Le propre de l’homme est de toujours se poser des questions sur sa vie, sur ce qu’il est, sur ce qu’il veut devenir etc.…. J’ai comme l’impression que le cursus suivi par le comorien lambda comme moi st tout à fait autre par rapport à ceci.
1- Accepter qu’on est dans une mauvaise position. Les pays de l’Océan Indien ne sont pas riches et ne figurent ni dans le G7 et ni dans les BRICs. Mais ces pays ont des plans de développement. Ils ont des acquis qu’ils préservent, des droits qui font l’objet de surveillance et des programmes. Ils ont des territoires très bien encadrés. Que ce soit à Maurice, aux Seychelles, à Madagascar ou à la Réunion, il y a des choses qui sont acquises et qui ne font plus débat. Il y a des pratiques sous surveillance, des progrès de tout part, des objectifs fixés et poursuivis.

Dans notre pays, on a l’impression que le comorien ne demande rien, est capable de supporter tout et que sa parole est d’or. Le comorien reçoit tout dans son rêve et cela fait l’affaire des politiciens. La situation actuelle dans notre pays est de plus en plus mal. On nait à l’hôpital or l’hôpital devient une poubelle. Les agents qui connaissent ce métier s’enfuient et des « Croissant » plutôt noirs que rouge s’érigent en infirmiers, sage femmes et peut être dans certaines situations en médecins.

Quand on grandit, on va à l’école pour apprendre la vie. Cette école est tout sauf un lieu d’apprentissage de la vie. Elle est un litige entre travailleurs et pouvoir public. Elle apprend des choses aux enfants mais pas l’éducation. Elle s’appauvrit davantage car le privé lui enlève son sens. Personne ne s’en soucie, tout le monde mise sur le privé. Dans son aspect physique, l’école est très mal. Elle est sans table, sans chaise, sans tableau et sans livres. Permettez vous une virée dans une classe, cela vous donnera à réfléchir toute la nuit pour chercher à savoir qu’est ce que nous sommes réellement.

Quand on est adulte, on commence à vieillir et la maladie gagne de terrain. C’est ici où la personne cherche à aller à l’hôpital. Mais dans quel hôpital y allons-nous ? Partout sauf vers le nôtre. Des cliniques privées pullulent dans les grandes villes. Meure celui qui n’a pas d’argent et beaucoup !!!! Les moins faibles vont aller en Tanzanie, à Tananarive, en France, à Mayotte (la colonisée !!!!) ou encore à Maurice. Personne ne songe à stabiliser ces devises qui s’envolent vers d’autres terres. C’est devenu une marque de privilège d’envoyer maman à Maurice, papa à Nairobi et la femme à Paris. S’ils y meurent, ce sera un autre privilège de garder le deuil jusqu’à ce que le corps arrive, qu’il soit escorté jusqu’au village pour être enterré dans le sol natal. Devoir accompli, sentiment de grandeur et de dignité familial. Dieu a bien fait de ne pas implanter un hôpital par ici. Ce shewo n’aurait pas vu le jour, tsi djawu ????

Normalement quand on vit, on doit circuler. Il n’y pas de route, personne ne s’en soucie. On écoute les discours officiels qui nous racontent à longueur de journée que les routes sont en chantier. Tsabu néké tsidé chantier shilo hondziyani ya hwenda Mbadjini !!!! mngou nari powé neshari shahé zendeyo. Quand on vit on a besoin de s’informer. Il n’y a ni radio, ni télé parce qu’il n’y a pas d’électricité. Dans cette situation que je ne caricature pas, les comoriens trouvent les moyens d’organiser des festins, des mariages dans leurs lointains villages et d’attendre que des notables et cadres se déplacent pour s’y rendre. Voyez-vous, la situation plus que catastrophique que nous traversons ne semble pas mobiliser les comoriens. Je ne m’extraie pas de ce complot parce que je suis aussi comorien et je vis sur cette montagne d’indifférences.

Quand est ce que allons-nous accepter que nous sommes en mauvaise posture ? Sommes-nous capables de repérer nos forces et nos faiblesses pour préparer une révolte et réaliser des plans de développement ? Y a-t-il des modèles de réussite dans ce monde qui nous inspirent ? Pouvons-nous évaluer le chemin d’indépendance parcouru ? Hewé !!!!

Mohmaed Ali Mgomri

 

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