IMAG0071Plus d'un an déjà, depuis l’incarcération embarrassée embarrassante et encombrante des auteurs présumés de la tentative de coup d’état et d’assassinat contre le chef de l’Etat comorien Ikililou Dhoinine. Un an déjà depuis que l’ancien ministre de l’intérieur et de l’information du gouvernement Iki I, Ahamada Abdallah et le chef de l’Etat lui-même, ont affirmé avoir déjoué une tentative de coup d’Etat et soutenu disposer de certaines preuves. Depuis plus d'un an, Mahmoud Ahmed Abdallah, Amdjad A.Djaé, Ahamada Satoulou, Ousseine Maoulida, Toyb Maarouf,Baba Tay, Zarouky, ainsi que quelques soi-disant mercenaires africains sont incarcérés sans jugement ni rien dans la geôle de Dawedju. 

En effet, le 20 avril 2013, par les medias de l’Etat comorien, la population a appris une tentative de coup d’état, visant à renverser et assassiner le président Ikililou Dhoinine. Un dossier plein de mystère. Lors du souffle de cette affaire, le ministre de l’intérieur de l’époque, livrait quelques éléments pouvant constituer des pièces à conviction et même poussait le bouchon jusqu'à inventer une villa a Handuli comme lieu d'hébergement de ces soi-disant comploteurs. Mais après avoir constaté que la population, n'est plus dupe et commence à oublier ces montages bidons, le régime a classé toutes preuves inventées dans la vétille. Silence, on les enferme.

Rappelons très bien que l’un des avocats de la défense, Me Baco avait affirmé dans sa conférence de presse du 10/11/2013, à Paris que le directeur du cabinet à la présidence, chargé de la défense, Ahamada Madi Boléro disait ceci :« si ce n'est que Monsieur Hamada Madi Bolero, directeur de cabinet du président de l'Union en charge de la Défense, a intempestivement donné à entendre que l'instruction de cette affaire risquait de durer... ».Par réplique, le directeur du cabinet a, à son tour, démenti cette parole sur les colonnes du journal La Gazette des Comores. Mais certes, vue l’ampleur que prend la situation, cette démentie devient moins convaincante. Au moment où rien n’est avancé dans cette affaire, au moment où le chargé de la défense se dédouane royalement de cette intrigue qui devrait l’occuper, les dires de Me Baco pourraient se révéler véridiques ? Ainsi la thèse d’un faux coup d’état, devrait être privilégiée. Mais en réalité, qu’attend la défense nationale pour clarifier la situation des détenus de Dawedju ? Et ceux qui ont prétendu déjouer ce coup d’état, ne pourraient-ils pas apporter enfin les preuves ? Où se sont-ils cachés ?

Des rebondissements inquiétants

Quelques jours après la manifestation de Paris et quelques marches aux Comores, toutes pour le soutien de ces détenus, le procureur général, Soilihi Mahamoud, alias Sako, aurait renvoyé le dossier au juge d’instruction pour complément d’enquête. Autrement dit un complément d’informations auprès de la France. Sachons très bien qu’un citoyen français au nom de Patrick Clein qui séjournait pendant plusieurs années aux Comores, aurait été impliqué dans cette affaire de tentative de coup d’état. Mais bizarre. Il y a quelques temps, une enquête profonde a été menée depuis Paris, auprès des familles des inculpés qui sont en France et celles des Comores. Après achèvement, les documents ont été transmis au MIREX à Moroni, et par la suite supposés atterrir à la Présidence des Comores, mais la surprise a été plus grande. Dossiers disparus. Quelles enquêtes, peut-on aussi faire pour la véracité du fait ?  

Enfin, le 29 avril 2014, le juge d’instruction, aurait informé les prisonniers que la garde à vue est prolongée d’une autre année, sans que leurs avocats soient informés. Que peut-on dire de cette dictature ? Le peuple comorien souffrant d’un grand manque de justice ne peut continuer à élire demeure dans cette misère qui fait le bonheur des autres. Peut-on traduire cette lenteur en absence de preuves ou une peine qui rend service une partie des gouvernants ? Une patate chaude aux mains du gouvernement et dont il ne sait pas comment s’en débarrasser. Le chef de l’Etat qui est condamné a rester dans ce piège, doit comprendre que c’est lui le magistrat suprême des Comores, donc, la liberté des détenus sans preuves, serait un geste salutaire et responsable.

SAID YASSINE Said Ahmed 

COMORESplus

 

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