10322558 839459166081717 6074660066158593709 n[1]Dans la course aux présidentielles de 2016, la diaspora constitue pour l’ instant un cible de premier choix. Maillon essentiel, tremplin indispensable, force inépuisable, elle est hissée en voie royale vers Beit-salam. Une analyse unanimement partagée par les prétendants et leur staff. D'où les tournées orchestrées par les états-majors. C'est ainsi que depuis quelques mois l'affluence de ces "VIP" ces "touristes" d'un nouveau genre ne fléchit pas. Bien au contraire. Cette petite entreprise là ne connait pas la crise. Et à chacun sa méthode: Mahamoud Ali Mohamed (CBE), lui a choisi l'option conférence-débat pour sa tournée. Un format qui tranche avec la sempiternelle cérémonie d'adoubement habituelle. Il a privilégié les échanges et interactions avec son auditoire dans ce qu'il a considéré comme "une prise de contact".

A Lyon, première ville d'accueil, hier dimanche, le leader de l'ANC dans un style décontracté, à la "Obama", micro à la cravate, notes sur pupitre, CBE en homme d'orchestre a décliné son discours très succinct en cinq points cruciaux épousant l'actualité du pays. Ensuite il a répondu à un public très intéressé et aux questions pertinentes. Récit par les images. Il y a des cliches qui se justifient bien. La ponctualité et les Comoriens sont décidemment irréconciliables. C'est avec plus d'une demi-heure de retard que la conférence a débuté. Et on ne déroge pas à la règle. La jeune Nasserine Houbiri a de par sa récitation extraordinairement réussie du Coran dispose l'auditoire à l'écoute. Une attention maintenue par le rappel par le foundi de service.

Des mots qui venaient aisément

Apres le " rappel" place aux futilités de ce bas monde. Et c'est SAID YASSINE Said Ahmed qui est entré en scène en premier. En shikomori bien châtié comme tous les intervenants d'ailleurs, une initiative à souligner, il a commencé par lever tout quiproquo possible. "C'est en ami que je prends la parole devant pour partager l’estime et témoigner de la noblesse d’âme et du dévouement de Mahmoud pour son pays, le notre aussi." Tout en affirmant : " je suis d'un autre bord, un autre parti politique." Néanmoins, il reconnait à CBE les qualités et mérites suivantes: "Mla shahahe, mla nawandru, mwendza itikadi na upezo wamatso ya endjeza fundo la ilmu". Pas avare de bons conseils, il distille :"haba na haba udjaza mwaba, na dauzo na dauzo udjana heri" avant d'appeler à "ne pas rester dans l'invocation et l'incantation mais de réfléchir à l'avenir des Comores et à qui remettre le destin national".

Quant à Soulaimana Madihali, il a déroulé la biographie du président de l'ANC. Père de 3 enfants, 28 ans d’expériences professionnelles en France et en Allemagne dans le management, après des études universitaires à Orléans, une longévité en Europe qui lui permet de se considérer à juste titre comme "fils légitime" de la diaspora avant de décider de rentrer et investir au pays. Premier industriel de l'Union et probablement premier employeur privé le prisme économique version libérale c'est son credo.

Les cinq points essentiels

Le décor est planté. Autour du président. D'un ton posé, loin des envolées lyriques et du patriotisme de circonstance le discours est déclin en cinq points.1610021 839459662748334 5278000942603938037 n[1]                                                           1- La citoyenneté économique, une loi obtenue frauduleusement et incontrôlée et ses conséquences désastreuses. " Comment est-il possible qu'un homme ait pu 700 fois se servir d'un décret présidentiel pour fournir 700 passeports à 25000$ le passeport ? Nos institutions ne seraient-elles pas défaillantes ? "                                                                                                                                  2- "Treize ans après la tournante exacerbe le séparatisme creuse davantage la fosse avec Mayotte posant la question sur l'avenir constitutionnel du pays.                                                          3- Le rôle décisif de la diaspora: 675Millions € selon la Banque centrale tel est le montant de la contribution financière de la diaspora à l'économie locale. Un apport financier à encourager et faire fructifier localement comme le pays a besoin du retour massif de cerveaux.                                4- " Le pétrole et le gaz c'est une réalité". " La question est de savoir quel destin veut-on. A l'africain avec les guerres et la spoliation ou devenir un Qatar bis ?"                                        5- L’autonomie ou suffisance alimentaire. Pour un pays aux terres fertiles un programme d'autosuffisance alimentaire est nécessaire. Tout comme une indépendance énergétique avec l'introduction des énergies renouvelables. Et de conclure "Pour sortir le pays du marasme, de l'impasse, il faut relancer l'économie. Il est encore temps. C'est une question de volonté politique et de planification. Même si vous ne votez pas, vous avez un rôle a jouer!".

La série de questions réponses

Hassane Soilih a ouvert la séance des questions. "N'est-ce pas le tour de Mayotte? Et quelle est la place de la diaspora dans l'Union?". " Pas de tournante pour Mayotte. Les conditions n'étant pas réunies." Par contre. A Rotterdam les partis libéraux ont adopté une résolution demandant aux libéraux européens de ne pas ratifier la rupeisation de Mayotte". " Je plaide pour du pragmatisme politique et non des postures idéologiques. Parlons du développement économique de l'Union d'abord". Pour la diaspora, " il y aura un ministre de la diaspora" charge d'optimiser l'apport de la diaspora et susciter le retour des cerveaux. "Un retour sélectif". Rafik Adili a interpelé le leader de l'ANC sur le triste sort que subit les prisonniers du 20 avril visiblement accusés à tort compte tenu du dossier vide. "J'ai fait partie des huit personnalités politiques invitées chez le chargé de la défense le lendemain de la tentative. Bolero nous a certifié en compagnie du ministre de l'intérieur avoir des preuves. Je ne pouvais pas penser que ce n'était pas vrai. Je ne peux pas admettre que des mois après, il n'y a rien de fait " Et de lancer" Est-ce une affaire d'Etat comme celle de Combo ? Ou vont-ils servir de monnaie d'échange pour les élections ?" Avant de lâcher: " Il faut un soulèvement populaire". Ibrahim Saadi : "quel est le projet de l'ANC sur le problématique des étudiants comoriens en souffrance à l’étranger y compris en France" "Un fond de garantie pour soutenir les étudiants peut-être une solution". Said Ahamada: "Les Comores manquent de tout: eau courante, électricité et infrastructures, comment y remédier ?". " Des solutions existent. Ce qui manque c’est une volonté politique". " Moi j'aurai besoin du désenclavement des zones agricoles pour les exploiter" surenchérit Ahamada. "Les infrastructures doivent relever d'un plan de développement national soutenu par une volonté politique". "L'occasion de vous faire part d'un dépôt de plainte ici en France contre Colas. Elle a bénéficié de 44 Millions€ pour des travaux sans aucun appel d'offre." A Antufata de conclure sur la concrétisation de tout projet politique dans un pays où la corruption est généralisée. "20 Millions€ par an d'économie à faire" en luttant efficacement contre la corruption. Mais veut-on changer ou non ? La solution vous appartient aussi "! "A commencer par élire des députés dévoués et responsables en novembre 2014! " Enfin Chanfiou Ali Mohamed a procédé comme il est d'usage aux mots de remerciements.

BAKARI Idjabou.

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