L’archipel des Comores, avec la beauté et la diversité de son paysage a une vocation touristique incontournable. Avec une écologie encore intacte et la qualité d’accueil unique au monde, les îles Comores ont les potentiels de devenir un eldorado à court terme. Des entrepreneurs convaincus de l’essor touristique annoncé, commencent à investir en masse dans le secteur. Les Comores, comme la plupart des îles du monde, sont attirants des visiteurs par la beauté de ses plages et de ses eaux turquoises, qui rivalisent avec un ciel bleuâtre et un air pur bon à respirer. Aux Comores, le récent colloque sur le Kartala a permis de mettre en lumière le potentiel touristique du pays. Les forêts et les montagnes de nos îles, riches en biodiversité, caractérisent un paradis aux amateurs des randonnés et de l’écotourisme.


Derrière cette beauté naturelle, son charme est lié également à la richesse de son patrimoine culturel et historique. Les remparts, les palais des sultans, les boutres, et l’architecture séculaire de nos médinas sont aujourd’hui la signature d’un pays de culture et d’histoire. Donc par constat, un tourisme de découverte, n’est pas dubitable. La muraille de Chine, les pyramides d’Egypte…sont les preuves qu’une grande partie des touristes partent pour la découverte d’un peuple et de son histoire. Les Comores avec ses citadelles, ses palais royaux, ses plages, ses montagnes...en somme sa beauté, peuvent accueillir toute sorte de tourisme.


Nullement considéré comme un facteur possible de développement, le patrimoine culturel relève pourtant d’un enjeu économique considérable. Les médinas joyaux historiques, subissent une transformation incontrôlée, ce qui présente une menace sur les richesses culturelles et historiques de nos îles. Aujourd’hui, l’architecture ancienne de certaines médinas est mise à mal par un aménagement et des extensions hasardeuses. Sans une restauration réglementée et contrôlée par l’Etat, nos villes et villages anciennes risquent de perdre ses charmes tant recherchés. Un autre facteur très alarmant de dégradation, repose sur la négligence. Des sites historiques sont laissés à la merci de la nature et le climat parfois hostile de la région fait le reste. L’écroulement du palais des sultans à Mutsamudu, l’annihilation de la tombe de Ntibet Mlanao à Ikoni, juste à l’extrémité du palais royale de Kapviri-djewe, le délaissement du palais royal de Ntsudjini : Dahwantsungu, la disparition progressive des boutres de « kalaweni » et les danses traditionnelles mises en placard comme le Mdiridji d’Unkazi, le shigoma shalaaswiri d’Ikoni, et d’autres exemples encore visibles sont les preuves d’une culture sans aucune garantie de survivre. La destruction volontaire des certains ouvrages d’art pour soi-disant construire des nouveaux, est l’exemple d’acte avilissant de notre patrimoine. Une situation pareille ne doit plus durer, sinon un génocide culturel serait inévitable.


L’Etat comorien, en l’occurrence le Ministère de la culture, doit faire des efforts pour la préservation des sites. Restaurer ces patrimoines doit s’inscrire dans le temps. Vu l’état de l’économie du pays, ce ne sera pas pour aujourd’hui. Recenser les ouvrages d’art, accompagner les habitants pour mieux restaurer leurs biens (maisons anciennes dans les médinas) et imposer des règles strictes de préservation de certains types d’ouvrages seraient néanmoins une bonne chose pour le pays. Un plan de sauvegarde et de mise en valeur des médinas serait nécessaire et important pour que les habitants prennent conscience de l’enjeu. L’idéal, est de préserver la culture en améliorant également les conditions de vie des citoyens.


Ca tombe bien ! Les communes fraichement constituées, auront leurs mots à dire. La préservation du patrimoine culturel doit s’inscrire sur le plan d’action des collectivités car une telle opération ne peut en effet nourrir le développent touristique et culturel que si elle sert d’avantage les intérêts de la population locale.


En attendant qu’un jour nos sites historiques soient classés « aux patrimoines mondiales de l’UNESCO » oui ce n’est pas un rêve !!! Les autorités comoriennes et la population doivent protéger et valoriser leurs sites. Pour garantir une meilleure préservation, ce patrimoine doit être intégré dans la vie d’aujourd’hui et de demain.


La situation actuelle est alarmante mais pas dramatique. Il convient donc à tous de prendre conscience des richesses culturelles et historiques du pays. Certains ouvrages sont encore débout, toutes n’ont pas encore disparu… Mais pour combien de temps ce sommeil…


Radjab Abdou (Nantes)

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