Depuis samedi 11 août, le commissaire à l'Education de Ngazidja et le conseiller de la circonscription électorale Moroni-Nord, respectivement Salami Mohamed et Antoy Ibrahim, ont été placés en détention provisoire à la maison d'arrêt de Moroni. Les deux autorités sont poursuivies dans le cadre de l'affaire des fraudes démantelées dans le baccalauréat 2012 dont une instruction judiciaire est diligentée par le parquet de Moroni. Selon le procureur de la République, “la comparution du commissaire à l'Education de l'île devant le magistrat instructeur est motivée par une commission rogatoire délivrée par le juge chargé du dossier”. Cependant, la décision de placement en mandat de dépôt de l'élu de la circonscription Nord de Moroni a connu une opposition de ses collègues élus de Ngazidja.

Après la sortie du conseiller du bureau du juge, accompagné de l'officier de police judiciaire chargé d'exécuter le mandant de dépôt, certains conseillers, collègue d'Antoy Ibrahim, ont enlevé ce dernier de force afin d'empêcher son placement en détention provisoire. Mais après quelques réflexions des conseillers, les élus de Ngazidja ont laissé leur collègue regagner la maison d'arrêt. Au-delà de l'acte de rébellion fait par certains conseillers de Ngazidja, le conseiller de la circonscription de Bamabo ya Mbwani 2, Mohamed Toiamou, a déclaré que “les conseillers ont jugé injuste la procédure qui s'est soldé par le placement en détention provisoire de notre collègue”. “Nous, les élus qui étions présents au tribunal, avons décidé de s'opposer à cette décision et le ramener au conseil de l'île de Ngazidja en attenant le respect de la loi statutaire de notre institution. Il y a des lois à respecter en cas de procédure engagée contre les élus bénéficiaires de l'immunité”, a-t-il insisté.

Ce dossier de fraudes au baccalauréat concerne aussi quarante-trois noms de candidats insérés sur la liste des lauréats du bac 2012 alors que l'examen était encore dans la phase de correction des épreuves écrites du premier groupe. Selon un communiqué signé par le directeur de cabinet du gouverneur de Ngazidja, “l'exécutif de l'île autonome de Ngazidja a pris des mesures préventives, notamment la suspension du commissaire à l'Education et de certains responsables du commissariat”. L'implication présumée du commissaire à l'Education de Ngazidja et du conseiller de la circonscription électorale Moroni-Nord dans cette affaire de la fraude de l'examen national vient allonger la liste des personnes mises en examen. A l'ouverture de l'information judiciaire, cinq personnes dont le directeur de l'office des examens et concours de l'île, avaient déjà été dans les mains des enquêteurs.

Mm

Source : Al-watwan

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