Les catastrophes aériennes qui ont frappé à un mois d'intervalle, la France et les Comores, rappellent deux autres, survenues en 1968.


Dans la nuit du 29 au 30 juin 2009, les Comores ont connu la deuxième catastrophe arienne d'une compagnie civile depuis 1968. 152 personnes ont péri et une rescapée. Si l'on fait un peu le parallèle entre les deux catastrophes, c'est surtout et parce que, ce sont deux atterrissages manqués qui se sont déroulés en présence des familles des victimes venues les accueillir.


En janvier 1968, un bimoteur de type Nord N-262, à demi-réaction, en provenance de Dar Es Salam, s'est abimé en bout de piste, à l'Aéroport Moroni-Iconi. Tous les 15 passagers ont péri sauf Mme Labrosse. A l'époque, les élèves du lycée Saïd Mohamed Cheikh, qui se trouvaient non loin du lieu de l'accident, ont couru pour sauver les passagers. Mais, les gendarmes français les ont empêchés prétextant qu'ils allaient profiter pour voler leurs bagages. C'est ainsi qu'a débuté la révolte des lycéens de 1968, qui a pris tout le pays. La classe politique ayant pris conscience de l'affront, a crée les trois grandes formations politiques du pays : le parti Blanc, le parti Vert et le PASOCO.


Sept mois après ce drame comorien, la France est touchée à son tour. Un avion Air France, de type « caravelle »,  avec 95 personnes à bord,  qui assurait la liaison Nice –Ajaccio, s'est écrasé en mer.


Paradoxalement, 41 ans plus tard, la même scène avec des paramètres actualisés, se répète. La France et les Comores sont frappées au même moment par des catastrophes aériennes. Il y a un mois, la France a perdu 273 personnes dans l'Atlantique, suite au crash d'un Airbus A330 Rio-Paris, aujourd'hui, voilà que les Comores sont touchées à leur tour par le crash de l’Airbus A310 de « YEMENIA Airways » faisant 152 morts et une rescapée.


A se demander alors, si devant Dieu le tout Puissant, la France et les Comores, ne sont pas liées par des liens sacrés de "catastrophes aériennes".


A l'image de la France pour le "caravelle" de 1968, où les familles des victimes du "Caravelle" croient encore, dur comme fer, faute d'explications convaincantes, sur les raisons de l'accident, que le "Caravelle" est tombé suite à une bavure militaire française, les Comoriens sont eux aussi dans les mêmes suspicions.



Depuis peu, un journal anglais de langue arabe «  Al-Sharq Al-Awsat » fait allusion à une bavure de l'armée française, suite à des manœuvres dans la région. Il avance que l'Airbus A310 serait touché par un missile. Cette information qui est invraisemblable en raison de l'heure tardive de l'accident 1H30 heure des Comores, est malgré tout, appuyée par le témoignage d'un chauffeur de la compagnie des eaux « Karthala ». Depuis son camion, alors qu'il se trouvait sur la route Ivembéni-Ntsaouéni, à une hauteur environ 600m du lieu supposé du crash, il a vu une lumière éblouissante avant que l'avion ne tombe en mer.


Les révélations du quotidien saoudien "Al-Yom", qui affirme qu'un diplomate français en poste à Riad, a reconnu que des soldats français et israéliens manœuvraient dans la zone, mais leurs opérations se seraient achevées vingt-quatre heures avant le crash de l’A310 de la compagnie "Yemenia", ne sont pas de nature à calmer les esprits.


Face à cette angoisse nationale qui s'éternise, le mutisme des autorités politiques, judiciaires et de l'Aéroport de Hahaya, est de nature à provoquer des situations encore plus tragiques. Que dieu bénisse les Comores.


A suivre…


Mohamed Chanfiou Mohamed.

Retour à l'accueil