La responsabilité française.
02 juil. 2009Le crash de l'Airbus A310 de YEMENIA AIRWAYS conduit à tout un chacun de réfléchir sur les conditions du transport aérien aux Comores et les limites des dessous de table qui entrainent le pays à la dérive. Depuis cet accident, nombreux sont les Comoriens qui ont exprimé leur douleur, leur colère. Mais une question essentielle est occultée.
Quel est le rôle de l'ASECNA? Cette agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et Madagascar dont la France est membre. Depuis le début des années 90, les Comores ont adhéré à cette organisation internationale, pour bénéficier d'une expertise qui lui manque en matière de contrôle technique et de gestion de la navigation aérienne. Courant 2007, cette agence a ouvert un bureau permanent à Moroni et a recruté pas mal de techniciens de hauts niveaux. Une partie de son personnel est étranger. En ma connaissance, sauf si je me trompe, il revient à l'ASECNA de contrôler les avions qui survolent notre territoire comme ceux qui desserrent notre pays. C'est à eux de donner leur aval technique avant que la direction de l'aviation civile comorienne donne l'autorisation de survol et de desserte.
Que s'est-il passé avec les avions de "YEMENIA"? A quoi sert, pour les Comores, notre adhésion à une agence devenue inutile au vu des résultats? Quelle est sa vraie responsabilité dans ce crash? La France étant membre à part entière, comment se fait-il qu'elle n'a pas signalé aux autorités compétentes de l'organisation ASECNA, les défaillances constatées sur les appareils dont elle savait sciemment, qu'ils desservaient, au moins deux pays membres dont Djibouti et les Comores? Quel rôle peut-on lui attribuer dans cette agence si son objectif n'est pas de mettre son expertise en commun pour le bien et la sécurité aéroportuaire des pays membres? Ne faut-il pas tirer une leçon pour lui exclure ou l'obliger à agir correctement?
Mohamed Chanfiou Mohamed