IMAG0071Le pays allait mal, le pays va mal. Mais est-il possible de faire en sorte que le pays n’aille plus mal dans les années à venir ? Cela dépend de la population et des dirigeants, même si ces derniers entassent des colonnes de malfaisance… depuis que les Comores sont un Etat.

Le soulèvement populaire demandé par un des élus de la mouvance, en accord avec nos confrères des médias, ce vendredi 14 juin 2013 à Moroni, a échoué. Les comoriens doivent se rallier et faire recourt à la méditation. Oui, le peuple a droit de se soulever. Mais de quelle manière ? Mais avec quelle forme ? On doit savoir que le vent de haine agencé par le député Fatah et ses amis de medias est né du dégout de la perte des privilèges abusés… Oui la population a le droit d’avoir un ressentiment légitime envers le régime en place. Surtout que rien ne va pour ce régime que Fatah a aidé à faire élire.

Alors, peut-on parler d’un mouvement de contestation ? Oui. Ce sont les mots idéaux. Dans un Etat de droit comme le nôtre, la population a le doit de s’indigner. Mais sans affrontements violents ni débordement anarchique, car s’indigner n’est pas transformer la démocratie en anarchie. S’indigner n’est pas dresser les uns contre les autres.

Il ne faut pas oublier qu’il y avait une assemblée sous le régime d’Ahmed Abdallah Sambi et Fatahou y siégeait. Et personne ne l’a entendu dénoncer les laisser-aller, les détournements de fonds publics, les projets non réalisés, les assassinats comme ceux de Mohamed Farouk et du Lieutenant colonel Combo. L’actuel vice-président en charge de finances, Mohamed Ali Soilih alias Mamadou était également ministre de finance, et Fatah ne pipait aucun mot pour dénoncer la précarité des fonctionnaires et les impayés de salaires.  Un peu d’honnêteté, s’il vous plait !

Et si on réfléchissait comme il faut.

A des priorités, nos politiques doivent réfléchir : comment on peut offrir à nos enfants une éducation et un enseignement meilleurs. Comment offrir à tout comorien un soin médical. Comment  pérenniser le paiement régulier des salaires. Comment notre service d’immigration doit avoir sa dignité… comment ne pas ruiner les comoriens de l’étranger  par l’abonnement de la TNC, plus cher que partout dans le monde… Le député Fatah doit se réconcilier avec l’histoire. Il a eu ce qu’il voulait, la médiatisation. Maintenant c’est le tour du peuple. 

Nos blogs, parmi lesquels des machines de la haine, du chaos et du désordre…, doivent se comporter en responsable. La liberté léguée aux médias privés par la fuite d’une véritable et sérieuse communication nationale doit être usée d’une façon responsable. Informer, former, éduquer et même polémiquer pourquoi pas ? Parler de vérité, c’est une bonne chose. Et toutes les vérités sont bonnes à dire. Donc, nos blogs doivent différencier critiques, analyses et malhonnêteté, insultes et outrances. Nos élus, nos diplomates… doivent savoir que l’immunité dont ils disposent, n’est pas un tremplin vers les outrances, les malversations, les provocations… 

L’indignation commence par une démission

Enfin, que dire du député Farouk Mhadjou ? Après avoir lu l’article du quotidien La Gazette des Comores du vendredi 14 juin 2013, j’ai souligné ce passage: « Il est inimaginable qu’un commissaire de son état ignore la constitution de son pays », l’amer a trouvé asile dans ma conscience. Qui peut s’imaginer qu’une assemblée nationale, disposant de droit, des hommes d’esprit… peut héberger un quidam comme Farouk en qualité d’élu ? Si des excuses au peuple sont demandées au député Fatah, il y a pire. Comment le pays ne peut aller ainsi ? Un député, repêché depuis le rang de conseiller de l’île de Ngazidja, sous le patronat du gouverneur Mouigni Baraka, pour l’hémicycle nationale, qualifie de novice celui qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. « Il devait comprendre qu’un gouverneur n’a pas cette compétence n’en parlons pas un commissaire ». Disait le député Farouk. Et rien que ce passage, traduit la déloyauté qui bourre l’Assemblée nationale comorienne. Comment donc pourrait-il réagir autrement et sereinement ? De l’eau qui va à la rivière, sans doute. Messieurs les députés, si un régime est bourré des irrégularités, on se met à l’écart pour l’offenser. Donc, vos démissions seront un acte citoyen.

Député, Antoissi, votre cours de droit, gardez-le pour vous. Car ce n’est pas le commissaire Mohamed Soulé qui doit ordonner la levée de l’immunité parlementaire. Il s’est simplement indigné comme n’importe quel citoyen contre les propos tenus par cet élu de la République qui crache sur sa propre soupe. Avoir confondu ordre et suggestion, je crois que il y a tort, et c’est ce qui a fait dérailler le train de Farouk Mhadjou.   

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus  

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