M. Rafik ADILI

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26320 SAINT MARCEL LES VALENCE  

FRANCE  

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                            Mr le Président de l'union des Comores

                                     Docteur Ikililou DHOININE  

                                     Palais de Beit-Salam Moroni  

 

                              Paris, le 5 décembre 2013

 

Copie :

 

   - Ambassade de France aux Comores,    

   - Commission africaine des droits de l'homme et des peuples en Gambie,  

   - Consul des Etats-Unis aux Comores,  

   - Unicef aux Comores,  

   - O.I.F.,  

   - Ministre de la justice comorienne.  

   - F.i.d.h  

   - Unesco

 

Monsieur le Président de la République,

 

 

Au nom du Comité de soutien des hommes arrêtés en avril 2013, accusés de tentative de coup d’Etat et d’atteinte à la sécurité de l’État, j’ai l’honneur de vous adresser ce courrier en espérant qu’il trouve un certain intérêt dans votre démarche de moraliser et rendre plus efficace la justice comorienne, un objectif noble et louable auquel nous adhérons sans réserve.

 

Composé de Républicains convaincus et respectueux de nos institutions, notre Comité ne prétend pas connaître la vérité sur cette affaire. Son objectif est d’abord humanitaire, vue la dégradation de l’état de santé de certains détenus. Nous faisons confiance à la police, à l’armée et même à la Justice de notre pays qui s’est tant décrédibilisée ces derniers temps, pour mener les enquêtes et élucider les tenants et les aboutissants de cette affaire. Cependant, des éléments du dossier insufflent un doute raisonnable quant au bon déroulement de celle-ci.

 

Raison pour laquelle nous nous adressons à vous, avec le soutien des familles, pour vous demander, en tant que responsable de la Justice de notre pays de veiller à l’équité et aux droits inaliénables de la défense dans la procédure engagée depuis avril 2013. Et cela commence par le respect de la présomption d’innocence.

 

Toutefois, nous souhaitons attirer votre attention sur trois faits inquiétants dans cette affaire.

 

D’abord, dès le début de la procédure les institutions judiciaires ont annoncé qu’elles détiennent des preuves irréfutables et que des armes ont été saisies aux domiciles de certains accusés. Or jusqu’à présent, ces preuves n’ont pas été présentées et les avocats affirment clairement qu’elles ne figurent pas dans le dossier d’instruction. On en vient donc à nous demander ce qui maintient encore en prison ces hommes.

 

Ensuite, vous le savez mieux que quiconque, les conditions de détention dans la prison de Moroni s’apparentent à de la torture, interdite par de nombreuses conventions dont notre pays est signataire, mais surtout condamnée par notre religion, l’Islam. C’est pourquoi, il nous apparaît particulièrement injuste que des hommes soient enfermés dans cette prison pendant un laps de temps trop long pour qu’ensuite on vienne découvrir qu’ils étaient innocents, et cela pour au moins une partie d’entre eux. C’est pourquoi, nous vous demandons, en tant que premier magistrat du pays d’exiger que le procès soit engagé dès à présent ou que les accusés puissent attendre la fin de l’instruction dans leurs familles, y compris en restreignant leurs mouvements.

 

Enfin, dès l’arrestation de ces hommes, il a été dit que le cerveau de cette « tentative de coup d’État » est le français Patrick Klein, connu aux Comores pour ces activités mercenariales. Il nous est donc difficile de comprendre pourquoi un mandat international n’a pas encore été lancé par nos autorités judiciaires à l’encontre de cet homme. Pourquoi, nous n’avons même pas demandé qu’il soit entendu par des juges dans son propre pays ? Où est cette coopération entre les Comores et la France qu’on nous vante tant et depuis si longtemps ?

 

Monsieur le Président, chaque comorien a en tête le déroulement de l’instruction de l’affaire dite du « Général Salimou », les nombreuses erreurs commises par notre Justice pour qu’au final on découvre qu’on avait mis des innocents en prison. Ce procès, instrumentalisé par le régime précédant, doit nous servir d’exemple et éviter de créer des injustices supplémentaires.

 

C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous comptons sur votre soutien pour qu’un procès ait lieu le plus rapidement possible ou que les accusés puissent retourner chez eux en attendant ce procès.

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées.

 

M. Rafik ADILI

Porte-Parole

 

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