Ca y est ! Les dés sont jetés. C’est finalement le site de l’ancien aérodrome de Moroni-Ikoni, qui est choisi pour accueillir les nouveaux moteurs en provenance de Mayotte. Une bonne nouvelle pour solutionner le problème énergétique qui frappe les Comores depuis des années. A l’approche du mois de ramandant, la population, jusqu’à là, pessimiste des promesses de la Ma-Mwe, attend avec impatience la lumière dans leurs foyers. Le travail du nouveau patron de la société Ma-Mwe et son engagement, face à la sortie de crise, font preuve d’un homme de parole. Sans trop s’enflammer, les comoriens ont l’œil attentif. 

Désemparé par le manque permanent d’électricité, l’Etat a pris une décision discutable et lourde de conséquence sur le choix du site. Comme nous l’avons souligné sur un dernier article « Nouvelle centrale électrique : pas besoin d’une pollution supplémentaire dans la capitale Moroni », il serait judicieux de prendre en compte l’impact environnementale. Hélas, une voix qui est loin d’être entendue. On se demande le vrai rôle du département pour l’environnement de l’Union des Comores. L’implantation d’une centrale éclectique en milieu urbain, doit faire l’objet d’une étude d’impact très poussée afin d’éviter toute exposition coûteuse à la population. Une chose est sûre, aucune étude sérieuse ne donnerait satisfaction à cette nouvelle installation. Les raisons de s’inquiéter sont multiples. Les risques d’une pollution de l’air et des risques géotechniques, peuvent conduire à une situation catastrophique dans la capitale. L’air déjà saturé par la pollution, air des échappements des véhicules et les poussières de particules présents de la localité n’ont pas besoin d’une pollution supplémentaire. La centrale plantée à proximité de cette zone d’activité (lycée SMC, bureau, stade, aviation civile, universités, ambassade de France, Onocor…habitation) pose un sérieux problème car il y a des risques sanitaires et environnementaux en vue. 

Derrière ces questions des pollutions atmosphériques, de nuisance...et des risques sanitaires, il existe un risque géotechnique qui doit être étudié avec rigueur. A quelques mètres de l’unique site de stockage d’hydrocarbure de l’île, les vibrations permanentes de cette nouvelle centrale peuvent générer des microfissures dans les structures des cuves des hydrocarbures. Techniquement, les plateformes des citernes de pétrole, sont surdimensionnées de sorte à faire face à tous aléas climatiques. Une telle charge dynamique supplémentaire est-elle justifiée ? Si ce n’est pas le cas il faut que les techniciens du site de Comores Hydrocarbures donnent un agrément sur l’implantation de ces machines à proximité. Un site à haut risque comme celui des Comores Hydrocarbures ne doit pas être exposé à un tel risque. Enfin, il faudrait des pages et des pages pour faire l’inventaire des risques potentiels sur cette nouvelle centrale électrique dans la capitale Moroni. 


L’Etat a tranché sans une étude d’impact, pourtant indispensable. Il est donc nécessaire d’avoir un œil très vigilent sur l’évolution de la qualité de l’air à proximité du site. Le lycée Saïd Mohamed Cheikh, le stade Baumer… et des bureaux à proximité de site doivent être placés sous haute surveillance particulière… 

Abdou Radjabou

 

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