IMAG0054Le 2 novembre 2014, auront lieu les premiers tours des élections harmonisées (législatives, conseillers des îles et communales). Une confirmation donnée par décret présidentiel signé le 2 Août dernier par le chef de l’Etat, Ikililou Dhoinine. D’un coté des applaudissements d’autre des marmonnements. En réalité, le tangage du navire laisse beaucoup de questions. Le chef de l’Etat lui-même a annoncé que les conditions ne sont pas réunies pour la tenue de ces élections, mais il a signé le décret quand même. Avec cette ambiguïté, le doute est bien permis. Mais l’espoir fait vivre.

Listes électorales.

Le gouvernement comorien avait décidé que les listes électorales soient biométriques, alors qu’il brillait par son asthénie de sensibiliser la population... La campagne de biometrisation devant prendre fin le 25 mai dernier, n’atteignait que 70% à Moheli, 79% à Ndzuwani et 67% à Ngazidja. Ce sont les statistiques du 11 mai 2014. Après cette date, le gouvernement n’a donné aucun chiffre. Toujours dans le silence. Mais ce qui est bon à entendre chez les autorités politiques comoriennes est qu’il y aura d’élections en novembre 2014, juste pour contourner l’obstacle de la virgule.

En fait, l'Union Européenne qui a donné une promesse de 1 milliards de fc, a certifié à l’Etat comorien qu’elle ne remplira pas sa promesse si les 80% de biometrisation ne sont pas atteints. Deuxième condition, si les autres prometteurs n’honorent pas leurs promesses, donc versé leurs parts, de la somme promise.  Il est donc de la responsabilité des autorités politiques, de demander au gouvernement si la biometrisation des listes électorales a éteint le pourcentage demandé ou non. La population de même étant l’un des grands partenaires, a le droit de connaitre avec transparence cette situation.  

« Et le financement ? »

Le coût des triples élections (législatives, des conseillers et municipales) aurait été évalué par un « expert » à 2.9 milliards de francs comoriens dont 5.8 millions d'euros. Et si les partis politiques notamment de l’opposition demandent au gouvernement l’évaluation de ce budget en leur implication ?

Il y a presque trois semaines, le sommet de chefs d’Etat de la Communauté de l’Océan Indien qui se tiendrait à Moroni a été ajourné… ce sommet a coûté de fortune, donc une dépense pharaonique. Il y a ensuite, les deux milliards de fc remboursés à Amine Kalfane. Ce dernier avait avancé cette somme au vice-président en charge de finance  pour payer les fonctionnaires. Un avancement en échange de la licence unique pour commander de l’alcool. Et les députés quant à eux, ont stoppée cette attribution. Du coup Amine demande la rétribution de ses deux milliards au plus vite.

En outre, le gouvernement avait dépêché une délégation à l’île Maurice, il y a à peine deux mois. De ce voyage le gouvernement n’a obtenu que 100 millions de FC. Mais trop énigmatique. Cette somme de 100 millions, est pour financer les élections ou pour financer les préparatifs du sommet de la COI, qui se tient à Moroni très prochainement après report ? Nous devons, enfin savoir que le PNUD a promis 250.000 US$, comme contribution pour la tenue de ces élections.

Incompréhension

Le mois de juin dernier, cinq partis de l’opposition, en l’occurrence G5, avaient rencontré Mr Taaiti de l'Union Africaine au sujet de ces élections, et lui ont fait part de leurs interrogations. Mais comme le régime, ces partis ont adopté le silence… suite à cette rencontre. Après que le chef de l’Etat Ikililou Dhoinie avait montré aux chefs des partis politiques la lettre de Qatar, dont le contenu est celui-ci : « nous verrons ce que nous pourrons faire », même réponse pour l’Arabie Saoudite… rien n’est communiqué par la suite. Nous sommes à trois mois de ces élections déjà annoncées par le chef de l’Etat, moins de deux semaines de la ténue du sommet de la COI, et aucun centime de somme cherchée, c’est-à-dire les 2,9 milliards et le président semble confiant.

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

 

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