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Libéré de sa résidence surveillée, l’ex-général Salimou Mohamed Amiri, jouit de sa liberté depuis le 2 novembre 2012, comme nombreux comoriens l’ont sollicité. Mais juste à part cette libération, ces comoriens ont soif de vérité. Surtout sur l’affaire qui a fait du général, un bouc émissaire. Une affaire qui a tenu le peuple en haleine pendant deux ans et qui se couvre d’un épais manteau de silence de plomb depuis la libération du général, il y a neuf mois. Oui, des nombreux comoriens ont donné de la voix et de la sueur pour que Salimou Mohamed Amiri soit disculpé et libéré. Et voilà, cause gagnée depuis la matinée du vendredi 2 novembre 2012. Mais depuis cette date, des questions subsistent encore. Qui sont l’auteur et les conspirateurs du lâche assassinat du colonel Combo ? Pourquoi ce silence radio de toutes les commissions en en séries d’il y a quelques temps ? Pourquoi l’inertie de la justice comorienne ? Pourquoi les autorités politiques et religieuses s’en passent ? Pourquoi l'indifférence de la population comorienne au sujet de cette affaire ? Pourquoi l’affaire Combo est-elle devenue une "cold case" Pourquoi aucune audition, ni interpellation ni enquêtes complémentaires relancées depuis ? Les comoriens ont droit d’une dose de vérité sur cette affaire ?

 

Que sert le silence de Salim Mohamed Amiri ?

 

L’ex-général Salimou Amiri a été humilié, rétrogradé, demi de ses fonctions et mis en résidence surveillée pendant deux ans. Et même chassé, viré comme un mal propre de son logement de fonction début du mois de juillet par l’ex-ministre de l’intérieur, "ministre des désordres publics" Ahamada Abdallah. Pourquoi avec ce climat délétère les réactions deviennent feu de chaume? Que doivent comprendre les comoriens de cette situation ? Peut-on dire que Combo a été "le sacrifie rituel" du régime Sambi après Mohamed Farouk de Mitsoudje ? Si cette question surgit c’est parce qu’on voit très bien que toutes les pistes qui puissent aboutir à des réponses sont, encombres volontairement.

 

A commencer par la mort subite du docteur Assad Said Omar témoin oculaire  dans cette affaire, à l’hôtel Ravinala-Moroni, la négligence d’auditionner aucun membre du régime Sambi, en particulier le ministre de la défense de l’époque, Ibrahim Mhoumadi Sidi. Lequel confirmant en personne la thèse d’une inculpation des auteurs présumés, les officiers objets des spéculations de l’époque. Le zapping de la déclaration du Raïs Sambi depuis Dubaï, dans laquelle il affirmait connaitre la cause de l’assassinat de Combo suscite des interrogations.  Le répertoire est bien plein, mais il est absurde de clore ce recueil sans évoquer le cas de la victime de cette tempête, le général Samilou Amiri. Pourquoi autant de silence de sa part ? N’est-il pas de son devoir d’user son droit ? C’est-à-dire faire retourner la machine à l’autre sens pour éclairer la situation ? Porter plainte contre celui qui l’a enfermé à tort, en tant qu’homme du terrain, contribuer a faire éclater la vérité, faire preuve d'esprit de corps contre l'assassinat d'un frère d'arme et même  reclamer une indemnisation pour les deux ans d’injustices qu’il a subi…

 

Le dossier aux mains des juristes de l’UA

 

Que dire aussi de la communauté africaine à qui le régime en place confie le dossier via le directeur du cabinet du chef de l’Etat comorien chargé de la défense ? Depuis le mois de janvier dernier, l’affaire Combo serait confiée à des juristes internationaux, plus précisément de l’Union Africains. Les comoriens attendent quoi de l’Union Africaine de Madeira aux Comores sous Azali et de Ramtane Lamamra aux Comores sous Sambi ? N’est-ce pas le meilleur moyen d’enterrer cette affaire ? N’est-ce pas terminer les cinq ans de mandat sans tambour ni trompète ? Je crois que si. Et que va faire la population comorienne de ces mascarades politico-judiciaires, qui ne cessent d’empoisonner nos chères Comores ? Est-ce que le général Salimou Amiri aura une réaction face à ses « accusateurs à tort » pour bien justifier son innocence ou gardera t-il toujours le silence radio ? Et si le coupable de Combo n’est toujours pas trouvé, que vont faire la commission de défense du général Salimou Amiri, la commission pour la vérité sur l’assassinat de Combo, la famille et les amis de Combo… ?

 

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

 

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