'eau. Il revient alors aux plongeurs de découvrir la vérité pour faire la part des choses.


Quand au peuple d'en bas, qui ne demande que la vérité, pour connaître les vrais coupables s'il y en a, ou pleurer ses morts, si l'accident s'est avéré, Chaque jour qui passe, lui fait perdre un peu plus d'espoir dans ces méandres des enjeux économiques. Trop de choses sont en jeu. Un avion de fabrication française, qui a passé selon la presse française du mercredi 2 juillet, une révision technique en présence des ingénieurs d'Airbus, au mois de mai 2009, et qui a été assuré par une compagnie américaine AIG, pour 34 millions d'euros selon toujours la presse, alors, que peut valoir une cent cinquantaine de pauvres Comoriens? Rien, Des arrangements entre Grands sont fréquents, et tant mieux si les pauvres victimes se divisent, les indemnités seront faibles et la vérité sera escamotée.


Mohamed Chanfiou Mohamed.

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