IMAG0054Depuis des années, un conflit foncier, un domaine, au lieu-dit Maluzini, oppose la ville d’Ikoni et la capitale des Comores, Moroni. Cette terre primitive de la ville d’Ikoni, continue depuis plus de vingt ans d’être une source de conflit. Un litige qui servait souvent à l’opposition pour déstabiliser le pouvoir, depuis l’époque Said Mohamed Djohar, même si la manœuvre n’a jamais abouti. Depuis des années, ces deux villes limitrophes sont devenues des ennemies intimes, même si par hypocrisie et par peur de représailles, personne n’ose l’assumer publiquement. Une situation qui hypothèque le vivre ensemble et l’avenir des enfants de ces deux localités. L’affaire de Maluzini, n’a jamais été prise au sérieux ni par les régimes ni par les deux localités, encore moins par les hommes qui ont fait le grand mariage, autrement dit les « notables » de Ngazidja. Enfin, les députés comoriens, les membres du gouvernement et le chef de l’Etat Ikililou Dhoinine tiennent à remettre de l’huile sur le feu.

En Mai dernier, le gouvernement a remis un document qui n’avait fait l’objet d’aucun dialogue entre les localités concernées, parlant d’un fameux statut particulier aux parlementaires comoriens. Jugé injuste et contraire à l’esprit de cohésion, ce comportement irresponsable du régime Iki, a provoqué l’indignation des habitants des localités environnantes de Moroni. L’affaire devient un prétexte,  des autorités locales et politiques du pays, en langue verte des Comores « shandza sho melea ». Et même la nouvelle génération s’y met pour gagner son pain. Des personnes vipérines utilisent ce conflit pour des intérêts démagogiques et personnels. Le domaine de Maluzini, est édifié en source d’animosité entre ikoniens et moroniens. Même si personne n’ose le dire, tout le monde le sait.

« Ikoni, une ville qui est livrée à elle-même »

Les communes de deux localités n’ont pas su gérer ce problème d’une manière responsable. Quant au régime en place, il cautionne toutes tragédies dans cette affaire. La région de Bambao orpheline d’élus avec le député de Mkazi Alhadhur… est loin de rester sans transpiration au marathon. Mais que pensent ces autorités ? Mais pourquoi tant d’amateurisme et d’apathie dans ce dossier qui exige de franchise et de rigueur ? Il y a quelques jours, l’assemblée nationale a voté une loi spéciale, en catimini qui vise à rattacher l’électorat de Maluzini à Moroni-Sud. C’est une loi qui rattache ce territoire dont Ikoni antédiluvien à la capitale, ou bien une loi qui suit la théorie de Taki, qui pendant des élections législatives, a transféré Héroumbili-Hamaamet vers le Dimani pour élire un de ses candidats ? Cette deuxième hypothèse est loin d’être adoptée car la façon dont cette loi est votée n’était que suicidaire et sournoise. « La loi serait rédigée à 22h au ministère de l'intérieur, examinée en conseil des ministres à minuit et votée à l'assemblée nationale à 3h du matin… » Selon un jeune qui est loin de mentir dans cette affaire car, bien proche de quelques hommes de pouvoir.

Mais le plus ahurissant, est qu’ici, on parle de conseil de ministre, donc, devraient y être présents le directeur du cabinet chargé de la défense, Mr Madi Boléro, qui a ses inconditionnels à Ikoni, soi-disant confidents, le Vice-président en charge de l’équipement, de même qui a ses captivés… et sa femme à Ikoni, Mr Nourdine Bouhane, le vice-président en charge de finance, Sultan Mamadou 1er, ayant ses affriolés, son logis et sa famille à Ikoni. Et enfin il y a le président de l’assemblée nationale, Hamidou Bourhane, bien courtisé à Ikoni et même qui a sa place au lieu saint de la ville, pvo kapviri djewe… Ces hommes parmi les acteurs de cette loi, n’ont eu ni le courage ni l’honnêteté ni même l’hypocrisie de communiquer cette nouvelle assassine aux habitants d’Ikoni dont certains parmi eux les courtisent. Ni défendre, ni mettre au courant… mais comme les autres, en faveur de la restriction de la ville vers la capitale. Dans tout cela, y a-t-il une possibilité de changer les documents du domaine, mentionnant Maluzini-Ikoni dans des actes de vente ?

Drôle quand le président de l’assemblée nationale a dit, parait-il :« je ne suis pas au courant de cela… », et pourtant c’est sa signature qui serait figurée sur la loi votée. Usurpation ou amnésie précoce ? Si c’est le premier cas, quand-est-ce qu’on apprendra le dépôt de sa plainte pour usage de faux ? Ce qui est encore bizarre, c’est le dédouanement de pas mal de députés dans cette affaire. A chaque fois que tu demandes à un d’eux, il te répond, « je ne suis au courant de rien. » Et la municipalité dans cette affaire ? Et la commune de Bambao ya Mbwani voyant une partie de son territoire aller vers une autre commune ? C’est donc là où la solidarité doit se clarifier.

« D’abord, pourquoi Ikoni » ?

En mai dernier, les localités environnantes de la capitale, ont été touchées par cette mesure de bornage. Mais on voit bien que cette loi s’acharne contre Ikoni, et pourquoi uniquement le Sud ? Y’a-t-il une raison particulière poussant les députés des Comores et le régime d’Ikililou Dhoinine à appliquer une loi exclusive à la ville d’Ikoni ?

Etonnement ! Dans la photo de famille entre Ikililou Dhoinine et la délégation d’Ikoni, l’honnêteté a été absente car la photo a été marquée par un phénomène d’hypnose. Des visages derrière cette machination diabolique étaient présents. Comment peut-on comprendre cela ? Ces calculs électoraux, liés des intérêts démagogiques et personnels, ne cessent de martyriser la ville d’Ikoni, qui souffre de plusieurs maux. Sans doute comme il y a des enfants de Moroni qui enfoncent les clous, il y en a aussi d’Ikoni qui œuvrent pour la perdition de leur territoire par des calculs politiques et de brique. Pourtant, ils se disent patriotes. Comme, le régime tire les ficelles dans le conflit ikoni-ikonienne, l’affaire Maluzini n’échappe pas à ses pratiques. Le chef de l’Etat qui aurait dit n’avoir pas encore promulgué cette loi en attendant un dialogue entre les deux côtés, ne doit pas prendre tous les ikoniens pour des soumis. Comment peut-on organiser une discussion après un vote et une délibération en conseil de ministre ? Le chef de l’Etat peut-il avoir du respect à l’égard de cette ville et de ses habitants ?

SAID YASSINE Said Ahmed

COMORESplus

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