La flambée et le manque du pétrole: Un coup dur pour la forêt comorienne.
20 août 2009
A l’approche du mois de ramadan, avec la flambée du pétrole et surtout avec la rareté d’énergie pour le ménage, certains prennent le chemin de la forêt pour faire le stock en bois. Ce bois qu’on le trouve sur les étalages de nos marchés sous différentes formes (fagot, charbon,…) constitue la principale source d’énergie domestique du pays, derrière le pétrole, le gaz...et autres. Une source domestique qui n’est pas sans conséquence pour l’environnement. Ce recours massif aux bois comme source d’énergie, sans une gestion concrète de la forêt, est une cause majeure de la déforestation. Les forêts comoriennes souffrent depuis belle lurette, d’une exploitation anarchique conduisant lentement son environnement dans le chaos.
Certes, la situation d’énergie actuelle ne favorise guère qu’un arbre se tienne debout, mais derrière cette réalité, se cache une véritable catastrophe environnementale, qui ne dit pas son nom. Laisser une telle situation stagner sur nos îles, notre pays risque gros. Il est temps que les communes fraichement mises en place, jouent leur rôle en matière d’environnement. D’être enfin les garants et les polices de notre forêt. Couper l’arbre pour la construction, se chauffer ou pour l’usage domestique ne constitue pas une menace pour la forêt. Ce le fait de ne pas replanter et renouveler la végétation qui constitue un risque écologique majeur.
A noter que la végétation joue un rôle important pour l’absorption des précipitations au sol. Cette dernière réduit alors le ruissellement en interceptant une partie de l’eau de pluie, ce qui garantie la fertilité des sols. L’action incontrôlée d’un comorien lambda sur la forêt est un vecteur de dégradation de l’environnement. L’érosion, la sécheresse, l’appauvrissement du sol….l’assèchement des rivières, pour ne citer que ceux la, caractérisent les conséquences inévitables de ces coups de machettes. Le rythme soutenu de la déforestation aux Comores, suscite tant d’interrogations. Comment peut-on convaincre la population à réfléchir sur son propre avenir ? Car il s’agit d’un problème de tous qui n’est pas forcement politique. Que chaque citoyen prenne conscience de l’enjeu de notre propre environnement.
La déforestation se multiplie toujours
Malgré les efforts déployés par le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), qui luttent pour la protection de la forêt comorienne, la déforestation semble connaître une recrudescence, et plus particulièrement à « Mbadjini ». Les mouvements incessants des camionnettes chargées de bois, en provenance de cette région, montrent à quel point la population de la grande île, met de l’huile sur le feu. Pourtant, du 26 au 28 janvier 2009, un atelier de formation en technique d’aménagements forestiers et protection de l’environnement a eu lieu dans la région précitée. Cet atelier entre dans le programme OCB financée par le PNUD et qui permet de sensibiliser et de donner les moyens techniques aux villageois, pour qu’ils assurent eux même, la gestion de la forêt.
Il est temps que tout le monde se réveille et que la population fasse preuve de responsabilité car c’est notre propre environnement qui est en danger. Les Comores veulent se projeter dans un processus de l’écotourisme selon les rapports du colloque sur le karthala. Sans une vraie gestion de la forêt, un tel projet est-il viable ? Sans protection, face à l’action de l’eau et du vent, la déforestation met les sols à nu. La replantation des arbres est l’unique solution pour sauver nos îles à un drame environnemental.
Abdou Radjabou