L'entrepreneur MAMDu 2 au 3 avril 2014, s'est tenu à Bruxelles le 4 eme sommet UE-UA. 82 délégations, 40 chefs d'Etat africains dont Ikililou Dhoinine ont planché sur " Investir dans les personnes pour la prospérité et pour la paix". Par ailleurs l'UE accorde 28 Milliards d'aide pour l'exercice 2014-2020 à l'Afrique. Comoresplus vous présente l'analyse du sommet vu par le président de l'ANC Mahamoud Ali Mohamed.... C'est sans appel.

 

Les dirigeants de deux mondes EU-AFRIQUE ont estimé que « l’impact humain et social de la migration … devrait être contrecarré efficacement de manière globale ». Elle devrait être combattue « en s'attaquant aux racines du phénomène et en s'assurant, entre autres moyens, d'une politique … efficace et concertée entre les pays d’origine, de transit et de destination ».

 

Cette recommandation du 4e sommet EU-AFRIQUE qui vient juste après l’actualité sur la Crimée aurait dû constituer une perche tendue pour le président IKILILOU, pour mettre la question de Mayotte déclarée RUP sur le tapis. Il en fût malheureusement rien et nos morts du bras de mer Anjouan Mayotte étaient si silencieux qu’ils n’ont pas pu avoir à Bruxelles les mêmes réquisitoires que ceux de la Centrafrique.

 

Et pourtant il n’y a pas été fait usage de la même stratégie de la langue de bois qui a marqué les trois précédents sommets, à en voir par la feuille de route adoptée le 3 avril 2014 avec les 60 points prioritaires pour la période 2014-2017.

 

Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE et de l'Afrique se sont engagés à Bruxelles :

  • « à mener des politiques, en associant les partenaires sociaux, qui créeront des emplois et qui stimuleront une croissance compatible avec la protection de l'environnement, …».

  • « à garantir un environnement transparent, démocratique, responsable, pacifique pour ceux que nous représentons et à défendre nos valeurs et objectifs communs dans la poursuite de la bonne gouvernance, de la démocratie et de l'Etat de droit ».

 

Ce que je peux dire, notre pays est loin derrière sur bien des points référencés ci-dessus. La bonne gouvernance et l’état de droit laissent grandement à désirer. L’éducation publique et la santé sont aux oubliettes. Le bien-être des comoriens et le développement humain sont le cadet des soucis de nos dirigeants. Tout ceci pour dire que si l’obtention d’une partie des 28 milliards dédiés à l’Afrique est assujettie au respect de ces points prioritaires, nous risquons de ne pas en voir une goutte.

 

L’Union des Comores a passé, je ne sais pas comment le point d’achèvement de l’IPPTE. Mais cette grande complaisance à notre égard n’a pas encore amené les solutions pour alléger la dure vie des comoriens comme nos dirigeants nous l’avaient vendus.

 

Si notre pays veut tirer profit des engagements pris à Bruxelles, non seulement nous devrons réellement changer pour des « nouvelles Comores » mais surtout nous devons nous livrer à une stratégie que nos dirigeants ne se sont jamais habitués, un lobbying intensif au sein des différentes instances chargées de traduire en actes les nobles décisions prises lors de ce quatrième sommet.

 

Toutefois attendons de voir dans les prochains mois

  • si ces engagements se concrétisent,

  • si l’Europe s’engage dans un partenariat effectif avec l’Afrique malgré l’extrême pesanteur des procédures des institutions européennes

  • et si les pratiques que l’on nous a habitués aux Comores vont changer. Sur ce dernier point, à titre d’exemple parmi tant d’autres, je fais référence au budget que le représentant de l’UE aux Comores doit absolument dépenser pour boucher inutilement des trous sur des routes nationales

    qui doivent être entièrement refaites.

 

Moroni le 7 avril 2014

Mahamoudou Ali Mohamed

Président ANC

Retour à l'accueil