AHAMADA HAMADI, LE VISAGE D’UN REGIME QUI A PERDU TOUTE L'HUMANITE

 

A L'état de santé de l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi inquiète de plus en plus. Au-delà des clivages politiques, nombreux sont ceux qui estiment qu'aucun être humain ne devrait être privé de soins ou de compassion, quelles que soient les accusations portées contre lui.

Dans ce contexte, l'intervention de l'ambassadeur Ahamada Hamadi sur TV5 a été plus qu’inquiétant. Alors que beaucoup prônent un message d'apaisement, il a surtout cherché à défendre la position du pouvoir tortionnaire. À aucun moment il n'a semblé reconnaître la gravité des inquiétudes exprimées autour de l'état de santé de l'ancien président, détenu depuis huit ans. Pendant tout l'entretien, Ahamada Hamadi s'est efforcé de minimiser les informations sur la santé de Sambi. Les alertes évoquant notamment des problèmes cardiaques ont été ramenées à de simples douleurs ou courbatures, avant que le journaliste ne le reprenne. Une honte à l’homme aigri. Une telle réaction laisse penser que le pouvoir préfère la mort de leur victime, Ahmed Abdallah Sambi à sa vie qui menace son équilibre politique. Pourtant, lorsque plusieurs médecins tirent la sonnette d'alarme, leurs avis méritent d'être entendus. Il faut l’évacuation sanitaire du président Sambi.

« Ahamada Hamadi l’homme armée de mépris et d’arrogance »

Le moment le plus frappant reste cette question : « Quel musulman accepterait qu'un homme soit en train de mourir en prison ? » Cette phrase aurait pu ouvrir la voie à un discours plus humain. Il n'en a rien été. L'ambassadeur a rapidement repris la défense du gouvernement, expliquant que la condamnation de Sambi suffisait à répondre aux critiques sur ses conditions de détention et sur la nécessité d'une éventuelle évacuation sanitaire. Ce contraste entre les mots et l'attitude a marqué de nombreux observateurs. En seulement cinq minutes, Ahamada Hamadi a cité quatorze fois le nom de Sambi. Ce détail n'est pas anodin. Huit ans après son arrestation, l'ancien président continue d'occuper une place centrale dans le discours du pouvoir. Cette insistance donne le sentiment que la confrontation politique l'emporte encore sur les considérations humanitaires.

« La mauvaise fin d’un régime laisse dessiner »

Cette interview dépasse d'ailleurs le cas d'Ahamada Hamadi. Elle renvoie à une façon de gouverner où la défense du régime semble passer avant toute autre considération. Le pouvoir répond aux inquiétudes sur la santé d'un ancien chef de l'État par des arguments politiques avec arrogance plutôt que par des gestes d'humanité. Les régimes passent. Les fonctions aussi. Mais les décisions et les paroles publiques restent. L'histoire ne retient pas seulement les victoires ou les défaites politiques ; elle se souvient aussi de la manière dont les dirigeants ont traité leurs adversaires lorsqu'ils étaient en position de faiblesse.

« L’homme aigri aux lèvres sèches de haine »

Si l'état de santé d'Ahmed Abdallah Sambi venait à se dégrader faute d'une prise en charge adaptée, les justifications avancées aujourd'hui ne suffiraient pas à faire oublier la culpabilité du régime en place aux Comores et ses composants. Au-delà de la politique, il existe un principe qui devrait rassembler tout le monde : aucune autorité ne sort grandie lorsqu'elle semble perdre de vue la valeur de la vie humaine. Quand Ahamada Hamadi, âgé de 75 ans, se moque de la fatigue de leur victime, Ahmed Abdallah Sambi, 68 ans, c'est la condition humaine elle-même qu'il semble nier, tout autant que la volonté divine.

Said Yassine Said Ahmed

COMORESplus

 

 

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