Peut-on dire d’Ikoni, une ville livrée à des voyous ou abandonnée à elle-même ? Peut-on dire d’Ikoni, ville malaimée de l’île ou victime d'un règlement de compte des associés datant ? Peut-on dire d’Ikoni, ville sacrifiée ou frappée par une malédiction de ses ancêtres ? « Hena ya hundra ndeleo, haishia ya i’mbiwa ». Alors nos mères, nos pères… et leurs semblables nous ont dit, donc nous ont éduqués. Ils nous ont parlé d’une Ikoni d’autrefois, bien administrée.

Il était une fois, une Ikoni qui vit naitre et bercer Djumbe mambwe wa nguu, Mlanau waAziri, Madi wa Aziri, Mwinyi-mdji wa nvundza mpanga, Mbamba wa Madi mbamba. Il était une fois, une Ikoni qui vit naitre et bercer, Hamada Bako, Djumbamba mlanyama, Nau, Mna buna. Il était une fois, une Ikoni qui vit naitre et bercer Fatima Karibangwe, Sindza hamu, Mari shando, koko Ta’niss, Mdja hwema. Il était une fois, une Ikoni qui vitnaitre et bercer Hamada Habakari, Fumma wa Saidu, Mwandze wa Inazi. Il était une fois,une Ikoni qui vit naitre et bercer Bwana Hazir, Mbalia mna budugali, Mbambauma mwinyimambo, Mbae wa Assoumani, Abdallah Djumbe. Il était une fois, une Ikoni qui vit naitreet bercer Mwinyi oussein, Said Bahassane, Abdou Said Bakari. Et c’est à Ikoni où se repose Sharif Ahmed Twairani, ancêtre de la lignée masharifs de Ngazidja, depuis Hadharmot.

Une unité qui a fait la force 

Une Ikoni vainqueur de plusieurs guerres ; comme celle de Mna dzwanyongo, de mihambani, de Manda-djuu. Cette Ikoni fut au secours de plusieurs localités. Ikoni combattit la razzia malgache à Sima mbwani, à Shindini, à Mtsamdu ya washili. Ikoni gagna la bataille de Nkuoni. Autre tournure, Ikoni perdit la guerre de Didi-mnungu à cause des manœuvres politiques, donc une guerre qui opposa père et fils. Mouigni mkuu et son fils Mmadi bin Sultwan, tous deux, maîtres de Kapviri-djewe de l’époque. Ikoni fut envahie par les malgaches et beaucoup de captifs, c’est à cause d’un voisin, au nom de Mbeshezi kumanda. C’est lui qui a indiqué aux malgaches le chemin pour se diriger ho nguuni. Ikoni fut décimée par Ali Soilihi et le commando mwassi avec des manœuvres politiques qui n'ont pas épargné des enfants ikoniens. L’histoire nous le dira. Depuis, donc, Ikoni est devenue vulnérable. Mais quelques rescapés de l’histoire, nos anciens ont pu jusqu’à un certain temps, préserver la dignité et la notoriété de cette ville depuis l’aube, héroïne. L’ère wana malaupe, l’ère wana nvundze, l’ère wa magora, l’ère wa makotri. Ces ères furent la lumière d’une Ikoni rayonnante.

A l’aide des enfants de la cité, on tue la cité

Cependant, constatant la vulnérabilité spontanée de cette ville, rendue par les siens, les autorités du pays, se la partagent comme un gâteau. Par cupidité, quelques natifs d’Ikoni utilisent cette ville à des fins personnelles au détriment de l’intérêt général. L’évènement des jeunes braves, dont le comité de sept, aux années 70, le massacre d’Ikoni le 18 Mars 1978, les nuits des émeutes du 23/24 décembre 2012 et du 26 janvier 2013. Tout cela au bénéfice des autorités politiques de près et, ou de loin.

Et le présent ?

Des enfants d’Ikoni coupables d’une affaire de destruction, et mis en prison. Leurs commanditaires jouissent à jamais de liberté car, ils bénéficient de la protection des hommes du régime. Et de cela personne n’en parle. Il y a quelques temps, le Vice-président Mr Mamadou a affirmé devant des ikoniens parmi lesquels la Maire de la commune avoir empêché des mandats d’amené contre des commanditaires présumés sur l’affaire des nuits noires d’Ikoni. Conseiller municipal qu’il est, Mamadou, représente en même temps cette commune susdite. Mais le hic est que Mme le Maire ne s’est aucunement manifestée contre cette insensibilité. Sans efforts des autorités et locales et nationales, les mères des enfants en prison, ont pu pousser pour la ténue d’un procès. Une mascarade de procès a eu lieu. Mais face à ce procès déraisonnable, la municipalité se montrait de marbre. Une sécurité à nouveau en péril.

