395721 2632332009534 1292406297 32060779 391975569 n[1]Je ne suis pas de ceux qui peignent tout en noir les Délégations Spéciales à Ngazidja. Cette procédure a pu se mettre en place à Ndzuwani et à Mwali sans vagues. Ce dispositif vient de remplacer le provisoire par le transitoire. Ces structures viennent conditionner à l'avance les localités et les habitants à la prise en main de leur administration et de leur gestion quotidienne. La nature a horreur du vide. Cette mère nature a grandement besoin de stabilité, d'harmonie et de quiétude. Ces bonnes raisons sont-elles suffisantes pour créer cet orage sinistre à Ngazidja ? Tout ce qui n'est pas conforme n'est point naturel; il est alors déclaré artificiel et donc, spécial.

Le peule de Ngazidja aurait à gagner par ces communes, un creuset de la démocratie et non une fournaise consumant biens et personnes. Nos bleds natals ont besoin de courtoisie pour devenir des bourgades communes. Les villageois, fiers que nous sommes, avec nos carrés et manières particuliers, deviendrions des citadins généreux et altruistes si nous étions mieux informés et bien accompagnés dans la procédure. Nos terres sous lesquelles nos placentas et bouts de zizi circoncis sont enfouis, nous les communierions avec d'autres au gré, s'il nous était induit de choisir.

 

Un Chef lieu dans tout cela, ne se décrète pas, comme jadis nos places publiques et nos mausolées. Ce sont des lieux chargés de symboles et d'histoire. Seuls les occupants originaires maîtrisent cette science des critères de choix. Seule la concertation prévaut en pareille circonstance. Ce n'est pas notre État et son mode de gestion sociopolitique qui me contrediront; le pays où nous arrivons souvent à mettre de côté des lois pour admettre des consensus. Le chez-nous, où consensus devient habituellement approbatif devant un acquis de droit. Cette consensus est d'autant plus plausible dans le cas précis des Délégations  Spéciales, du moment que celles-ci ne s'appuient  point sur une loi. 

Observons-nous le droit ou le compromis ?

Un maire n'est rien d'autre qu'un Délégué Spécial, mandaté démocratiquement par la Commune. Quand il n'est pas élu par le peuple mais nommé par une autorité, il n'est autre qu'un commis administratif, appelé à être remplacé à souhait par cette même autorité pour un autre commis. Les autorités précédentes du pays ont déblayé le terrain pour arriver à bien asseoir le dispositif communal sans affrontements. Pourquoi ne pas continuer à herser au lieu de se hâter, avec le risque couru de réveiller les vieux démons, difficile à rendormir dès qu'ils se mettent à gémir ?

Une loi est toujours perçue comme une palissade par le peuple et c'est un devoir pour l'autorité de la faire appliquer, quitte à user la force publique pour cela. Entendez bien que c'est quand il s'agit d'une loi. Ce qui n'est pas applicable pour une palliative administrative à visées politiciennes. Mais tout compte fait, si les équipes municipales nommées sont transitoires, est-il nécessaire d'employer tout ce forcing, ce tapage et cette mobilisation pour installer des instances éphémères ou plutôt comme dira l'autre, ces maires transitoires sont appelés à perdurer dans leurs missions inavouées, puisque les autorités ont prévu d'oublier à mettre en place les élections municipales dans les temps pressentis ? En vérité, il n'y avait pas d’urgence à mettre en place à la hâte ces Délégations Spéciales, dans des contrées relativement favorables mais pas encore conventionnées. «Rien ne sert de courir, il faut partir à point». Dira madame Tortue bien au repos à un monsieur Lièvre très essoufflé.

Said MZE DAFINE

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