Selon le commandant Ali Djambaé deux hommes et le directeur du protocole du président de Ngazidja, se trouvent aux mains de la gendarmerie. Ils auraient été pris en flagrant délit de conduite d’une opération visant à incendier les demeures ikoniennes du ministre des Finances de l’Union, Mohamed Ali Soilihi et d’un autre habitant d’Ikoni et ancien ministre sous Djohar, Mohamed Adamo.

Deux hommes, dont leurs identités n’ont pas révélées, ainsi que le directeur du protocole du président de l’île de Ngazidja, se trouvent depuis mardi soir aux mains de la gendarmerie nationale. Une quantité d’essence, des sacs à riz et un drap ont été de même saisis aux mains du groupe pris “en flagrant délit”, sur le point d’aller incendier la demeure de Mohamed Ali Soilihi, le ministre des Finances de l’Union, à Ikoni. D’après le commandant Ali Djambaé, de qui nous tenons ces informations, en plus de la maison du ministre, celle d’un autre habitant d’Ikoni, Mohamed Adamo, était elle aussi visée.

S’étant livré aux aveux, le chef du protocole de Mohamed Abdoulwahab a expliqué que c’était pour “venger Mzé Daphiné”. Le secrétaire général du gouvernement de Ngazidja, partisan du boycott du référendum constitutionnel, qui a été agressé par des jeunes lors d’un meeting du “Oui”, la semaine dernière à Mitsudje. Le groupe, d’après l’autorité de la gendarmerie, attend d’être traduit en justice.

La gendarmerie a, selon le récit de son patron, été alertée mardi après-midi, qu’un acte crapuleux se préparait et qu’il allait être perpétré le soir. Le lieu où a été planifié l’opération, le ministère de la production de l’île, selon la même source, ainsi que l’heure exacte où elle devait être commise (23 heures) lui ont été, aux détails près, communiqués par un des hommes de mains spécialement recrutés pour la besogne par l’autorité de l’île citée ci-haut. En effet, d’après le commandant Djambaé, celui-ci aurait préféré jouer le transfuge et ainsi dénoncer le complot. Le soir, à l’heure indiquée, les trois hommes (y compris le délateur qui devait jouer le faux jeu jusqu’au bout) se sont fait cerner par la maréchaussée. L’un d’entre eux avait réussi à prendre la fuite, mais sa cavale n’aura duré que quelques heures.
 
L’on assiste en effet, depuis la convocation par le président Sambi des électeurs comoriens pour le référendum du 17 mai prochain, à un regain d’actes de violence sans précédent. Tout au long du mois d’avril, de multiples actes de vandalisme ont été commis dans la capitale, et à ce jour, la plupart des auteurs et des commanditaires ne sont pas appréhendés. Le patron de la gendarmerie affirme cependant que “l’enquête avance”.
 
Par ailleurs, interrogé sur l’avancée de l’autre enquête qui concerne, cette fois, les agresseurs du secrétaire général du gouvernement de Ngazidja, laquelle agression justifierait aujourd’hui cette “vengeance”, Ali Djambaé explique qu’”aucun suspect n’a encore été arrêté”, car “il était difficile pour les forces de l’ordre de reconnaître les auteurs de l’agression dans la foule”.

Sardou Moussa

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