3217947999 1 4 JvrX8wuE[1]Parler de « restauration » dans une république bananière, peut paraitre anodin, mais au point où le pays se trouve, l’exemple français, devient une évidence. Examinons le statut actuel de la république sans tabou. L’Union Européenne et les Emirats arabes Unis auxquels nous avons imité le système de la tournante, elle s’effectue avec le budget de la présidence de l’état ou du sultanat dont revient la charge. Les pouvoirs sont limités aux missions régaliennes de premiers chefs. Aux Comores, c’est tout le contraire.

La tournante comorienne a fait émerger une classe de dirigeants apolitiques sans scrupules, qui n’ont de compte à rendre à personne. Ils pillent pour la durée de la mandature, si ils ne l prolongent pas, désignent leur successeur pour se prémunir de toutes poursuites. Ainsi vont les Comores.

La déclaration sur l’ORTC du directeur de cabinet en charge de la défense, au sujet de la question mahoraise, vient de surcroit, prouver si besoin était, que les connaissances minimums pour un dirigeant du pays, ne sont pas acquises. Comment comprendre, qu’un ministre de la république, ignore au plus haut point, la notion élémentaire de l’origine de la crise qui paralyse le pays depuis son accession à la souveraineté nationale ?

La décision du transfert de la capitale de Dzaoudzi à Moroni, a été prise avant même que les Comores ne soient détachées de Madagascar et en l’absence du Dr Saïd Mohamed Cheikh. Elle a été votée lors d’une assemblée tenue à Dzaoudzi, sous la présidence du Résident, chef du territoire, un français donc, assisté du vice-chef du territoire : Mohamed Ahmed. Tous les élus des circonscriptions comoriennes, mahorais compris, ont voté pour ce transfert.

L’exécution de la décision, en raison des conséquences budgétaires, est certes, intervenue après le détachement des Comores de Madagascar, et son accession au statut d’autonomie interne. Que le Dr Saïd Mohamed Cheikh, soit élu Premier chef de gouvernement, et se trouve par voie de conséquence exécuteur de cette décision, ne lui confère en rien, la responsabilité du choix de la France et des élus comoriens. S’il y avait un reproche à lui faire, ça serait son soutien à l’élection de Marcel Henry, comme conseiller économique, contre Ahmed Soilihi. Tout en laissant aux historiens les soins d’analyser, les conséquences de cet acte, il est quand même permis de penser que cette désignation a ouvert à Marcel Henry, les portes des prédateurs parisiens de l’esprit colonial. Cette carence intellectuelle,  de dirigeants comoriens, démontrent que les « Gargantuas » de littérature coloniale, pour reprendre les termes aiguisés, d’un spécialiste en la matière, est la marque de fabrique de ceux qui sont en charge de la direction du pays, depuis l’instauration de ce système en 2002.

En cette heure où les yeux des politiques sont braqués sur 2016, pour assister impuissant à un transfert de compétences entre bandes organisées inter-îles, à moins que cette fois-ci, le peuple décide de mener une bataille rangée entre clan du système et détermination pour le changement, l’ouverture de l’esprit à l’expérience acquise dans les pays développés, serait d’une grande nécessité pour le pays.

Que serait la France du 21è siècle, sans son code pénal, sans ses Universités, sans son école Polytechnique et j’en passe…? Toutes ces avancées sont bel et bien des acquis de la Restauration.

La démocratie à la comorienne, tout le monde connait. Un Président usurpateur, comme on le vit, puisque tous les observateurs indépendants, l’ont constaté son échec aux élections, un pays sans drapeau légal, comme on le vit depuis 2002, la constitution ayant donné une définition qui n’est celle du drapeau en vigeur, une constitution modifiée au bon vouloir des dirigeants, à l’exemple du rajout par Azali d’un article 27, après le référendum, pour s’octroyer la possibilité de légiférer par ordonnance, alors que le texte soumis à référendum, comportant les signatures des membres du comités de suivi, ne contient pas cet article ; La prolongation du mandat présidentiel par Ahmed Abdallah SAMBI, comme celle de la prolongation du mandat des députés sous IKILILOU, sont là pour prouver cette mascarade de démocratie.

Pour sortir de cet imbroglio, une restauration à la comorienne, est bien plus que nécessaire. Il s’agit bien d’un concept qui doit faire renaître l’amour à la patrie, l’attachement aux valeurs régaliennes, comme les frontières, l’intérêt national, la solidarité nationale, la justice sociale, la contribution équitable aux efforts de redressement du pays, pour mettre fin à la mendicité étatique et donner un nouveau souffle inspiré des valeurs universelles des états souverains. Cette restauration devait ouvrir une période de temporisation et de recadrage de la vie politique.

Certes, ces efforts vont demander des sacrifices sans limites, à commencer par une restructuration en profondeur de notre système de défense nationale, de notre système éducatif, de notre organisation administratif. Le devoir de chacun de nous, dans l’effort, doit se compenser par une amélioration du  quotidien.

C’est par cette voie, qui fait abstraction aux intérêts égoïstes, qui ont conduit le pays au désastre et à l’instabilité permanente, ouvrant la voie aux rapaces de tout pays, à se partager nos maigres ressources, tuant dans l’œuf tout esprit de cohorte national et de développement durable, qu’une solution durable peut se trouver.

Les Français, sont passés par là. A la fin de la seconde mondiale, faute d’avoir eu les moyens de la Russie pour se libérer, ils ont attendu les Alliés pour les sortir de l’occupation. Au lendemain de la victoire sur les Nazis, ils se sont reconnus sur un héros : le Général DEGAULLE. Malgré le refus des Alliés de l’accueillir à la conférence de Yalta, il est resté et demeure l’exemple d’un héroïsme sans commune mesure. Les Historiens sont allés jusqu’à lui confectionner un discours connu sous l’appel du 18 juin, mais dont les traces n’existent nulle part. De ce choix, elle a pu sauver son siège comme membre permanent au Conseil de Sécurité, et compte aujourd’hui parmi les grandes nations.

Ce comportement est certes, contraire à notre gymnastique nationale, qui consiste à détruire, par tous les moyens, nos modèles, nos références, pour ne garder que le mercantilisme de nos valeurs, reflété par rapport au miroir des dirigeants.

Il va de l’avenir du pays, de sursoir les aprioris, sortir de cette bulle de démocratie importée, dont les acteurs n’ont ménagé chez eux, aucun effort pour trier les excès, valoriser les équilibres moraux, vecteurs de stabilité des pouvoirs, et établir des mécanismes efficaces de contrôle des pouvoirs.

La démocratie n’est pas une unité parcellaire, où l’élection truquée vient camoufler les valeurs intrinsèques de respect du droit humain, et de la volonté d’un peuple, librement exprimée. La démocratie est un tout que l’on acquiert avec le temps et l’esprit. Elle ne se décrète pas, elle s’acquiert. Oui, il faut une parenthèse, sans quoi, cette fausse démocratie conduira inéluctablement à la déchéance de ce qui reste notre patriotisme.

Paris le 09/05/2014.

MOHAMED CHANFIOU Mohamed – Paris.

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