Agriculture : La FAO veut favoriser la production des légumes aux Comores.
06 août 2009
Un don d’outils agricoles, de semences, d’engrais… a été fait, Jeudi 30 juillet 2009, par l’organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) aux agriculteurs de l’île de Djoumbé Fatima. Ce don consiste à ramener la production des légumes à un niveau raisonnable. La FAO qui lutte acharnement contre la famine dans le monde, incite également à la nourriture variée et équilibrée.
La banane, le manioc, la pate douce…et le riz caractérisent les produits alimentaires de base des îles Comores. Des aliments riches en apport énergétique mais incomplets pour le besoin nutritif de l’organisme. Accompagnés ces féculents avec des fruits et légumes est la meilleure solution pour équilibrer l’alimentation de la population. A noter que manger varié et équilibré est unanimement jugé vital pour la santé en générale. Le problème est qu’aux Comores, manger de légume est un luxe car il s’agit de produit rare est cher. Pour permettre à la population d’en manger, il est de nature à augmenter la production. Une stratégie qui consiste à la fois de baisser les prix mais également de le rendre accessible à la population. L’idée est globalement salutaire. Néanmoins, elle mérite un accompagnement à long terme, pour atteindre les objectifs.
Aux Comores, les conditions pour l’expansion de la production des légumes sont favorables. Le climat et les parcelles, qui sont restées jusqu’à présent écologiquement acceptable, caractérisent les vecteurs d’un tel projet. Seulement, sans une gestion concrète et durable de l’agriculture comorienne globale, les produits locaux auront du mal à subvenir à la demande. Il faut bien comprendre qu’augmenter la production des légumes doit se faire sans compromettre celles des produits alimentaires de base, car les légumes seuls, ne constituent guère un aliment complet.
Trois facteurs importants doivent être mis sur la table : l’organisation de production, l’impacte de l’environnement et la stratégie commerciale des produits locaux.
Cette stratégie de production, consiste à identifier les régions favorables pour une production donnée et accompagner les agriculteurs, à produire raisonnablement. C’est en responsabilisant les agriculteurs d’une région donnée, que leur pratique peut un jour, devenir profession. Le découpage en zones de production spécifique, conduira à contrôler l’agriculture des îles. Sans contrôle, des produits alimentaires disparaîtront sur les étalages, entrainant une pénurie. Prenons l’exemple de la patate douce : au mois de mars 2009, celle-ci devenait rare à Anjouan pourtant premier producteur du pays. Les raisons plausibles, se focalisent sur son remplacement par la culture des pommes de terre. Par conséquent, cette pénurie du « Mbatse » a entrainé une flambée de ce produit dans l’île. Une meilleure gestion de production dans l’ensemble aurait stoppé une telle organisation.
Il se pose la question cruciale, celle liée à l’environnement. Nous savons très bien que les producteurs des légumes des îles, utilisent régulièrement des produits chimiques. Cette pratique anarchique, non contrôlée par un organisme spécialisé, est une menace sérieuse pour l’environnement. Les insecticides, pesticides… et les engrais chimiques utilisés, sont des sources de pollution du sol et de l’eau. Derrières ces pioches… et ces râteaux, il est aussi nécessaire d’accompagner écologiquement nos agriculteurs.
En effet, le travail de nos agriculteurs doit être valorisé et rendu accessible. Une stratégie commerciale serait un plus. Si on encourage la production, la commercialisation, doit faire l’objet d’une attention particulière. Afin d’assurer que les produits arrivent frais sur les étalages de nos marchés, un transport sur et fluide, reste le point focale. Or, sur les routes comme à la mer, le système de transport de notre cher pays … seul le bon Dieu nous viendra en aide…
Abdou Radjabou