Notre président a t-il la fibre gaullienne ou "pétainienne" ? Réponse dans quelques jours à Paris.

AAIl y a 73 ans, jour pour jour, le Général de Gaulle lançait, le 18 juin 1940, son célèbre appel à la résistance contre l’ennemi de la France. Suite à la capitulation du Maréchal Pétain et du gouvernement de Vichy, De Gaulle s’est réfugié à Londres d’où il a invité les Français à refuser la défaite et à combattre.

 

Dans son discours, le Général a dénoncé ceux qui se sont « mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat ». Il a, en outre, ajouté que malgré la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi, le dernier mot n’est pas dit, l'espérance ne doit pas disparaître, car la défaite n’est pas définitive. Il a conclue son discours par cette jolie phrase : « Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas ». Cet homme a changé la face du monde, par son courage et grâce au soutien que lui a accordé Winston Churchill. Il est entré dans l’Histoire par la grande porte, cependant que le Maréchal Pétain en est le rebut. On a vite oublié que ce dernier était le vainqueur de la "bataille de Verdun" ; seule l’image de "collabo" du régime nazi est restée dans la mémoire collective.

 

Quelques jours après l’anniversaire du "18 juin", Raïs IKI sera reçu à l’Élysée.  Sollicité ou sollicitant ? Peu importe, il y sera. Pour ma part, je pense que c’est une erreur diplomatique, mais n’étant pas du métier, je me trompe probablement. Surtout que le président est entouré par d’éminents diplomates professionnels, capables de justifier que la "visite officielle" d’un pays occupant une partie de notre territoire, est opportune … en cette période de Rupéisation de Mayotte. Comme j’ai eu à l’écrire dans un précédent article, en soit, cette visite sera perçue et utilisée comme un consentement implicite de l’État comorien à la Rupéisation de Mayotte. L’Union européenne s’en saisira pour se donner bonne conscience.

 

Raïs IKI sera sûrement exposé sur le perron de l’Élysée, face au monde. Il aura un choix (cornélien ?) à faire. Parler ou se taire ? Parler pour dire quoi ? De mon point de vue, se taire serait la pire des choses. Et comme tout ce qu’il dira sera retenu contre lui, à Moroni ou à Paris, je conseillerais au président de tenir un discours franc et sans ambigüité aucune. La comorianité de Mayotte n’est pas négociable. Notre "amie", la France, doit accepter d’ouvrir avec nous, des négociations sur les modalités pratiques et techniques du retour programmé de Mayotte dans son giron naturel, confirmé et validé par toutes les instances et organisations internationales, l’ONU, l’UA, la Ligue arabe, la Conférence Islamique, le Mouvement des Pays Non-Alignés, notamment.

Quels que soient les mots qu’il utilisera pour le dire, pourvu qu’il le dise, dans des termes claires, qui ne laisseront aucune possibilité d’interprétation contraire à l’esprit du message. En tout état de cause, à l’issue de cette visite, Ikililou en sortira soit comme le De Gaulle, soit comme le Pétain … comorien.

 

Abdou Ahmed 

Paris 

 

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