f97tfgip 1 [1]Le ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, M. Abdoulkarim Mohamed, vient de convoquer un conseil de discipline ce lundi 7 octobre pour statuer sur les cas de messieurs Anouar Djaffar Abasse et  Bourhani, deux enseignants de la faculté de droit de l’université des Comores, impliqués dans une affaire de fuite d’un sujet d’examen et de harcèlement sexuel présumé. Ce conseil de discipline va siéger longtemps après qu’un autre conseil de discipline  avait statué, le 4 mai dernier, sur les cas des étudiants impliqués dans l’affaire et à l’issus duquel des lourdes sanctions, allant de 3ans d’exclusion à une radiation à vie, ont été prononcées.

Malgré ces peines sévères requises à l’encontre des étudiants, ces deux enseignants à l’origine du scandale n’ont jamais été inquiétés. Ils étaient, au contraire, mis en congés sabbatiques. Après un simulacre de suspension administrative, ils continuaient à percevoir leurs salaires et les droits y afférents.

Si ce dossier est sorti des tiroirs, ce n’est pas dans le but de chercher la vérité  et d’établir, le cas échéant, la responsabilité de ces enseignants dans cette malheureuse affaire qui avait défrayé la chronique. La réalité est que l’université est en proie à des rivalités et une guerre d’influence entre deux camps au sommet de la hiérarchie. Il y a d’un coté, le camp du président de l’université, formé notamment de son directeur de cabinet, le chargé de mission, le directeur adjoint des ressources humaines et le vice-président, également doyen de la faculté Imam Chanfiou et poulain du président et de l’autre, le camp du secrétaire général et du directeur des ressources humaines.

Il se trouve que ces deux enseignants sont considérés comme les protégés du président de l’université et de son directeur de cabinet, et c’est le camp du secrétaire général qui a été à la manœuvre pour la convocation du conseil de discipline.

Reste que d’aucuns pensent sérieusement que la montagne accouchera d’une souris. Le camp du secrétaire général va être minoritaire au conseil. Car le conseil, présidé par le ministre de l’éducation, lui-même considéré appartenir à l’axe présidentiel, est composé, outre le secrétaire général de l’université et du directeur des ressources humaines, du président de l’université, du doyen de la faculté de droit, d’un représentant syndical et d’un enseignant.

Le fond de ce charivari est à chercher réellement dans la succession  du président de l’université. La guerre de succession est ouverte. A un an de la fin de son mandat, tout laisse penser que le  président de l’université essaie de positionner le doyen de la faculté Imam Chafiou, actuel vice-président de l’université et natif de sa région pour lui succéder. Il reste que celui-ci est un arabophone formé en Arabie saoudite qui écrit à peine le français. Sa candidature ne fera jamais l’unanimité dans une université considérée jusque-là comme un établissement d’enseignement francophone.

Toujours est-il que le secrétaire général se trouve isolé. C’est le vice-président et doyen de la faculté Imam Chanfiou qui seconde le président de l’université dans ses fonctions et qui assure son intérim lors de ses fréquents voyages. A chaque départ du président, il occupe majestueusement ses bureaux et dirige également,  d’une manière indirecte, le syndicat des enseignants de l’université par l’intermédiaire de l’actuel secrétaire, un enseignant et chef de département à la faculté Imam Chanfiou.

 

Laila Said Omar

COMORESplus

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