1618703_10200518752970974_1837687836_n.jpgMaoulana Charifou, enseignant à la faculté de droit et de sciences économiques(FDSE) de l’Université des Comores(UDC) depuis 2006, vient de soutenir une thèse de doctorat à l’Université Lille I devant un jury dirigé par M. le professeur Benoît LALLAU et composé de quatre membres dont son directeur de recherche, M. le professeur Bruno BOIDIN. L’impétrant a fait son doctorat d’économie sur l’aide publique au développement et son sujet de thèse s’intitule exactement: « L’efficacité de l'aide publique au développement aux Comores : les institutions coutumières, obstacle ou levier ». En effet, en 1991, les autorités comoriennes ont été contraintes d’appliquer les programmes de stabilisation et d’ajustement structurel (PAS) en vue de redresser les agrégats macroéconomiques du pays. Ces programmes, comme ceux d’ailleurs lancés en 2002 dans le cadre des stratégies de réduction de la pauvreté (SRP), n’ont pas produit les résultats escomptés. De même, les nouvelles conditionnalités adoptées dans le but de renforcer l’efficacité des politiques d’aide n’ont pas permis au pays de réaliser des progrès significatifs vers l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement. Face à ce constat d’échec, la thèse de Maoulana Charifou a pour objet de montrer qu’il existe un lien entre la place centrale des institutions coutumières aux Comores et l’inefficacité de l’aide publique au développement. En s’appuyant sur l’abondante littérature consacrée à l’aide, sur des rapports d’évaluation, sur des entretiens qualitatifs et sur une exploitation de données empiriques, Dr Maoulana Charifou a mis en évidence différents blocages coutumiers à l’efficacité des politiques d’aide. Il a montré plus précisément que les institutions coutumières demeurent la principale explication de l’inefficacité de l’aide aux Comores. Or, celles-ci restent largement négligées dans les stratégies de mise en œuvre des politiques d’aide utilisées par les bailleurs de fonds notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Son travail a recueilli la plus haute distinction qu’un doctorat puisse obtenir : on lui a décerné la mention très honorable avec les félicitations du jury. Le moins qu’on puisse dire est que ce travail de recherche tombe à point nommé : son apport sera certainement bénéfique à notre pays, lequel vient de recouvrer une certaine crédibilité auprès des institutions financières internationales. Félicitation docteur !

Abdou elwahab Msa Bacar

COMORESplus

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