400264 334120876615551 95458056 nFaut-il se réjouir, en rire ou s'indigner ? En tout cas, la plainte déposée par Me Said LARIFOU contre ABDALLAH Rafick, commandant de la gendarmerie nationale suscite beaucoup de réactions. La compétence universelle, "atout magique" du Maitre comme le mode opératoire s'apparente à une manœuvre dilatoire inquiétante qu' " a la promotion de l'Etat de droit". Et le fait qu’un probable présidentiable comorien attaque l'Etat devant une juridiction étrangère pour statuer sur des affaires politiques intérieures soulève des interrogations. Les petits arrangements avec la vérité complètent le tableau d'un plan com qui fait du droit le dindon de la farce.

  " Douche écossaise pour les militants de l'Etat de droit"

Euphorie de courte durée pour les militants des droits de l'homme, à la publication du dépôt de plainte contre un grand commis de l'Etat en France. Eux qui s'imaginaient déjà les migraines de nos dirigeants à l'idée de séjourner dans l'hexagone avec les casseroles que certains trainent et que d'autres ne rêvent que de les voir séjourner en prison au frais de la princesses. Enfin " une démarche salutaire pour la promotion de l'Etat de droit" a déclare Me Baco et repris en chœur par les droits de l'hommiste.

Malgré le scepticisme collectif ambiant, on leur aurait accordé le bénéfice du doute. Mais hélas, tout le monde a pris une douche écossaise, très froide, suffisante pour remettre les neurones en place. Surtout en découvrant l'objet de la saisine, ses motifs et plus particulièrement le fondement juridique.

En effet, Me Larifou et le Ridja ont "saisi opportunément la présence sur le territoire national (La Réunion) de M. ABDALLAH Rafick, colonel de la gendarmerie nationale des Comores, pour demander à ce que des poursuites soient prises à son encontre pour violences et atteintes aux libertés de réunion et de circulation". Donc une plainte en bonne et due forme déposée près du Tribunal de Grande Instance de Saint-Denis de La Réunion pour des faits relatifs au meeting interdit du 19 mars 2014 à Moroni en tant que leader du parti Ridja.

Me Baco va plus loin encore. Il accuse le patron de la gendarmerie d'avoir "tenté, sans succès, de provoquer une guerre civile en s'en prenant aux chauffeurs des bus transportant les militants de Ridja". Et il assène: " L'action lamentable et inacceptable du commandant de la gendarmerie mérite d'être sanctionnée".

" Compétence universelle, l'atout du maitre"

Mais comme, " aucune réaction de la part des autorités militaires ou politiques pour dénoncer ou sanctionner ce comportement intolérable et inhumain n'a été enregistre...", la suite, c'est sur le blog Ridja que les explications sont fournies: " Said LARIFOU est de nationalité française. A ce titre, la juridiction française est compétente pour examiner des faits commis à l'étranger contre un ressortissant français." Et pour ce faire, l'expérimenté avocat dégaine son atout fatal: la compétence universelle.

"Le Parti d'en rire: Lucky Luke a l'oeuvre"

Il n'en fallait pas plus pour déclencher des réactions épidermiques sur le webosphere. D'aucuns ont pris le parti pris d'en rire et s'en délectent tellement l'affaire parait ubuesque. La rapidité avec laquelle le chef de ridja saisit la moindre opportunité pour porter plainte, lui vaut le surnom célèbre de Lucky Luke, l'homme qui tire plus vite que son ombre. Beaucoup ironisent sur les multiples procédures engagées aux résultats connus d'avance: sans suite. Et même Ridja est catalogue parti du prétoire à défaut d'auditoire. Puisqu'il considère la justice comme faisant parti du plan com du parti.

 La facilite "mutagène" de Said le probable candidat de 2016 a Me Larifou le français de Saint-Pierre étonne plus d'un et fait l'objet de railleries.

" La verite si je ..."

 Sans aller jusqu'à reprendre "Maitre Larifou pris en flagrant délit de mensonges" lu sur les réseaux sociaux, la plainte ainsi déposée mérite qu'on s'y attarde un peu. Qu'on se le dise, le citoyen français Larifou est fondé de défendre ses intérêts de la manière qu'il estime nécessaire. C'est son droit le plus élémentaire.

Ce qui déroute, c'est de voir un candidat à la magistrature suprême des Comores recourir à une juridiction tierce, étrangère pour statuer sur une affaire de politique intérieure. Et la revendication de la double citoyenneté, une citoyenneté tournante pose un autre problème à ce niveau de responsabilité. Même si, il n'est pas le seul à être dans ce cas.

Ce qui inquiète, c'est de voir, ceux qui aspirent à des hautes responsabilités piétiner allégrement les lois qui régissent le pays. Oser porter plainte en France pour un meeting public interdit le 19 mars 2014 à Badjanani, sachant que depuis 2008, une loi a proscrit toute réunion politique publique en dehors des périodes électorales. Et de surcroit, pour cela invoquer la liberté de réunion.

Ce qui étonne, c'est la tournure que prend la pseudo-affaire. Comment d'un meeting politique, qui dit en passant, chaque parti politique en a tenu sans heurt, se transforme aujourd'hui en opération calomnie contre le patron de la gendarmerie ? Parler de " geste sublime exprimé par le ridja" parce que confronté à la loi Ridja a du se résoudre à se replier au foyer des femmes est un non sens.

Accuser le commandant de la gendarmerie de " provoquer une guerre civile", d'entrave à " la liberté de circulation", "une action lamentable et inacceptable", même remonter le temps jusqu'en 2003, s'arrêtant  sur les déboires de 2010, le tout mis sur le dos d'une personne pour légitimer "une forte pression que les forces de l'ordre, notamment celle de la gendarmerie" exerce contre Ridja ne trompe personne. Surtout que le remake version politique sous les cocotiers de "la vérité si je mens"  ne fait pas illusion. Inutile de préciser que ni en 2003, pas plus qu'en 2010, ABDALLAH Rafick n'était concerné par les faits.

Faut-il vraiment rappeler à des avocats, à des responsables politiques que la mission première des forces de l'ordre est de faire respecter la loi et l'ordre ? Que des bus en surcharge et avec des banderoles constituent des délits ?  Enfin le summum de l'absurdité procédurière, la compétence universelle. Presque tous les juristes s'accordent à dire que cette notion ne s'applique qu'en cas spécifique de génocide et de crimes contre l'humanité. Or c'est l'option retenue par le plaignant. De la à croire que Ridja fait du buzz sur le dos du pays. Car à travers le colonel ABDALLAH Rafick, c'est l'Etat qui a été assigné dans un Tribunal en France pour expliquer aux français comment les Comores gèrent leurs affaires internes. 40 ans d'indépendance pour une reddition à Saint-Denis ?

BAKARI Idjabou.

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