255537 422145534511764 442144924 nIl suffit de visiter les ruelles des villes et villages de l’archipel pour constater l’impensable. Des vieux, des jeunes, des moins jeunes consomment librement et sans retenu de la drogue, de l’alcool…et autres formes d’ulevi très dangereux. La banalisation croissante de ces produits en milieu festif et autres…commence à inquiéter plus d’un. C’est un fléau qui frappe presque toutes les classes sociales et qui fait une percée chez les adolescents ces derniers temps. Les parents, désemparés et impuissants, face à cette situation n’ont hélas que d’yeux pour pleurer. L’espoir de voir un jour une éventuelle éradication du phénomène, s’évapore au jour le jour. Pourtant l’arrivée au pouvoir d’Al-ulama Sambi donnait une lueur d’espoir, de voir une réglementation des points de vente de l’alcool sur les îles. Une réglementation qui protégerait surtout les jeunes.

 

Quel constat qu’on peut faire ?

 

Aujourd’hui le constat est amer. L’alcool est vendu à la cuillère, la drogue est accessible de partout, et on se demande d’où transitent ces produits ? Une partie de la drogue et de l’alcool consommés passe par les mailles des filets kilométriques de la douane, mais aussi l’apport local n’est pas négligeable. Le cannabis, le voroga, le chilali… sont plantés puis consommés sur place. Une pratique, normalement illégale, mais qui échappe à tout contrôle. Cette passivité face aux trafiquants, favorise l’expansion des produits stupéfiants qui plonge la jeunesse dans les tentations les plus folles. Ces dernières années, on enregistre une augmentation si forte de la consommation, non seulement aux personnes habituellement usagères mais surtout à une classe majoritairement jeune.

 

Comment ont prend le premier goût ?

 

En effet, on a constaté que le premier joint ou la première calebasse de voroga sont pris par simple curiosité. Une stupidité pour se montrer capable de faire comme lambda ou apparaître plus fort que l’autre. Plus grave encore, certaines personnes pensent que la drogue ou l’alcool sont un moyen d’intégration. Erreur ! Car, refuser un verre ou un joint ne traduit guère qu’on est une poule mouillée. Bien au contraire, c’est en abandonnant ses principes, qu’on perd sa valeur sociale et qu’on met sa santé en péril.

 

La connivence de nos politiques, parfume tous les jours l’atmosphère des jeunes. La propagation des points de vente de l’alcool et de la drogue dans les rues de l’archipel, est un signal idéal pour attirer les plus fragiles à faire le pas vers le « ulevi ». Un terrain très dangereux qui laisse des séquelles à ceux et celles qui l’ont franchi. La dépendance, les échecs sociaux et scolaires…, sont les conséquences potentielles de la drogue. Des conséquences visibles ! Mais silence ! Faisons semblant de ne rien savoir.

 

Un terrain, bien miné

 

Un air de désolation semble gagner du terrain. Aujourd’hui on ne sait vraiment pas qui pourra nous sortir de là. Car l’implication de certains agents de l’Etat dans des trafiques de stupéfiant, montre à quel stade on est arrivé. A l’instar des gardiens de la paix qui ont facilité l’entrée du cannabis à la maison d’arrêt de Moroni. Surprenant encore, un détenu a eu le culot de planter de la drogue dans la cours même de la prison. Un geste provocateur, qui devait attirer l’attention des autorités, hélas. Cet acte suscite des réactions, et on se demande sur qui doit-on compter ? La question de l’alcool est, dans presque tous les pays, sensible. Eradiquer ce fléau n’est pas une mince affaire. Il faut que les responsables politiques fassent un barrage à cela avant que le pire ne se produise. Une politique intelligente et concrète, contre la drogue et l’alcool, est toujours attendue avec impatience.

 

Prévenir est idéal

 

Le meilleur combat face à ce phénomène, reste la prévention. L’usage de la force contre les producteurs de voroga ne servira à rien. Il serait judicieux de prendre le taureau par les cornes. Un programme d’information doit être intégré au primaire et au collège. Jusqu’à la classe de 5ème, il caractérise l’âge où les enfants écoutent religieusement leurs professeurs ainsi que leurs parents. Idéal, pour faire passer le message et avertir les jeunes aux conséquences de la drogue et de l’alcool. Si l’Etat laisse stagner cette triste situation dans les rues de l’archipel, il doit se préparer pour construire des centres psychiatriques dans les années à venir.

 

Abdou Radjabou

COMORESplus

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