Le député ABDULFATAH se distingue par ses prises de position qui parfois stigmatisent le pouvoir en place et bien sûr les griots des régimes s’étranglent d’indignation. Il s’en est même trouvé un qui demande que le député soit jugé pour avoir exprimé ses opinions. Un comble mais dans un pays où la loi est le dernier des soucis des gouvernants, tout est permis.

ADULFATAH est un député de la mouvance présidentielle mais il refuse de se conduire en godillot, il se pose de temps en temps en défenseur du pays comme cela devrait être la règle pour tout député qui respecte sa fonction et qui dépasse l’esprit partisan et la servilité envers l’Exécutif.

Est-ce que tout va bien dans le pays ? Nous en sommes loin. Est-ce que le régime n’a pas d’actif ? Bien sûr que si. Mais la balance est de toute évidence largement négative. J’en veux pour preuve le dernier rapport du PNUD sur l’IDH (Indice de Développement Humain). Eh bien les Comores ont régressé. Nous avions un IDH de 0,429 en 2011 et nous étions 163ème, aujourd’hui nous sommes 169ème avec un IDH de 0,433.

Les épigones du régime nous chantent à satiété les routes, le point d’achèvement et la régularité des salaires dans la fonction publique. Mais ils masquent le poids de ce qu’il est convenu de désigner par la citoyenneté économique. Une manne gérée dans l’opacité la plus totale Imaginez donc que le super ministre des finances répondant à une question orale d’un député sur la gestion des fonds de la citoyenneté, a osé invoquer une clause de confidentialité qui s’appliquerait aux parlementaires, que par conséquent ces fonds ne devaient pas apparaître dans le budget de l’Etat, etc. Il a ostensiblement  et avec arrogance, piétiné la loi sur la citoyenneté économique qui avait spécifié que ces fonds devaient être gérés par une Commission qui comprendrait deux députés. Un scandale passé inaperçu et que dénonce à juste titre le député ABDULFATAH. D’où vient l’argent qui assure la régularité des salaires ? D’où viennent les fonds propres pour financer les routes ?

Quant à la fameuse lutte contre la corruption, force est de s’interroger sur son efficacité. Plusieurs scandales ont éclaté, y en a-t-il une qui a été traitée complètement jusqu’à emprisonnement et récupération des biens mal acquis ? Y a-t-il un baron d’un régime quelconque derrière les barreaux ?

S’agissant des fonctions régaliennes de l’Etat, quels sont les progrès accomplis dans l’enseignement, la santé et la sécurité ? Les AVC sont devenus par leur nombre une question de santé publique, qui s’en soucie ? Où en est ELMAROUF, ce chancre puant sur le front de l’Union des Comores ? Le flot des malades se rendant en Tanzanie, Madagascar et autres témoignent de la faillite du régime. Et ce chômage massif des jeunes qu’il n’est même pas possible de chiffrer ! Et ces assassinats non élucidés, KUVA, etc. Comment ne pas penser à cette femme violentée dont le cadavre avait été diffusé dans la presse et dont (à ma connaissance) on ignore toujours l’identité ! Peut-on alors s’étonner si les meurtres se multiplient. Le Gouverneur de Ngazidja pour couvrir l’incurie de l’Etat a cherché à l’ORTC, à indexer les témoins éventuels des crimes qui gardent le silence.

Oui le peuple doit se soulever ? Car face à tout ce qu’ils subissent, les Comoriens ont tendance à se débrouiller, à recourir au système D au lieu de s’insurger. Bien sûr que les griots vont tenter de dévoyer ces propos, de faire croire à une mise en danger de la sécurité de l’Etat. Le soulèvement dont on parle c’est l’appel au peuple pour défendre ses droits, droit à un Etat fort capable de se doter d’une administration efficiente, droit aux soins, droit à l’éducation, droit à la sécurité, droit à la démocratie, droit au progrès social.

Le député ABDULFATAH a raison et son appel mérite d’être soutenu. Le peuple doit se soulever pour changer son sort.

Idriss (13/06/2013)

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