Chronique
aliTout le monde livre le même constat à propos du régime du président Ikililou Dhoinine : la communication, qui était le point fort du mandat de son prédécesseur, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, fait gravement défaut. Même au sein du gouvernement, cette défaillance est avouée. Et pourtant, deux ans après, aucun effort n’est déployé pour tenter d’aboutir à une amélioration. Comme s’il s’agissait d’un souci moindre ou d’une fatalité. Dénigrement du régime par les révélations d’affaires- fondées ou non fondées-, impopularité de plusieurs autorités, faiblesse de l’impact de la politique du gouvernement sur l’opinion, voilà parmi les signes d’une communication gouvernementale en panne.
L’arrivée d’une nouvelle équipe ne semble pas apporter une nouvelle aire. Depuis bientôt un mois, on n’entend rien, on ne voit rien comme si tout est arrêté dans l’appareil étatique. Même durant la semaine des passations, c’est la grogne du vice-président Fouad Mohadji qui avait capté l’opinion. Hésitant, le nouveau gouvernement semble incapable de cristalliser les ambitions et attirer vers lui un capital sympathique. Et par conséquent, l’opposition a pris le dessus, mène la danse et réussit à acculer le pouvoir. Sur la toile, où des milliers des Comoriens de la diaspora s’informent régulièrement, ce sont les sites et blogs de l’opposition qui deviennent les principales sources d’information malgré un amateurisme avéré et une volonté de déstabilisation du régime notoirement affichée.
C’est la raison pour laquelle le chef de l’Etat et le gouvernement doivent très vite réagir pour éviter un effondrement du régime. Car sans forcer d’objectivité, les deux années de gouvernance du président Ikililou n’ont pas été médiocres. Le bilan n’est pas aussi négatif que l’on essaie de le caricaturer.
Certes, tout n’est pas parfait, des efforts sont plus que jamais nécessaires, mais bien des actions ont été réalisées, des projets de grande envergure sont en cours, la bonne gouvernance se met en place petit à petit.  Bref, le bilan à mi-mandat du président Ikililou est globalement positif. Il mérite d’être défendu.   D’où la nécessité d’organiser assez rapidement une stratégie de communication autour des actions et des projets du gouvernement, seul moyens de pouvoir capter l’opinion. Le marketing politique est indispensable dans le monde actuel où les signes sont aussi importants que le sens.  Le gouvernement doit comprendre qu'il est en campagne permanente, il doit communiquer tout le temps, mais aussi savoir ne rien dire pendant des situations compliquées, comme le relèvent certains spécialistes de la communication politiques. Et cela passe par une ouverture et un échange avec la société.
 
 
Ali Mmadi 
 
 
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