SOURCE: MALANGO

« Nous demandons la démission du directeur général de l’aviation civile et le ministre des transports », a lancé, Saïd Ahmed El Kabir, un membre du collectif des familles des victimes, du haut de la tribune au palais du peuple à Moroni.


Manifestement les lendemains du deuil national de trente jours décrété par le chef de l’Etat en début du mois de juillet promettent d’être chauds. Ils étaient plus de trois cent personnes à marcher à Moroni ce jeudi pour réclamer plus de transparence dans la gestion de la crise due au crash de l’A310 de Yemenia. Ce rendez-vous est organisé par les membres du collectif des familles des victimes du crash, crée à Moroni au lendemain de cette catastrophe aérienne.

Les 181 proches des victimes
arrivés lundi dans l’archipel pour partager le deuil avec leurs familles, qui doivent repartir lundi prochain ont aussi pris part à cette marche silencieuse parti du palais du peuple pour rejoindre le centre des opérations de secours (Cosep).

Les familles des victimes du crash, déplorent la défaillance flagrante en matière de communication qui entoure ce dossier. « Depuis que nous sommes là, nous n’avons rien appris de nouveau », déplore Abdoulhamid Abdéremane, un jeune installé en France, qui a perdu sa cousine et ses quatre enfants ainsi qu’une nièce dans le crash. Il faut noter que les proches des victimes venus à bord de l’avion de la compagnie Blue line n’ont qu’une semaine à passer dans l’archipel, ils doivent repartir lundi prochain. Certains jugeant ce temps très court craignent de repartir sans avoir rien appris de plus de la part des autorités.


La réunion a été l’occasion, pour ceux qui sont aux Comores autant que pour les familles qui résident en France, de décider une coordination des actions à mener pour demander toute la lumière sur les circonstances du crash. « Nous avons besoin de coordonner nos actions. Nous luttons pour une même cause. Ainsi, nous devons avoir un seul interlocuteur. Il y a des victimes binationales dans le crash mais en réalité nous sommes tous des Comoriens », juge Bahassani, un membre du collectif des familles des victimes. Interrogé sur les interférences politiques constatées dans certaines revendications, Bahassani, tonne : « Stop, stop, ce que nous voulons c’est la vérité alors que nous ne sommes pas du tout informés ».


Les proches des victimes ont, en outre, fait savoir leur opposition à la pratique des
tests Adn sur les corps. Ils disent accepter que les 27 corps repêchés au large de la Tanzanie, dont ils exigent leur rapatriements aux Comores pour y être enterrer, subissent ce procédé uniquement pour les identifier comme étant des Comoriens. « Dans des circonstances pareilles on ne demande pas que les pièces d’identités des victimes », soutient El Kabir qui réclame « le droit à la tranquillité de nos morts ».


Ali Mirghane, le tout nouvel ambassadeur des Comores en France qui a fait le déplacement avec les familles, estime quant à lui que « les tests Adn ne doivent être utilisés que dans l’identification des corps uniquement ». Ce diplomate juge aussi que « pour pouvoir faire leur deuil les familles ont besoin d’enterrer les corps de leurs proches ».


Trois semaines après le crash, les Comoriens restent suspendus dans l’attente du repêchage des boîtes noires pour pouvoir déterminer les circonstances exactes du drame. Les autorités françaises ont annoncé l’arrivée, ce vendredi 17 juillet du navire « Beautemps Beaupré » pour cartographier la zone où pourrait se trouver l’épave de l’appareil avant qu’un un robot sous-marin intervienne pour la récupération de ces enregistreurs de vols.


Devant le manque flagrant d’information, les rumeurs et les spéculations les plus folles commencent à courir dans les rues de Moroni. Un bruit, citant une « information » d’un journal arabe édité à Londres, court depuis peu et fait état d’un missile provenant d’un bâtiment militaire français, qui aurait touché par erreur l’avion de Yemenia. L’homme de la rue qui, naturellement, n’arrive pas à faire la différence entre l’information et l’intox, commence à accréditer cette thèse.


Les autorités religieuses ont accepté que soit dite la prière de l'absent en hommage aux victimes du crash ce vendredi.

Faissoili Abdou

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