5d4a1e57Ceux qui passent leur temps à honnir les délégations spéciales omettent de nous dire  pourquoi les anciens maires se cramponnent-ils à leurs fauteuils. Les anciens maires qui, pour beaucoup d’entre eux, sont devenus maires par auto-proclamation, par cooptation ou par acclamation si ce n’est pas par un putsch, s’érigent aujourd’hui en légalistes. Ils se retranchent derrière des arguties juridiques et prétextent l’absence d’élections communales pour vilipender les délégations spéciales mises en place par les autorités de Ngazidja. Mais les grands-comoriens ne sont pas dupes et savent pertinemment les raisons de cette opposition. Ces augustes personnes ne veulent pas lâcher leurs prébendes. Car les communes de Ngazidja, aussi modestes soient-elles, renferment une richesse importante. Les contributions de la diaspora et les rentrées financières relatives aux mariages et autres manifestations traditionnelles constituent une manne financière très importante que d’aucuns usaient et abusaient en tout impunité. Certains maires ont eu à gérer des budgets annuels de plusieurs centaines de millions de francs. L’enjeu financier est très important, alors que la gestion n’est assortie d’aucun contrôle. L’on notait une gabegie et des détournements des fonds tous azimuts. Il n’est un secret pour personne que certains maires menèrent une vie nettement au-dessus de leurs moyens et n’ont aucune réalisation concrète à leur actif malgré les moyens dont ils disposaient.

C’est quand même curieux que des maires qui œuvraient bénévolement refusent de se libérer de cette corvée. Il doit y avoir une raison. Qu’on explique aux grand-comoriens les raisons de cette obstination à vouloir à tout prix rester maire ! La réalité est que certains maires sortants redoutent beaucoup plus leur passation de pouvoir que leur propre mort. Ils savent donc que ces passations de pouvoir offrent l’occasion à la population de demander des comptes. C’est le moment des bilans financiers de leur règne. Or il n’est pas exclu que certains comptes soient vides. Force est de constater que nos communes ont été gérées dans l’opacité totale, les citoyens n’étaient pas au courant de la gestion des affaires de ces commune.

On allègue que les délégations spéciales sont illégales. On nous dit que l’article 71 de la loi statutaire de l’ile autonome de Ngazidja dispose qu’en attendant les élections communales générales, les maires investis par les autorités de l’ile, continuent à accomplir leurs missions. Mais de quels maires s’agit-il ? Ceux qui n’obéissaient à aucune logique légale et à aucune légitimité juridique et qui tiraient leur force sur des simples récépissés attestant leur existence ou ceux, nombreux, qui devaient leur existence à la légitimité ancestrale des notabilités villageoises ? De grâce, soyons sérieux une seconde, il ne pouvait s’agir que des maires investis d’une manière légale et transparente par les autorités compétentes, en l’occurrence le gouverneur de l’île.

Soyez honnêtes messieurs les maires. Dites la verité aux grand-comoriens. Dites leur que la place de maire est juteuse et qu’elle renferme des privilèges que vous ne voudriez céder pour rien au monde. Dites leur que les caisses sont vides.

ABDOU ELWAHAB MSA BACAR

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