Par la suite, des évasions de « Le Moroni II ». Et madame la Maire, et ses conseillers municipaux, et les autorités locales croisent les évadés, matin et soir à Ikoni mais aucune irritation ni réaction leurs. Normal. Voilà avec l’aide des autorités judiciaires et la complicité silencieuse des ikoniens notamment la municipalité, ces évadés de « Le Moroni II », et leurs complices dont des commanditaires convergent en association de criminels à Ikoni.

On a réussi à diviser la ville.

Sans doute, Ikoni est divisée en trois factions, en trois clans dévastateurs. Il est donc si écœurant d’accueillir les discours hypocrites de nos pères, de certains de nos frères et nos grands, à savoir les intellectuels ikoniens sur la situation actuelle qui ne cesse d’enfoncer la ville dans l’abime. Les trois clans : Le clan de Mamadou dans lequel depuis la naissance du litige d’Ikoni se trouve des autoproclamés neutres, des partisans de l’ancienne mairie, une raffinerie lourde que le fioul, dont walozi et wandrwa ntsi. Ensuite, le clan Boléro dans lequel quelques membres de la nouvelle municipalité, quelques notables, exclusivement de wandrwa ntsi. Ces deux factions roulent pour que la ville d’Ikoni soit fieffée par le GOUROU de chacun des deux clans. Pour qu’on comprenne comment agissent ces factions, il faut observer les relations entre le vice-président Mamadou et Boléro au sein du régime Ikililou. Mais la position la plus curieuse est celle de Mme la Maire de la commune de Bambao ya Mbwani, qui elle aussi n’adopte pas le sommeil de l’huile de coco.

Le conflit d’Ikoni est pris pour alibi, dans le but de remplir les urnes lors des législatives et des municipalités de 2014 ainsi que des présidentielles de 2016. Il y a enfin, le clan Sako, qui ne roule qu’avec la « tune », soit en nature, soit en magot. Celui-ci, s’est en général basé au quartier mtsambu ntsini, où le Procureur Général, s’est taillé une très bonne relation. Voilà, en général, la situation qui règne à Ikoni.

Tous les enfants ikoniens, veillés et dont la pensée et l’esprit sont plongés dans la situation actuelle à d’Ikoni, ne sont pas sans savoir comment se manient ces camarillas. Leurs intensions, les intérêts leur rajoutant à ceux-là, la terre de Maluzini serait bien servie en gâteau à certains hommes du palais de justice de Moroni. Donc source de tourbillon dans l’affaire d’Ikoni, notamment au palais de justice de Moroni.

Et si chacun réfléchit dans son camp ?

Comment, des hommes de mauvaise foi, peuvent jouer l’entremise pour une réconciliation ? Comment une réconciliation peut se trouver dans un coffre de mensonge et de ruse ? Ô voleurs de rêves, usurpateurs de dignité, tricheurs de notoriété, les manèges, les calculs politiques… ont tué la paix qui venait de naitre à Ikoni. J’ai dit bien paix. Pas réunification. La réconciliation est conçue précoce. Il n’est pas encore temps. Sans avoir reconnu la faute et les raisons, la réconciliation ne peut se faire. Mais qui peut pardonner qui ? Il est temps de prendre au sérieux le conflit d’Ikoni. Il est temps de nous dissocier des faux semblants. La neutralité doit prendre congé de nous. Si on n’admet pas qu’il y a un conflit à Ikoni, si on n’admet pas que les ikoniens s’entredéchirent, si on n’admet pas qu’Ikoni se divise, si on n’admet pas que la situation est grave, il n’y aura jamais de paix, car qui veut la paix reconnait le conflit. Je n’aime pas le conflit mais je l’accepte pour avoir la paix.

Dans ces conditions, il n’est pas trop tard pour nous dire la vérité en face, pour reconnaitre les erreurs. Ce n’est pas une division des « zifaya za anda na mila » qui traduit la douleur de la séparation de Walozi et wandrwa ntsi. Depuis la création de notre ville, ces instruments n’ont jamais été partagés en commun. Donc, ne soyons pas dupes ni rusés. Certainement sans l’aide de ces soi-disant autorités politiques qui cautionnent la division, prenons la table. Disons-nous la vérité en face « Mlozi et Mrdwantsi », une fois pour toute. Sans cela, les cages ne seront jamais un salon. On est des frères mais, comment pouvons-nous vivre sans que nous nous disions la vérité en face. Et si nous nous parlions, et si chacun de nous reconnaissait ses erreurs… il y aurait une autre nuit, nommée la nuit du 02 août 2014 ? Y’ aurait-il aussi une manipulation pour une nouvelle déstabilisation ? En vérité nous nous donnons le temps de réfléchir, pourquoi tout cela ? Je doute fort. Traite-moi comme tu veux, mais fais-le en face mais non dans la clandestinité. Comme ça je saurai comment te répondre et on va cicatriser la plaie…

SAID YASSINE Said Ahmed

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