Comme à l’accoutumée la  question de Mayotte serait au menu de la rencontre entre les présidents français et comorien le 21/06/2013. Si les attentes sont fortes du côté comorien dont une partie de l’opinion est sur le qui-vive ;   une  petite rétrospection est nécessaire afin que   les chemins balisés  compromettent  à jamais l’unité des Comores.  La question de Mayotte ne date pas de 1975, mais plutôt de 1841, avec l’intermède de la période coloniale. Les rivalités pour la succession au trône d’Anjouan ont profité à la France. Le  prince Salim s’y est imposé   et en 1842 il  a reconnu la cession de Mayotte à la France pour barrer la route à ses adversaires. La déclaration de Salim constituait  une jurisprudence suivant  laquelle les Français écartaient toute revendication comorienne sur Mayotte en référence aux  coutumes successorales comoriennes.  

 Abdallah II qui a  succédé à son père dans les 1850, s’est investi pour incarner l’autorité des Comores indépendantes. Il n’a cependant pas renoncé  à Mayotte. Ainsi il a  obtenu des autorités françaises  une dérogation sur la législation du travail en faveur  des Anjouanais. Ceux-ci contractaient des engagements tri-annuels renouvelables  et avaient le droit de retourner chez eux chaque année. Tandis que leurs collègues africains s’engageaient pendant cinq ans renouvelables sans possibilité de  retourner chez eux pour rendre visite à leurs familles interdites de séjour à Mayotte.  Les  Anjouanais étaient aussi des  travailleurs saisonniers à Mayotte où ils pratiquèrent  la culture sur brulis pour eux-mêmes. Ils y restèrent le temps de la récolte  dont avec une partie  ils retournèrent à Anjouan.  D’ailleurs certains colons ont critiqué cette  dérogation  car leurs  autorités  semblaient avoir  fait trop de concession au sultan Abdallah II.  Et ils attribuaient aux Comoriens  toutes les infractions commises sur le territoire.      

Vieux qu’il était lorsqu’il signa le protectorat français en 1886, il n’a pas oublié l’occupation de Mayotte, comme source d’insécurité. Ainsi il a obtenu l’engagement de l’État français de ne pas accueillir  à Mayotte ou sur tout territoire français tout Anjouanais qui commettrait tout acte de rébellion.   

Bibliographie

A  Gevrey, « Essai sur les Comores », Pondchery, 1870.

Djoumoi Ali Madi     

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